Charles Rondeau à son arrivée avec les Inouk, en des temps plus heureux.

Rondeau: «Plein de choses ne fonctionnaient pas»

Si Charles Rondeau a démissionné de son poste d’entraîneur-chef des Inouk, c’est parce « qu’il y a plein de choses qui ne fonctionnaient pas », pour reprendre ses propres mots.

Rondeau était devenu l’entraîneur des Inouk le 20 novembre dernier, au lendemain du congédiement de Patrick Bergeron. En un peu plus de deux mois à la barre de l’équipe, il a conservé une fiche de cinq victoires, huit défaites et une défaite en bris d’égalité.

En entrevue à La Voix de l’Est lundi midi, Rondeau a avoué qu’il ne voulait pas tout raconter. Mais il a néanmoins levé le voile sur une couple de trucs qui ne fonctionnaient pas à son goût.

« En partant, il y avait un clash au niveau des valeurs entre le groupe d’entraîneurs (ses adjoints Gabriel Doyon, Philippe Daudelin et David Cassabon ont aussi démissionné), la direction et les joueurs, a-t-il dit, sans entrer dans les détails. À un moment donné, ça prend une ligne directrice. Et ça avait de grosses répercussions sur absolument tout le reste. »

Rondeau s’est ensuite attardé à un point qui l’agaçait royalement : le manque d’engagement de ses joueurs.

« Les entraînements, c’est important. Tu joues comme tu pratiques, comme on dit. Et il manquait toujours du monde. Même si on avait coupé une pratique par semaine pour accommoder des joueurs, il manquait encore du monde. Quand ce n’était pas l’école, c’était le travail et quand ce n’était pas le travail, c’était… je ne sais pas quoi. On fait du hockey junior, pas du hockey senior. Et si tu embarques, tu embarques à 100 %. »

Rondeau a rappelé qu’à son premier séjour avec les Inouk, en 2011-2012 en tant qu’adjoint à Patrick Bergeron puis ensuite à Marco Bernard, il travaillait à temps plein et il étudiait à l’université en même temps qu’il coachait.

« Et je m’arrangeais, je ne manquais aucun entraînement. Il y a toujours moyen de s’organiser dans la vie. Mais l’affaire, c’est qu’il faut le vouloir… »

L’entraîneur démissionnaire l’a avoué : les Inouk ne progressaient pas. « Mais il y avait des raisons pourquoi nous ne progressions pas », a-t-il ajouté, en précisant qu’il est convaincu que l’équipe est supérieure à la fiche (15-19-3) qu’elle présente.

Sans vouloir encore entrer dans les détails, Rondeau a indiqué qu’il ne sentait pas toujours l’appui de la direction envers les entraîneurs et les joueurs.

Rondeau n’a par ailleurs pas voulu commenter les informations obtenues par La Voix de l’Est à l’effet que sa relation avec le directeur général François Graveline (qui a aussi démissionné) était loin d’être beau fixe.

Incompatibilité ?

Dans un communiqué émis dimanche, les Inouk ont parlé d’une incompatibilité entre les entraîneurs et les joueurs. Un bout de phrase qui a étonné Charles Rondeau.

« Y’a plus de la moitié des joueurs qui m’ont écrit à la suite de ma démission et qui m’ont dit qu’ils étaient très déçus a-t-il dit. Honnêtement, mes adjoints et moi, nous avions une très bonne relation avec la grande majorité des gars, même si nous ne voyons pas toujours les choses de la même façon. »

En entrevue avec le collègue Jonathan Gagnon dimanche après la défaite face aux Cobras de Terrebonne, le vétéran Jacob Graveline a indiqué « que les entraîneurs avaient aussi des problèmes avec certaines décisions de l’organisation ».

Rondeau a envoyé un message à ses anciens joueurs en fin de semaine. Pour l’essentiel, il leur a dit qu’il souhaitait qu’ils fassent un examen de conscience et qu’ils trouvent un entraîneur qui réussira à faire d’eux une véritable équipe. « Sincèrement, je souhaite juste du bien à ces jeunes-là. Et j’espère que l’équipe va se replacer. »

Mais la vie continue pour Charles Rondeau. Il n’est plus entraîneur des Inouk, mais il demeure à la tête du programme de hockey du Collège Saint-Hilaire et il est replongé tête première dans son travail de courtier hypothécaire, qu’il a évidemment négligé au cours des derniers mois.

« Je suis en paix avec ma décision. Ce qui se passait avec les Inouk commençait à affecter ma vie personnelle. J’ai fait de mon mieux, j’aurais aimé que ça fonctionne, mais je suis en paix. »