Rémi Poirier affiche une confiance inébranlable à son quatrième camp d’entraînement avec les Olympiques de Gatineau.
Rémi Poirier affiche une confiance inébranlable à son quatrième camp d’entraînement avec les Olympiques de Gatineau.

Rémi Poirier confiant comme jamais

Jean-François Plante
Jean-François Plante
Le Droit
Rémi Poirier attaque son quatrième camp d’entraînement chez les Olympiques de Gatineau.

À l’aube de sa troisième saison avec le club, le gardien de 18 ans est décontracté comme jamais. Personne n’a encore réussi à le déjouer pendant les matches intra-équipe ou hors-concours des Olympiques.

Il fallait le voir à l’entraînement sur la patinoire du Complexe Branchaud-Brière mercredi. À la fin de la session, après avoir gagné une compétition contre les tireurs du club, il a célébré en effectuant un plongeon identique à celui de Semion Varlamov quand les Islanders de New York ont sauvé leur peau en prolongation mardi soir contre le Lightning de Tampa Bay.

À l’autre bout de la patinoire, d’autres patineurs des Olympiques trouvaient le fond du filet avec régularité. Affichant une confiance inébranlable, Poirier a décidé d’aller rectifier le tir en faisant mine d’ajuster sa ceinture de champion autour de sa taille. Il a planté sa charpente de 6’2’’ devant le filet, puis il a freiné les élans des 10 premiers tireurs, parfois même en effectuant le plongeon pour harponner les tireurs.

«Je l’aime beaucoup ce gardien-là, lance l’entraîneur-chef Louis Robitaille. C’est un gardien, mais il prend un rôle de leader dans notre équipe. Il me fait beaucoup penser à Frédéric Cassivi, le meilleur gardien avec qui j’ai joué. Nous avons gagné la coupe Calder à Hershey. C’était un compétiteur, mais il avait beaucoup de vie et il était proche de ses coéquipiers. Il choisissait ses moments pour détendre tout le monde.»

Le gardien de Farnham sourit quand on lui fait remarquer à quel point il semble s’amuser sur la patinoire depuis le début du camp d’entraînement.

«Il y a une confiance qui monte avec l’âge. Je n’ai jamais été aussi confiant. On dirait que je vois la rondelle très grosse des fois. C’est l’expérience qui rentre. Aussi, je suis excité parce que nous avons plusieurs nouveaux joueurs avec énormément de talent. C’est beau à voir. Il y a aussi des gars que je côtoie depuis trois ans. J’aime avoir du plaisir et j’aime niaiser avec les gars à la fin des pratiques.»

À bientôt 19 ans, Poirier comprend qu’il devra être un leader au sein d’une jeune formation, surtout qu’il risque d’avoir à réparer les pots cassés à quelques reprises derrière une équipe en apprentissage.

«Je sais comment ça marche. Ça fait longtemps que je suis ici. Rien ne va changer. Je vais essayer de calmer l’équipe et c’est sûr qu’il me faudra sortir de gros arrêts aux moments clés. Nous avons énormément de talent en défensive, mais nous sommes super jeunes. Ils vont faire des erreurs, mais je vais faire les arrêts et essayer de limiter les retours pour calmer le jeu.»

Pour la première fois depuis son arrivée à Gatineau, Poirier travaille avec un entraîneur des gardiens à temps complet. Jean-Martin Hamel a pris le relais de Stéphane Proulx depuis quelques semaines.

«C’est très différent. Stéphane Proulx, j’ai le plus grand des respects pour lui. Il a été très important pour moi. Jean-Martin m’apporte d’autres choses. Ce que j’aime, c’est d’apprendre de chacun des entraîneurs que j’ai eu. Ils n’essaient pas de changer mon style. Ils essaient d’améliorer des points fixes.»

Repêché à sa fête?

À court terme, il aura aussi une pensée pour le repêchage de la LNH qui se tiendra le jour de son anniversaire le 6 octobre. Dans une ligue où les clubs privilégient les gardiens de 6’4’’ et plus, Poirier ne se sent pas désavantagé par rapport à ses 6’2’’. D’ailleurs, Anton Khudobin est sorti de nulle part pour amener les Stars de Dallas en finale de la coupe Stanley du haut de ses 5’11’’.

«Si un gardien a de bons réflexes, bouge bien et qu’il arrête les rondelles, c’est tout ce qui compte. Si tu mesures 6’4’’ et que tu n’arrêtes pas les rondelles, le club va y aller avec l’autre même s’il mesure 5’11’’»

D’ici là, Poirier compte profiter de chaque moment qu’il lui reste dans la LHJMQ.

