Simon Bergeron est devenu policier dans le Nord-du-Québec.
Simon Bergeron est devenu policier dans le Nord-du-Québec.

Simon Bergeron: «Le hockey a été bon pour moi»

Michel Tassé
Michel Tassé
La Voix de l'Est
Lorsqu’on rappelle le nom de Simon Bergeron aux partisans des Inouk, la première chose qui leur vient en tête, c’est la conquête de la coupe Napa au printemps de 2014.

Bergeron était devant le filet des Inouk, ce samedi soir de la fin avril, lorsque les Granbyens ont remporté le précieux trophée à la suite d’une victoire de 6-0 face aux Cougars du collège Champlain de Sherbrooke. Plus de 2600 spectateurs avaient assisté au septième et ultime match de la série finale de la Ligue de hockey junior AAA du Québec à l’intérieur d’un Centre sportif Léonard-Grondin devenu trop petit pour l’occasion.

« Quel souvenir extraordinaire !, lance Bergeron. Bien sûr, c’est aussi à la première chose qui me vient en tête quand je repense à mes deux saisons à Granby. Je n’oublierai jamais, c’est clair. »

Bergeron ne joue plus au hockey. En fait, il n’a plus vraiment joué après avoir quitté les Inouk au terme de la saison 2014-2015. Il est aujourd’hui policier au village inuit de Puvirnituq, dans le Nuvavik.

« Je suis installé dans la région du Nord-du-Québec depuis décembre 2018, reprend-il. J’ai fait ma technique policière au cégep d’Alma et j’ai ensuite suivi ma formation à l’École nationale de police du Québec, à Nicolet. Je suis heureux dans mon travail. »

Lorsqu’il a mis fin à son association avec les Inouk, Bergeron rêvait d’un poste au sein de la Gendarmerie royale du Canada.

« Ça n’a pas fonctionné comme je le voulais, mais ce n’est peut-être que partie remise, on verra. Pour l’heure, je suis bien là où je suis. »

Il avouera qu’il n’a pas le temps de s’ennuyer dans le Nuvavik.

« On va se le dire, ça brasse là où je pratique mon métier. Le village de Puvirnituq compte 1600 habitants et il y a environ 2000 arrestations par année. Il y a beaucoup de problèmes sociaux ici, principalement reliés à la consommation d’alcool et de drogue. Ça brasse, mais pour un jeune policier comme moi, c’est aussi très formateur. »

Simon Bergeron au premier rang (à gauche) à la suite de la conquête de la coupe Napa par les Inouk au printemps de 2014.

Du bon temps

Simon Bergeron a disputé deux saisons avec les Inouk. Pour lui, Granby est synonyme d’une belle période de sa vie.

« J’ai eu du bon temps chez vous, mentionne l’athlète de Chibougamau. Je me souviens que j’étais content lorsque je me suis retrouvé avec les Inouk en provenance de Valleyfield, parce que j’arrivais dans une bonne ville de hockey et dans une bonne organisation. »

Il a bien sûr connu ses meilleurs moments en 2013-2014 alors que l’équipe ne perdait vraiment pas souvent et qu’elle a finalement tout gagné.

« On avait tout un club, un club très, très uni. On avait du talent, c’est clair, mais on était aussi un groupe à l’intérieur duquel les gars se supportaient énormément entre eux. Ça faisait une grosse différence. »

Après avoir disputé 30 matchs en saison régulière cette saison-là, Bergeron a laissé au vétéran de 20 ans Charles-Étienne Martin, acquis pendant la période des Fêtes, le plus gros du travail en séries. Mais alors que les Inouk tiraient de l’arrière 3-1 en finale, Bergeron a pris place devant le filet et il n’a plus jamais cédé sa place par la suite.

Bergeron et Martin, qui lui habite aujourd’hui Trois-Rivières, sont demeurés de grands amis. Martin est allé voir Bergeron dans le Nuvavik cet été et Bergeron s’est rendu à Trois-Rivières.

« Avec Jonathan Delorme, c’est à peu près le seul joueur des Inouk avec qui j’ai réellement gardé contact, précise celui qui est maintenant âgé de 25 ans. Par contre, je continue à parler régulièrement à Madame Cabana et aux gens de sa famille, chez qui j’ai vécu en pension. »

Mais Bergeron a demandé des nouvelles de David Lapierre à l’auteur de ces lignes. De Lapierre et de quelques anciens coéquipiers.

« On me demande souvent si j’ai des regrets par rapport à ma carrière au hockey. À chaque fois, je réponds non. J’ai eu du plaisir, j’ai joué à un bon niveau, mais je n’avais pas le physique pour me rendre jusqu’aux rangs professionnels. Et aujourd’hui, je fais un travail que j’aime. Le hockey a été bon pour moi, il m’a aidé à devenir ce que je suis devenu. C’est le plus important. »