«Granby a eu et a encore son gros, gros mot à dire dans la belle progression du tennis chez nous», explique Martin Laurendeau.

Quand Frédéric Niemeyer arrivait avec une seule raquette…

« Le tennis a tellement progressé au Canada. Les gens n’ont pas idée. »

Martin Laurendeau n’a pas manqué beaucoup des 24 premiers Challenger. Le temps d’une édition, l’entraîneur a même occupé les fonctions du directeur du tournoi en remplacement d’Eugène Lapierre, occupé à autre chose cette année-là.

Et Laurendeau est bien placé pour dire à quel point le tennis canadien n’a plus rien à voir avec celui d’il y a 10, 15 ou 20 ans. Il y a un monde, carrément, de différence.

« Ça a pris six ans avant qu’un Canadien (Frédéric Niemeyer) n’atteigne les demi-finales à Granby, se souvient celui qui a été capitaine de l’équipe de Coupe Davis de 2004 à 2017. Avant ça, on était simplement heureux quand on avait encore un joueur en compétition après le deuxième tour. Aujourd’hui, nos joueurs et nos joueuses gagnent de grands tournois partout dans le monde. »

Jusqu’à il n’y a pas si longtemps, en fait, le grand objectif des Canadiens était de percer le top 100. De nos jours, sky is the limit, les Auger-Aliassime, Andreescu et Fernandez rêvent d’être no. 1 au monde et rien de moins.

« J’ai déjà vu Frédéric Niemeyer arrivé à Granby avec une seule raquette et pas d’entraîneur, évidemment, rappelle pour sa part Eugène Lapierre. Des gars comme Frédéric et Simon Larose n’étaient pas nécessairement moins talentueux que nos meilleurs joueurs d’aujourd’hui, mais ils n’avaient pas l’encadrement dont bénéficient nos athlètes en 2019. »

Les choses ont commencé à changer lorsqu’on a mis sur pied le Centre national de tennis, en 2007, à Montréal et à Toronto. Dans le même élan, l’embauche du Français Louis Borfiga, qui avait formé tant de bons joueurs dans son pays, a aussi été un coup de maître.

« Les joueurs de talent laissés à eux-mêmes, un peu comme nous dans le temps, il n’y en a plus, ajoute Simon Larose, justement devenu entraîneur pour Tennis Canada. Je n’aime pas dire ça à nos jeunes, mais ils sont tellement privilégiés comparativement à nous à l’époque. Ils ont plein de gens autour d’eux, que ce soit des coachs, des professionnels de la santé ou même des spécialistes en éducation. Les choses ont changé… et c’est tant mieux. »

Et le Challenger de Granby, qui a longtemps été un des seuls tournois de cette catégorie au pays, a propulsé la carrière de plusieurs. Les Raonic, Bouchard, Pospisil, Auger-Aliassime et Shapovalov ont tous connu du succès ici avant d’exprimer leur talent à la face du monde entier.

« Granby a eu et a encore son gros, gros mot à dire dans la belle progression du tennis chez nous », tranche Martin Laurendeau, qu’on n’a certainement pas le goût de contredire.