Réal Brunelle, un ami et un homme pour lequel j’ai le plus grand des respects.

Réal Brunelle: l’homme de hockey devenu politicien (2e partie)

La semaine dernière, j’ai commencé une série de deux chroniques sur le début de carrière palpitant de mon bon ami Réal Brunelle, un sportif pour lequel j’ai le plus grand des respects.

Comme je vous le mentionnais, si plusieurs connaissaient l’enseignant du Collège Mont-Sacré-Cœur ou celui qui agit simultanément en tant que conseiller municipal pour la Ville de Bromont, en ce qui me concerne, j’ai connu l’homme de hockey. Celui qui a d’abord été recruteur pour les Bisons dans les Maritimes, pour ensuite devenir le dépisteur-chef du défunt Laser de Saint-Hyacinthe.

Dans le temps, nous fréquentions les mêmes arénas. Nous avons même voyagé ensemble à plusieurs occasions. Vous verrez, sans le coup de Jarnac dont il a été victime, il œuvrerait probablement encore dans le circuit Courteau, lui qui était extrêmement compétent. Toutefois, c’est peut-être le coup de pouce qui lui fallait pour délaisser le hockey dit « majeur », pour consacrer ses temps libres à une autre de ses passions, la politique.

Poursuivons cette série sans plus tarder.

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On se retrouve donc au milieu des années 90. Réal file le parfait bonheur. Heureux en amour avec Élise, toujours la femme de sa vie, avec qui il se préparait à accueillir un premier enfant. Il a un bon emploi, lui qui enseigne l’éducation physique à l’ancien Collège de Saint-Césaire.

Il arrondit ses fins de mois en assouvissant sa grande passion pour le hockey dans le poste de dépisteur-chef du Laser, alors entraîné par son bon copain Richard Martel.

Mais Réal a beau passer ses week-ends dans les arénas, connaître les joueurs de 15 et 16 ans de la province sur le bout de ses doigts, au-dessus de lui, ça grouille. Certains dirigeants de l’équipe aimeraient lui imposer des choix, ce que refuse systématiquement le Bromontois d’origine.

« L’année d’avant, ils m’avaient fait le coup en m’obligeant de repêcher un jeune gardien du nom d’Ian Olse, qui provenait du Richelieu, alors que Marc Denis était celui que mon groupe et moi voulions. Mais pas question de céder. S’ils veulent repêcher à notre place, qu’ils nous mettent à la porte ! », raconte-t-il avec émotion.

Et c’est ce qui est pourtant — et malheureusement — arrivé. Dans un scénario digne d’un film, Réal et son groupe ont été congédiés à 23 h 30 dans la soirée précédant la séance de sélection de 1995 !

Pour avoir été partie prenante du circuit Courteau pendant une trentaine d’années, que ce soit comme dirigeant, recruteur, journaliste ou encore comme partisan, je ne peux me rappeler d’une situation aussi insensée. INSENSÉE est définitivement le mot juste, puisque cette situation n’avait effectivement aucun sens.

D’ailleurs, peu avant cette mascarade de la part de leurs homologues de Saint-Hyacinthe, les frères Morrissette, nouveaux propriétaires des Bisons, avaient de mémoire amené avec eux du Titan de Laval leur éminence grise Richard Lafrenière comme dépisteur-chef. Clément Blanchette, recruteur-chef des Bisons depuis des lunes, lui, allait donc diriger le repêchage du Laser… Le tout, orchestré en seulement quelques heures.

Pendant ce temps, Réal, qui n’avait à souffrir d’aucun complexe, avait dû se résigner à suivre la séance de sélection au téléphone... de son domicile !

Aujourd’hui, le principal intéressé préfère plutôt en rire.

« C’est arrivé et on ne peut pas revenir en arrière, dit-il. Mes gars, les dépisteurs, et moi, nous nous sommes tenus debout ensemble et c’est ce qui compte. D’ailleurs, si c’était à refaire, je referais exactement la même chose. »

Si vous me permettez de compléter sa pensée, disons que la formation maskoutaine n’a plus jamais été la même à la suite du départ de Réal et de son groupe, qui avaient notamment repêché les frères Dean et Stan Melanson, ainsi que les jeunes centres François Méthot et Rémi Boudreau. Tous ayant un potentiel plus que certain.

Connaissant l’homme, celui-ci ne se laissa pas abattre malgré ce coup sournois. Il a donc décidé de se donner une chance dans une autre sphère qui le passionne.

La politique a toujours été en lui.

« J’ai toujours aimé la politique, ne cache pas Réal. Je n’avais que 17 ans et déjà, je posais des pancartes pour Pierre Paradis quand il a voulu se présenter dans Brome-Missisquoi aux élections provinciales ! »

Depuis 2002, Réal Brunelle est conseiller municipal du district no 5 (Pierre-Laporte) à Bromont.

« À l’Université de Moncton, je me suis impliqué dans différents conseils étudiants jusqu’à être le président du conseil de ma faculté. La politique a toujours fait partie de mon ADN. J’ai toujours aimé cette game-là ! Alors, quand est arrivé le temps, quelques années plus tard, de faire le saut en politique municipale, tu comprendras que je n’ai pas hésité longtemps. »

« Depuis ce temps-là, je côtoie des gens vraiment fantastiques, poursuit-il. À commencer par la mairesse Pauline Quinlan, qui a toujours eu une excellente influence à mon endroit. Même chose pour son successeur, Louis Villeneuve, avec qui j’ai plusieurs points en commun. Quant aux autres conseillers, disons sans prétention que nous formons toute une équipe ! »

Toutefois, il vient une période dans la vie d’un homme ou d’une femme faisant de la politique municipale où des dirigeants de partis provinciaux ou fédéraux vont cogner à la porte. Bien évidemment, ce fut le cas pour Réal qui, comme on le disait, est connu comme Barrabas dans la région.

Lui qui dans les années 1980 et 1990 était dans la famille libérale, il a à ce point adoré la présentation que lui ont faite les représentants de la Coalition avenir Québec (CAQ) qu’il a décidé de les rencontrer une première fois à Montréal, puis il a fait de même avec le chef François Legault dans un deuxième temps à Shawinigan. À partir de là s’en est suivie la traditionnelle chasse aux squelettes afin de savoir si le candidat pressenti possède une feuille de route irréprochable.

Réal répondait évidemment positivement à chacun des critères. Son bilan étant impeccable. « Je m’étais vraiment bien préparé pour ces deux entrevues. J’avais un plan bien précis. Cependant, comme les élections municipales arrivaient à grands pas, je leur avais mentionné que je me devais d’être loyal envers les gens de Bromont et j’ai dû passer mon tour... »

« Lorsqu’ils ont nommé Isabelle Charest, ils m’ont demandé de lui donner un coup de main. Je suis devenu son directeur de campagne. Je me souviens même d’une conversation entre elle et moi où elle m’a demandé : “Ton plan avait l’air solide, est-ce que je peux m’en servir ? ” »

Et le reste appartient à l’histoire. Isabelle Charest a remporté, quelques mois plus tard, une éclatante victoire dans Brome-Missisquoi.

Quand on vous disait que Réal Brunelle avait plusieurs talents…