Danny Gélinas
La liste finale de la Centrale de soutien au recrutement de la LHJMQ a encore une fois suscité de nombreux commentaires.
La liste finale de la Centrale de soutien au recrutement de la LHJMQ a encore une fois suscité de nombreux commentaires.

Repêchage de la LHJMQ: la liste finale suscite des réactions partagées

CHRONIQUE / Depuis jeudi dernier, tant le téléphone de ma résidence que mon cellulaire ne dérougissent pas. Et encore là, je ne vous parle pas de ma boîte courriel, où je dois avoir bien reçu une bonne quarantaine de messages, tous à propos d’un seul et même sujet : la fameuse liste de la Centrale de soutien au recrutement (CSR) de la Ligue de hockey junior majeure du Québec, le classement final des meilleurs espoirs venant d’être dévoilé cette journée-là.

Qu’ils soient entraîneurs, joueurs, parents ou même grands-pères, tous m’adressaient sensiblement les mêmes questions et commentaires :

— « Pourquoi tel joueur est-il listé avant mon fils ? »

— « Pensez-vous que mon petit-fils a des chances d’être repêché ? »

— « Ce joueur-là est bien moins bon que moi, pourquoi est-il listé si haut, et moi si bas ? »

— « Pourquoi n’y a-t-il presque pas de joueurs de 16 ans (nés en 2003) qui se retrouvent au sein des trois premières rondes ? »

— « Est-il normal de retrouver dans le relevé autant de joueurs des provinces de l’Atlantique ? »

— Etc.

Toutefois, lorsque je fais la nomenclature de tous les messages, appels ou courriels reçus et que je lis tout ce qui s’est écrit depuis jeudi dernier concernant ledit classement, je ne peux évidemment pas passer à côté des commentaires de l’instructeur-chef des Estacades midget AAA de Trois-Rivières, Frédéric Lavoie, recueillis par mon bon ami Steve Turcotte, du quotidien Le Nouvelliste. 

« Il faut la prendre — la liste de la CSR — avec un grain de sel… À chaque année, c’est la même chose. Quand la liste sort, il y a des jeunes heureux qui deviennent tristes au repêchage.  L’inverse est aussi vrai. Les équipes ont leur propre liste. Je regarde le classement et je me dis que c’est impossible que certains joueurs glissent autant que leur position. Je me dis l’inverse pour d’autres joueurs qui sont bien trop haut dans mon esprit. Une telle liste fait jaser, mais elle n’a pas d’impact sur le choix des équipes. »

Ironiquement, Frédéric allait quitter son emploi avec les Estacades lundi dernier. Il a ensuite été nommé « responsable du programme sport études hockey – directeur structure intégré » chez Hockey Mauricie jeudi. 

L’ex-entraîneur des Estacades de Trois-Rivières Frédéric Lavoie y est allé d’une analyse assez juste en ce qui a trait à la liste de la Centrale de soutien au recrutement de la LHJMQ.

*****

En ce qui me concerne, je suis à même de constater que le groupe de recruteurs de la Centrale a fait de l’excellent travail cette saison. La très grande majorité des joueurs devant être sur la liste y sont, à quelques exceptions près. Chapeau messieurs !

Je dois néanmoins avouer que je suis tout de même assez d’accord avec l’ensemble des propos de Fred. 

Vrai que les équipes ont leur propre liste.

D’accord aussi sur le fait que suite à la publication de cette liste, il y a des jeunes heureux qui vont devenir tristes suite à la séance de sélection et que l’inverse sera tout aussi vrai. 

Bref, pour avoir évolué dans la LHJMQ en tant que dirigeant et/ou recruteur pendant plus d’une quinzaine d’années, j’ai toujours vu la Centrale comme n’étant rien de plus qu’un très bon guide pour les équipes et non comme étant la détentrice de la vérité absolue, du moins en ce qui concerne les sélections de chacune d’elles.  

Avant toute chose, mentionnons que le rôle premier de la CSR est de faire un suivi auprès des recruteurs-chefs des équipes de la LHJMQ, des ligues de niveau inférieur et des fournisseurs sur la cueillette d’informations.  

Le second mandat de l’organisme est — on me corrigera si je me trompe — de répertorier uniquement le talent disponible et comme bon nombre d’équipes ne possèdent guère les mêmes critères d’évaluation, cela veut donc dire qu’un même joueur peut se voir apparaître à des rangs différents dépendamment de la formation qui l’aura évalué.

Si les dirigeants des différentes organisations du circuit Courteau en connaissent tous les rouages, la situation est très différente pour bon nombre de familles, qui ne sont n’étant guère habituées de voir le nom de leur progéniture se retrouver sur une liste d’une telle importance pour elles.

Et elles furent en effet plusieurs à s’enflammer cet hiver dès certaines fuites liées à la première publication de la désormais célèbre liste de la Central », qui, disons-le, est une organisation financée à même le budget annuel de la ligue.   

Même si je compte plusieurs amis faisant partie de ses recruteurs — dont Bill Dandy, Ben Paiement et son recruteur-chef, mon vieux chum Patrick Desrosiers — et que ceux-ci font un excellent travail, le problème est que bien souvent, il arrive évidemment que l’on retrouve de très grands écarts entre la liste finale de la CSR et le verdict final de la séance de sélection.     

En voici un fait vécu. 

En 2003, j’en étais à ma cinquième saison en tant que bras droit de Serge Savard Jr., DG du Rocket de Montréal, qui allait déménager à Charlottetown au cours de l’été suivant ce repêchage. Nous avions le joueur Derick Brassard au 4e rang au total sur notre liste et il est finalement sorti au 18e rang, étant réclamé par les Voltigeurs de Drummondville. La Centrale l’avait listé, de mémoire, en 3e ronde (47e au total) en raison de son petit gabarit du temps.  

C’est donc vous dire l’écart qu’il peut y avoir entre la liste de la CSR et celles des 18 formations.    

Bref, des exemples comme ceux-là, je pourrais vous en donner des centaines…

Alors lorsque j’entendais des familles me dire que leur fils allait être repêché lors d’une telle ou telle ronde puisque la Centrale l’avait prédit, je ne pouvais m’empêcher, bien humblement, d’avoir un petit sourire en coin. 

Pour ma part, j’ai toujours cru que la publication de ces relevés devrait rester à l’interne, soit entre les autorités de la LHJMQ et ses équipes. 

Car il ne faut pas se le cacher, les listes de la Centrale, malgré la toute bonne volonté de l’organisme, vont plus souvent qu’autrement créer de fausses attentes chez un trop grand nombre de familles.