«On a tout ce qu’il faut pour que ça fonctionne. La Ville nous appuie, nous avons une bonne entente avec le Cégep, nous avons une couverture médiatique exceptionnelle, nous avons la chance d’avoir des installations dignes d’un niveau supérieur, il y a plein de choses qui militent en notre faveur. Pourquoi est-ce que ça ne fonctionnerait pas?», affirme Rémy Harrisson en parlant de la relance des Inouk.
«On a tout ce qu’il faut pour que ça fonctionne. La Ville nous appuie, nous avons une bonne entente avec le Cégep, nous avons une couverture médiatique exceptionnelle, nous avons la chance d’avoir des installations dignes d’un niveau supérieur, il y a plein de choses qui militent en notre faveur. Pourquoi est-ce que ça ne fonctionnerait pas?», affirme Rémy Harrisson en parlant de la relance des Inouk.

Rémy Harrisson: «On a ce qu’il faut pour que ça fonctionne»

Michel Tassé
Michel Tassé
La Voix de l'Est
C’est samedi matin, sur la patinoire Jean-Patenaude du Centre sportif Léonard-Grondin, que débute le camp d’entraînement des Inouk. Un camp qui n’aurait pu, ultimement, ne jamais avoir lieu. Entretien avec Rémy Harrisson, celui qui ne voulait pas assister à la fin du hockey junior AAA à Granby.

Rémy, es-tu soulagé de voir que le camp débute enfin après tous les hauts et les bas des derniers mois ?

Je suis soulagé, oui. Et c’est exactement ce que je disais à Ian Matthews, un de mes partenaires dans l’aventure. Mais enfin, il y a du positif autour des Inouk. L’annonce de l’arrivée d’Alex Bourret derrière le banc a créé un buzz cette semaine et ça faisait du bien de voir ça. J’ai l’impression qu’on prend finalement notre erre d’aller. C’est l’fun de voir ça. J’ai hâte d’accueillir les joueurs, de les rencontrer, de leur parler.

Qu’on le veuille ou non, et même si la transaction n’a pas encore été approuvée par la Ligue junior AAA, c’est toi qui as pris en main d’assurer la survie des Inouk à Granby, c’est toi qui as rassemblé le nouveau groupe de propriétaires. Comment est-ce que tout ça a commencé ?

À la fin de la dernière saison, on savait que Marco Bernard et ses partenaires voulaient vendre, qu’ils avaient envie de passer le flambeau. Ça m’intéressait. J’en ai parlé à Jason Tracey et Jason a été dans les discussions pendant un certain temps, mais il a fini par décrocher. Moi, j’ai été un peu plus patient. Mais honnêtement, et il faut le mentionner, Ian Matthews, Bobby Crawford, Rémi Robert et moi, on n’aurait pas réussi à acheter l’équipe n’eût été de la grande collaboration de Marco. On se parlait à tous les jours et il était le premier à m’aider, à me dire : « Pourquoi tu n’appelles pas telle personne ? », etc. Les gens sont parfois durs avec lui, mais je peux vous dire qu’il voulait vraiment que les Inouk demeurent à Granby.

Mais de ton côté, comment expliques-tu ton grand attachement envers les Inouk et envers Granby, toi qui viens de la Gaspésie et qui vis présentement dans Lanaudière ?

J’ai été adjoint à Patrick Gosselin derrière le banc il y a quelques années et j’ai aussi été adjoint à Jason la saison dernière. J’ai également vécu à Bromont pendant quelques années. J’aime la région, j’aime l’équipe. Et les Inouk représentent quelque chose d’important en ville et ça, c’est l’fun. Sans compter que malgré les difficultés des derniers temps, les Inouk restent une des meilleures organisations de la LHJAAAQ. Quand un jeune est repêché par Granby, il est fier. On ne pouvait pas perdre ça.

