À Granby, on va surveiller très attentivement comment les choses vont se dérouler à Saint-Jérôme. Les prochains mois promettent de répondre à une grande question : la LHJAAAQ et la LNAH peuvent-elles cohabiter dans la même ville ?

Saint-Jérôme à l’oeil

CHRONIQUE / C’est enfin confirmé : Saint-Jérôme vient de faire son entrée dans la Ligue nord-américaine de hockey à la suite du transfert des BlackJacks de Berlin, cette concession qui s’est avérée un flop gênant et monumental.

Avec leurs assistances ridicules et leur aréna sans sièges (!), les BlackJacks ont fait rire d’eux et leurs misères ont entaché l’image de la LNAH… qui n’en avait pas besoin. À vouloir absolument une sixième équipe, la direction du circuit a fait les choses rapidement et s’est retrouvée avec un peu n’importe quoi.

La LNAH a du mal à assumer le caractère « nord-américain » de son nom. Après l’échec de Cornwall, en Ontario, voilà que Berlin, au New Hampshire, n’a fait que passer.

Mais en relocalisant les BlackJacks à Saint-Jérôme, le commissaire Jean-François Laplante a réussi à la fois un bon coup, et surtout, un tour de force. Ça fait très longtemps que le circuit rêve à Saint-Jérôme, un marché fort attrayant, plus longtemps encore qu’elle ne rêve au retour de Granby.

Le tour de force, c’est d’avoir réussi à entrer dans le même édifice que les Panthères, de la Ligue junior AAA, les principaux locataires de l’aréna régional de la Rivière-du-Nord. Je ne sais pas si les Panthères avaient le même genre de contrat d’exclusivité que les Inouk à Granby, mais je sais qu’ils ont résisté plus d’une fois à la venue d’une équipe de la LNAH dans le même building qu’eux.

Selon l’hebdomadaire Le Nord, il y aura collaboration au niveau marketing entre les Panthères et l’équipe de la LNAH, qui évoluera sous le nom de Pétroliers du Nord. Du côté de l’équipe junior AAA, on dit toutefois que des promesses n’ont déjà pas été tenues par la nouvelle formation. Ça part mal.

Cohabitation

Une chose est claire : à Granby, on va surveiller très attentivement comment les choses vont se dérouler à Saint-Jérôme. Les prochains mois promettent de répondre à une grande question : la LHJAAAQ et la LNAH peuvent-elles cohabiter dans la même ville ?

Granby et Saint-Jérôme sont des marchés qui se ressemblent, tant au niveau de la population que de leur proximité avec Montréal. Saint-Jérôme est toutefois située pas trop loin de Laval, un ancien château fort de la LNAH, ce qui s’avérera un atout pour mettre du monde dans l’aréna.

À Granby, on le sait, il y a de l’intérêt pour la LNAH. Après que le circuit ait annoncé que c’en était fini pour les BlackJacks à Berlin, on m’a envoyé des messages, on m’a téléphoné et on m’a arrêté à l’aréna pour savoir s’il y avait des chances que l’équipe se retrouve chez nous.

Évidemment, entre avoir un intérêt et avoir 1000 à 1200 personnes (les chiffres magiques pour faire ses frais dans la LNAH) à chaque match, il y a une marge. Ça fait très, très longtemps qu’une équipe a attiré de telles foules à Granby.

Les autorités municipales de la Ville, on le sait, ont indiqué que les Inouk ne jouiront plus d’une entente d’exclusivité à compter de la saison prochaine. Ce qui, on le rappelle, ouvre la porte à la venue d’une équipe de la LNAH à Granby.

De la LNAH… ou d’ailleurs. À Waterloo, on chuchote que les Maroons veulent une entente à long terme avec la Ville et que les négociations sont difficiles.

Les Inouk seront-ils prêts, s’ils y sont forcés, à partager le centre sportif Léonard-Grondin ? Le printemps dernier, le président Marco Bernard avait affirmé « qu’aucune autre équipe de hockey majeur ne va s’installer au centre sportif Léonard-Grondin tant que nous y serons ». Mais ça, c’était avant que les autorités municipales n’expliquent que le prochain contrat unissant les deux parties sera différent.

Pour l'heure, les Inouk n’attirent pas les foules qu’ils devraient. Je le répète, cette superbe édition 2018-2019 mérite un bien meilleur appui.

Les amateurs de hockey de Granby attendent-ils autre chose ?