«Je regarde aller les jeunes et je me dis que dans deux ans, c’est sûr qu’ils vont gagner la coupe! J’ai hâte pour eux même si je pense que nous pouvons surprendre dès cette saison.»

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Le camp des Olympiques en vrac

Plusieurs éléments intéressants sont passés sous le radar au cours de la dernière semaine du camp d’entraînement des Olympiques de Gatineau.

Afin de vous mettre au parfum de l’actualité, le moment est bien choisi de vider les notes de notre calepin. D’abord, ceux qui attendent du match annulé à Sherbrooke dimanche dernier seront déçus. Il n’y aura pas de match de remplacement. L’entraîneur-chef Louis Robitaille était surtout déçu pour certains de ses joueurs qui n’ont pas beaucoup joué depuis le début du camp d’entraînement. Le gardien Rémi Poirier devait d’ailleurs obtenir un premier match complet, mais avec seulement deux matches hors-concours à disputer, il devra réviser son plan de match avec ses gardiens.

«Nous avons aussi Tristan Luneau, Kyle Havlena, Mathieu Bizier et Kieran Craig qui n’ont participé qu’à un seul de nos trois matches hors-concours. Un deuxième match leur aurait fait du bien. Nous avons donc modifié nos entraînements afin d’ajouter plus de situations de match.»

24 joueurs, deux blessés

Les Olympiques ont toujours 24 joueurs au camp, en excluant les deux joueurs russes qui sont encore dans leur pays en attendant d’avoir la permission de franchir la frontière. Il reste encore quatre joueurs de 20 ans et Louis Robitaille aimerait se conformer à la limite de trois avant le début de la saison régulière même si les joueurs de 20 ans peuvent être échangés à tout moment. Métis Roelens, Evan MacKinnon, Kyle Havlena et Darick Louis-Jean sont les quatre joueurs de 20 ans chez les Olympiques. Le club compte aussi deux joueurs blessés. Frédéric Dutil en a encore pour une à deux semaines avant de pouvoir reprendre l’action. Il a été blessé en bloquant un tir. Le défenseur Noah Warren profite aussi de quelques jours de congé afin de régler une blessure mineure. «Si nous étions en séries, il jouerait», a indiqué Robitaille.

Vétérans retranchés

Vétéran retranché le 6 septembre dernier, Jérémy Rainville ira poursuivre sa carrière junior dans la BCHL avec les Vipers de Vernon. Quant à Alexandre Hogue, l’autre vétéran de 19 ans à avoir été retranché, ses droits sont détenus par les Grads de Navan dans la Ligue centrale junior A. Le défenseur offensif étudie toutefois ses options.

Anecdote de Groulx

Dans une entrevue Facebook avec le journaliste Mikaël Lalancette lundi soir, l’ancien entraîneur-chef des Olympiques Benoît Groulx a raconté une anecdote par rapport à Louis Robitaille qu’il avait tenté d’aller chercher afin d’ajouter de la robustesse à son équipe pendant la saison 2002-03. À l’époque, Jean-Michel Daoust n’avait pas encore pris son envol et il représentait un point d’interrogation pour lui. Robitaille et Daoust avaient été coéquipiers chez l’Intrépide de Gatineau. Ils étaient de grands amis. Robitaille était avec le Rocket de Montréal et dérangeait beaucoup les troupiers de Benoît Groulx. Finalement, le directeur général Charles Henry avait insisté auprès de Groulx pour qu’il accorde une chance réelle au jeune Daoust et il avait explosé juste avant les Fêtes. L’échange ne s’est jamais matérialisé et Daoust a ensuite été un élément clé des deux conquêtes des coupes du Président de 2003 et 2004. Robitaille ignorait tout de cette anecdote.

Le fils devient aussi un Intrépide

Toujours en parlant de Robitaille, son fils Kayden sera un des nouveaux joueurs de l’Intrépide de l’Outaouais pee-wee AAA cette saison. Né à Hersney où son père jouait à l’époque, Kayden avait passé la dernière saison au niveau pee-wee AA en Pennsylvanie, là où habite sa mère. Comme son père, il s’agit d’un défenseur récemment converti en attaquant. Tel père, tel fils, on parle aussi d’un joueur qui affectionne le jeu rude. «Je suis bien fier de lui. Avec la Covid, il a passé l’été avec nous et il va passer sa première année au complet au Canada avec nous aussi.»