Deux éléments motivent la décision de Richard Bertrand: la perte de commanditaires ainsi que la chute de la classe pro-stock.

Richard Bertrand tourne le dos à 40 ans de sa vie

« Ça a été une décision très déchirante. C’est un gros pan de ma vie que je mets de côté... »

Richard Bertrand a décidé que c’en était assez. Après 40 ans à rouler sur les pistes de stock-car sur terre battue, « Ti-Rouge » a vendu son équipement et il ne sera pas de retour au volant de son pro-stock no 08 la saison prochaine. Du moins, pas à temps plein.

« C’est fini ! , lance-t-il. La passion des courses est toujours là, elle sera probablement toujours là, mais j’ai l’impression que mon temps est fait. Je sais que ça risque d’être très difficile quand va arriver le printemps, mais il sera trop tard pour revenir en arrière. »

Deux éléments motivent la décision du pilote d’Acton Vale : la perte de commanditaires ainsi que la chute de la classe pro-stock.

« Sans commanditaires, tu ne cours pas. Et cogner aux portes, je trouve ça de plus en plus difficile, je trouve ça très stressant. Le fait de voir les gars abandonner les uns après les autres notre classe m’arrache le cœur aussi. C’est triste parce que c’est l’fun, courir en pro-stock... »

La saison dernière, il y avait de la place en masse sur la piste de l’Autodrome Granby lorsque les pro-stock débarquaient. Jocelyn Roy a quitté, Normand Voghell aussi et paraît-il que François Adam va faire le saut en modifié. Et on ne parle ici que des gros noms.

« Il faut qu’il se passe quelque chose, sinon la classe va mourir. Ce serait tellement triste », plaide Bertrand.

De bons moments

Souvent, lorsque quelqu’un se retire, il est heureux à l’idée de passer à autre chose. Ça ne semble pas le cas de Richard Bertrand.

« J’ai eu tellement de bons moments en piste. Il y a eu mes championnats en classe semi-pro en 2004 et en 2006 à l’Autodrome Drummond, ma deuxième place à Granby en 2006 et ma saison en modifié en 1987. Mais il y a eu aussi cette fameuse course à Drummondville en 2014 alors que j’étais 12e avec six tours à faire et que j’ai devancé François Adam et Jocelyn Roy au dernier passage pour l’emporter. J‘en parle et j’en ai encore des frissons... »

« Ti-Rouge » pense aussi à son épouse Louise, qui l’a accompagné tout au long de son parcours sportif.

« Lorsque Jacques Robert (un monsieur de Thetford Mines) est parti avec mon équipement, Louise a pleuré. Elle disait qu’elle trouvait ça dur pour moi, mais je sais qu’elle trouve ça dur pour elle aussi. Aux courses, c’était vraiment ma coéquipière. »

Bertrand ne dirait toutefois pas non si on lui offrait un volant quelques fois par année. Il va aussi écouter les propositions de Dominic Lussier, promoteur et copropriétaire des pistes de Granby et de Saint-Marcel, qui veut le garder proche de l’action.

« J’ai 59 ans, je vieillis et, comme tout le monde, j’aimerais avoir une belle retraite. Les courses, ça coûte cher et je ne veux pas mettre toutes mes économies là-dedans. Mais ça reste que c’est très difficile de tourner le dos à ça... »

On n’a pas de misère à comprendre.