Alexandre Sauvageau et Alister Gardner ont couru ensemble pendant 57 kilomètres, au Québec Méga Trail, ce week-end. Sur la photo, ils étaient tout près de Jean-François Cauchon, qui a terminé le 110 km juste devant Alexandre Sauvageau.

Québec Méga Trail: le coureur aux flamants roses épate

Vêtu d’un short de flamants roses, d’une ceinture d’hydratation des plus minimalistes et d’un plâtre rose et vert sur son avant-bras droit, Alexandre Sauvageau est monté sur la troisième marche du podium du Championnat canadien d’ultra trail. La distance du 110 km de Québec Méga Trail était une double couronne pour 2019 puisqu’elle accueillait le championnat.

Dans le classement général, il est quatrième, mais comme Mathieu Blanchard n’a pas encore sa citoyenneté canadienne, ce dernier n’a pas pu lutter pour le championnat.

Alexandre Sauvageau n’était pas parmi les favoris pour cette course qui emprunte les sentiers reliant le Massif de Charlevoix au Mont Sainte-Anne. En fait, on commençait à entendre son nom en dehors de la région. Depuis deux ans, le Granbyen d’origine trifluvienne se taille une place à vitesse grand V dans le monde de la course en sentier.

La course de samedi était sa deuxième expérience sur ce parcours. En 2018, il y avait dix kilomètres de moins sur le parcours. « L’année passée, ça avait très mal été. J’avais mal géré la distance et, après 40 km, j’avais les jambes finies. »

Pas question de connaître pareille sensation cette fois-ci, même avec un pouce cassé. Il avait un plan. « C’était de finir fort. Ma stratégie était de partir de façon raisonnable et d’accélérer après le 80e kilomètre. »

Il a couru les 57 premiers kilomètres avec son ami Alister Gardner avant de prendre les devants. Hélène Michaux l’a aidé à maintenir le rythme et à penser à boire et manger au bon moment lors des 30 derniers kilomètres. Dans les sections plus techniques, il redoublait d’efforts — et de prudence — pour ne pas se blesser un autre pouce.

« Je suis super content de la performance que j’ai donnée, confie-t-il. Ça a bien été du début à la fin. Par contre, j’avais poussé beaucoup deux semaines avant. Ça aurait peut-être pris une journée ou deux de repos de plus avant la course. »

Deux semaines avant la compétition, il avait monté dix fois le mont Brome, à Bromont, par des sentiers et des pistes de ski différents.

Moins de deux ans de trail

Le chargé de projets pour le CIUSSS de l’Estrie-CHUS en est à sa deuxième saison de course en sentier. Plus jeune, il a fait des triathlons et même un Ironman avant de tomber malade. « J’ai dû arrêter parce que j’ai eu une passe où ça n’allait vraiment pas. J’ai perdu toute ma force physique et je ne pensais pas pouvoir recommencer à courir un jour. J’étais à bout de souffle au bout de cinq kilomètres. L’an passé, j’ai fait mon premier ultra-marathon pour me prouver que j’étais capable de me pousser. C’était le 80 km de la Chute du Diable, en Mauricie. »

Un pari pour motiver

Le Bromontois Alister Gardner était lui aussi sur le 110 km, qu’il a terminé en 9e position juste derrière Anne Champagne, qui a remporté l’épreuve chez les femmes. « Cette course-là n’était pas un gros objectif pour moi, raconte celui qui n’hésite pas à abandonner une course afin d’épargner ses jambes pour une autre compétition. La vérité, c’est que Alexis [Lussier] et Hélène [Michaux] avaient parié que j’allais m’arrêter au ravitaillement du 57e kilomètre. Alors c’était une belle motivation pour continuer, ajoute-t-il en riant. À partir du 57e kilomètre, j’ai commencé à ralentir un peu et à prendre ça plus relax. Alexis m’a pacé (accompagné) sur 30 km. Il m’a aidé à garder le rythme et me disait quand boire. J’ai eu une fin de course assez agréable. »

Si cette course avait été un objectif important dans sa saison, il aurait tout donné, précise-t-il. C’est ce qu’il compte faire au 5 km Endurance, le 14 août à Dollard-Des Ormeaux où il veut battre son meilleur temps sur cette distance, et à l’OCC, la course de 55 km au festival de l’Ultra-Trail du Mont Blanc.

Hélène Michaux a quant à elle porté le dossard pour le Vertical, une épreuve qui consiste à monter le mont Sainte-Anne le plus rapidement possible. Il s’agit de 2,9 km de montée qu’elle a fait en moins de 28 minutes, ce qui l’a placée en première position chez les femmes. Seulement 16 personnes ont pris le départ. « C’est une course super le fun, c’est vraiment dommage que les gens ne participent pas plus. C’est hyper intense, il faut grimper le plus vite possible la montagne, c’est ça le jeu, explique la coureuse de Rougemont. J’y allais vraiment pour m’amuser. »

Elle sera prochainement à la Escarpment trail run, aux États-Unis, en juillet, en plus de participer au 65 km du Grand Raid de La Réunion. Alister Gardner sera aussi présent à ces deux courses.