Marc Bergevin

Redonnons le CH aux Québécois

CHRONIQUE / Au départ, je voulais intituler mon texte « Autopsie d’un gâchis ». Mais en y réfléchissant bien, je me suis ravisé, car à mon avis, ce qui est arrivé cette saison est bien plus qu’un gâchis, surtout si je me fie aux propos qu’a tenus Marc Bergevin lundi lors du bilan de saison du Canadien.

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Dans le vestiaire, il est écrit en grosses lettres « No Excuses ». Et pourtant, des excuses, on en a eu droit à un sac plein durant tout ce point de presse. Le DG a notamment déclaré que le principal problème de son club était la mauvaise attitude de plusieurs de ses porte-couleurs.

Si c’est le cas, quand on analyse froidement la situation, quatre noms nous viennent immédiatement à l’esprit, et non les moindres, soit le gardien Carey Price ainsi que les attaquants Max Pacioretty, Alex Galchenyuk et Jonathan Drouin, qui représentent quatre des six joueurs formant le noyau principal du club (les deux autres étant Shea Weber et Brendan Gallagher). 

Bien entendu, Bergevin ne pouvait crucifier ces quatre individus sur la place publique.

Toutefois, en ce qui me concerne, parler d’un problème d’attitude constitue un écran de fumée pour cacher le véritable problème : celui de ne pas avoir de bons hommes de hockey suffisamment compétents pour détecter le talent. 

Parce qu’on ne se fera pas de cachettes : si le Canadien a occupé cette saison les bas-fonds du classement, c’est en raison de ses nombreuses lacunes à bien évaluer le talent, tant au niveau professionnel qu’amateur. 

J’ai d’ailleurs déjà écrit de nombreuses lignes sur le sujet…

Croyez-le ou non, mais Bergevin a même poussé l’insulte à l’injure lundi en se disant satisfait du travail effectué par son département de recrutement.

C’est à n’y rien comprendre… tellement que j’en ai presque la berlue… !

Lui a-t-on simplement mentionné que de 2008 à 2016, parmi tous les joueurs repêchés par ce même département dirigé par le sensationnel Trevor Timmins (notez ici l’ironie), seulement trois d’entre eux (Galchenyuk, Gallagher et De la Rose) ont joué plus de 100 matchs dans la LNH, comparativement par exemple à 19 pour le Lightning de Tampa Bay ou 16 pour les Capitals de Washington durant cette même période ? 

Dans le même ordre d’idées, je me rappelle également de l’une des déclarations du DG qui disait qu’« étant donné la (supposée) parité dans la LNH, les transactions étaient de plus en plus difficiles à réaliser et que les joueurs autonomes, eux, ne devaient servir qu’à compléter le noyau fort de ta formation ». Si tel est effectivement le cas, inutile de vous mentionner que le repêchage revêt ici toute son importance.

Alors que son service de recrutement accumule les flops d’année en année (Tinordi, McCarron, Leblanc, Kristo, Fucale, pour ne nommer que ceux-là !), permettez-moi de poser la question suivante : mais diable, qui protège tant Trevor Timmins chez le Canadien de Montréal ? 

Et là, je parle juste du recrutement amateur, puisqu’on pourrait dire la même chose des recruteurs au niveau professionnel avec des acquisitions telles que Schlemko, Alzner et j’en passe…

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D’un autre côté, la saison du club-école, le Rocket de Laval, prend fin aujourd’hui (samedi) et des changements sont également à prévoir. 

Cependant, on aura beau y mettre le meilleur personnel en place, il n’en reste pas moins que l’on demeure toujours à la merci des espoirs sélectionnés par le grand club. 

Et comme toutes les cuvées sont bien minces à chaque année et le seront tant et aussi longtemps que Timmins en sera le sélectionneur en chef, il ne faut pas espérer de miracles là non plus, du moins à court terme.

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Finalement, parlons du « fameux » plan de Bergevin. Pas besoin d’être bien malin pour deviner ce en quoi il consiste : l’espoir, rien que de l’espoir ! L’espoir de gagner la loterie en vue de posséder le premier choix au repêchage, l’espoir que des joueurs autonomes d’impact veuillent bien signer à Montréal, l’espoir qu’un autre DG accepte de recevoir l’une des « pommes pourries » que Bergevin voudra lui refiler.

Oui, Marc se devra de sortir plusieurs lapins de son chapeau cet été.

Toutefois, est-ce assez pour que sa formation redevienne compétitive ?

J’en doute énormément.

On aura beau échanger un ou plusieurs choix contre des joueurs établis, le problème restera entier : le Canadien doit changer sa philosophie en repêchant mieux, et ce, tout en faisant confiance davantage aux joueurs québécois, ceux qui sauront démontrer de la fierté en endossant le chandail tricolore.

Pour y arriver, commençons par un tout petit geste : après le repêchage, congédions immédiatement Trevor Timmins, lui qui de toute évidence, n’a aucun atome crochu avec les nôtres.

Ce sera déjà un premier pas dans la bonne direction.

Pierre Petroni

ON EN JASE AUTOUR D’UN BON CIGARE

Le dernier match des Inouk dans leur série face au Collège-Français de Longueuil, disputé il y a une semaine, aura été l’occasion pour moi de renouer avec un bon nombre de gens gravitant autour de la «planète hockey ».

Premièrement, je ne peux passer sous le silence ce vieux complice qu’est l’instructeur-chef du CF, Pierre Petroni, que je me fais un plaisir de venir saluer à chacune de ses visites, ici à Granby.

Mais si à chaque saison sa formation est toujours dans la course, c’est que « Petro » a toujours su bien s’entourer. Tout d’abord, il voue une confiance sans bornes au recruteur émérite Éric Belzile (un élève de Claude Ruel, qui besogne également pour les Cataractes de Shawinigan et qui est en quelque sorte l’éminence grise derrière chacune de ses décisions « hockey »). 

De plus, il a aussi eu la brillante idée de s’adjoindre les services de Jean-Philippe Hamel en tant qu’assistant-entraîneur, lui qui fut l’un de nos porte-couleurs alors que j’agissais comme bras droit du DG Serge Savard Jr avec le défunt Rocket de Montréal dans la LHJMQ. 

Puis, désirant que ses troupiers puissent bénéficier des meilleurs soins possible, Pierre a réalisé un autre coup de maître en embauchant un autre ancien Rocket en la personne de Stéphane Gauthier comme gérant de l’équipement. Les initiés se souviendront sans doute que celui que notre entraîneur-chef du temps Alain Vigneault avait surnommé « Striker » occupait, dans un passé pas si lointain, un poste similaire avec les Bulldogs de Hamilton dans la Ligue américaine. Inutile de vous mentionner qu’en plus de compter sur un individu des plus serviables doté d’une incroyable compétence, les joueurs auront aussi découvert un confident sur lequel ils peuvent toujours compter.