Au cours des dernières saisons, tu as aussi travaillé à Saint-Gabriel-de-Brandon et à Montréal-Nord dans la LHJAAAQ. T’as maintenant le goût de t’installer à quelque part pendant un bout ?

C’est certain que je n’ai pas travaillé comme un fou au cours des derniers mois pour repartir aussitôt. Là, je me cherche un pied-à-terre dans le coin. Lanaudière-Granby à tous les jours, ça va finir par être essoufflant. Surtout que je vais travailler pour l’équipe à temps plein.

Tu as confiance en la relance de la concession ?

Certain ! On a tout ce qu’il faut pour que ça fonctionne. La Ville nous appuie, nous avons une bonne entente avec le Cégep, nous avons une couverture médiatique exceptionnelle, nous avons la chance d’avoir des installations dignes d’un niveau supérieur, il y a plein de choses qui militent en notre faveur. Dans le fond, pourquoi est-ce que ça ne fonctionnerait pas ?

Les Bisons prennent déjà beaucoup de place à Granby, ils s’imposent maintenant comme l’équipe numéro un en ville. Comment vois-tu la cohabitation avec eux ?

Je vois ça de façon très, très positive. Je suis en contact régulier avec Christian Roy, le grand patron de l’équipe, et nous avons même des projets communs. On travaille ensemble et on veut que ça fonctionne bien pour les deux équipes. Il n’y aura pas de chicanes.

As-tu confiance que la LHJAAAQ va réussir à se faire une vraie saison malgré la pandémie ?

Je pense que oui. Les gouverneurs de la ligue se sont réunis encore cette semaine, il y a encore de petites choses à régler, mais ça regarde bien. Je ne sais pas, peut-être qu’on va commencer la saison avec des matchs à quatre contre quatre. Et le camp d’entraînement sera un peu différent en raison des mesures sanitaires. Mais on joue un premier match préparatoire jeudi et on va entamer la saison le 11 septembre, comme prévu.

Tu parlais d’Alex Bourret tantôt. Comme on l’écrivait cette semaine, vous êtes clairement fiers de votre acquisition.

Avec son bagage comme joueur, Alex est un homme de hockey crédible. Quand il va dire aux gars qu’on tourne à gauche, ils vont l’écouter et ils vont tourner à gauche. Il m’a impressionné fortement en entrevue.

Il a aussi un gros vécu, on s’entend qu’il ne l’a pas toujours eu facile dans la vie.

Oui et il pourra ainsi faire en sorte que des joueurs évitent de faire les mêmes erreurs. Ses problèmes sont derrière lui, il s’en est sorti comme un homme. Nous avons une entente de deux ans avec lui parce que nous avons vraiment confiance en Alex.

Tu es un coach de carrière. Même si tu es directeur des opérations hockey de l’équipe, vas-tu finir comme adjoint à l’entraîneur en chef ?

C’est possible, on regarde ça. C’est certain que je connais bien la ligue et que je connais nos joueurs aussi.

Sur la glace, la saison s’annonce prometteuse. Quels sont tes objectifs ?

On n’a pas tout à fait encore l’équipe qu’on veut avoir. Mais il y a un gros potentiel, c’est sûr. On ne commencera pas à parler de championnat tout de suite, mais c’est certain que ce serait une façon formidable de relancer la concession. Disons que lorsque je regarde notre liste de joueurs, je me dis que tout est possible.

Ton fils Ludovic, 18 ans, va participer au camp du Phoenix de Sherbrooke après avoir disputé quatre matchs avec l’équipe la saison dernière. À l’époque, je m’en souviens, il avait connu du succès à l’intérieur du programme de hockey de Massey-Vanier. Tu crois en ses chances de percer l’alignement du Phoenix ?

Il a beaucoup de talent, mais les gens de hockey ont passé leur temps à le sous-estimer. Ludovic, c’est ma fierté. Il a du potentiel et je pense que tout est possible pour lui.