Sébastien Lalumière alors qu’il s’imposait comme un des meilleurs boxeurs amateurs au Canada.
Sébastien Lalumière alors qu’il s’imposait comme un des meilleurs boxeurs amateurs au Canada.

Sébastien Lalumière: «J’apprécie ma vie dans l’ombre»

Sébastien Lalumière affirme ne conserver que de bons souvenirs de sa carrière en boxe amateur, qui lui a apporté «de grands moments de valorisation», pour reprendre ses propres mots. Aujourd’hui, 11 ans après avoir accroché ses gants, l’homme est tout autant valorisé par son travail de menuisier-charpentier.

« Contribuer à bâtir une maison, ça me rend fier, explique celui dont les exploits ont fait les gros titres le temps d’une décennie. Parfois, quand les enfants ont envie de sortir, je les amène en voiture dans le coin de Lac-Brome et de Magog, où j’ai participé à la construction de développements résidentiels. Je suis toujours heureux de leur montrer ce que j’ai fait. »

Lalumière, aujourd’hui âgé de 34 ans, est père de trois jeunes enfants, deux filles et un garçon. Et il semble filer le parfait bonheur avec sa conjointe Allison, qui partage son quotidien depuis plusieurs années.

« Je suis heureux, reprend le Granbyen. La boxe m’a fait vivre de grands moments sous les projecteurs et aujourd’hui, j’apprécie tout autant ma vie dans l’ombre. »

Mais Lalumière, qui a disputé quelque 85 combats chez les amateurs, est du genre nostalgique. Et il aime se rappeler ses meilleurs moments dans le ring. Et avec la conquête de trois championnats canadiens, de six médailles d’or lors des Gants dorés, une participation aux Jeux panaméricains et à un championnat mondial, cet ancien membre de l’équipe olympique canadienne a des choses à raconter!

Sébastien Lalumière aujourd’hui, en compagnie de sa conjointe Allison et de leurs trois enfants.

Trouver son sport

Sébastien Lalumière a découvert la boxe à l’âge de 13 ans. Il avait joué un peu au hockey et au baseball auparavant, mais il a tôt fait de se rendre compte qu’il était fait pour les sports individuels.

« J’aimais beaucoup les films de boxe et je tripais sur Mike Tyson, raconte celui qui a passé sa carrière chez les poids lourds. Puis, à un moment donné, mes parents m’ont amené au Club de boxe des Loisirs de Granby. J’ai rencontré l’entraîneur Joël Turgeon, ça a cliqué et je suis tombé en amour avec la boxe. »

Turgeon et lui ont formé une excellente équipe. L’athlète était proche de l’entraîneur.

« Je lui disais tout. C’était mon coach, mon ami et mon confident. Et il m’a amené très loin. On se voit encore souvent, trois ou quatre fois par année. Joël a fait beaucoup pour la boxe à Granby et je pense qu’il s’ennuie d’être impliqué activement dans son sport. »

Même s’il n’est pas revenu de Rio de Janeiro et de Chicago avec une médaille, Lalumière a goûté ses participations aux Jeux panaméricains et au championnat mondial junior. Mais son plus beau souvenir demeure toutefois sa victoire en finale des championnats canadiens juniors, en 2004.

« À l’entraînement, j’avais été blessé à un œil par Didier Bence, un gars de la Rive-Nord de Montréal, et j’avais été sur le carreau pendant un moment. Puis, j’ai retrouvé Bence en finale des championnats canadiens à Shawinigan et j’étais grandement négligé en raison de ce qui s’était passé. Mais je lui ai donné une véritable leçon de boxe et je l’ai finalement emporté. J’ai encore des frissons quand j’y repense! »

Lalumière remet encore les gants de temps en temps, pour le plaisir. Récemment, il s’est entraîné avec Adam Dyczka au Speedy Gym. Et ça lui arrive de rêver à un retour.

« Mais ça ne dure jamais trop longtemps. J’ai un bon emploi, j’ai une famille et mes priorités sont là. Mais quand je replonge dans mes souvenirs comme ça, ça me travaille, je l’avoue. »

Il n’a toutefois jamais rêvé à une carrière chez les pros.

« Boxeur, c’est un métier dangereux et j’ai toujours craint les séquelles. Chez les amateurs, tu te bats avec un casque, tu es mieux protégé. Je me suis toujours senti à ma place chez les amateurs. »

Et il a su y faire sa place.