La robe dégrafée au cou de Gabriella Papadakis, lors du programme court en danse sur glace, dimanche.

Une patineuse française vit son «pire cauchemar»

GANGNEUNG — Gabriella Papadakis a vécu son «pire cauchemar» quand sa tenue s’est détachée dès les premières secondes de son programme court avec Guillaume Cizeron — laissant apparaître un sein —, mais les deux danseurs français, prétendants à l’or olympique, ont tenu le choc, lundi, aux Jeux de PyeongChang.

Papadakis et Cizeron patinent pour la première fois de leur carrière sur la glace olympique quand, dès les premières secondes de leur danse courte, le tour du cou qui retient, avec deux fines bretelles, le top à franges vertes et jaunes de la patineuse se détache.

«Mon pire cauchemar est arrivé aux Jeux olympiques. Ça m’a beaucoup déconcentrée», a regretté Papadakis, des larmes au coin des yeux, mais qui n’a évité ni le passage en zone mixte, ni celui en conférence de presse.

La patineuse a fait preuve d’une extrême habileté pour éviter le pire. «Je l’ai senti tout de suite, et j’ai prié. Qu’est-ce que je pouvais faire?» a-t-elle demandé.

«C’est arrivé dans les premières secondes du programme, je me suis dit que je n’avais pas le choix, qu’il fallait continuer. C’est ce qu’on a fait. On peut être fiers de nous parce qu’on a été capables de faire une super performance malgré ce qui est arrivé», a-t-elle raconté, le visage marqué.

«C’était dans notre esprit pendant tout le programme, c’est sur le twizzle (série de pas tournants) que ça nous a le plus affectés, parce que quand vous tournez, c’est dur de garder votre robe alors qu’elle ne tient plus», a ajouté Cizeron.

«Ça ne s’explique pas, c’est vraiment un mystère, la tenue était bien accrochée», a assuré Sophie Thomas, la couturière qui habille le couple depuis six ans. Celle-ci raconte avoir «beaucoup culpabilisé» après l’incident, «même si ça n’est pas de ma faute».

Montage photographique qui montre le moment où la robe de Gabriella Papadakis s'est dégrafée, lors du programme court en danse sur glace, dimanche.

Des nerfs d’acier

Impossible cependant pour les doubles champions du monde (2015 et 2016) et quadruples champions d’Europe en titre d’interrompre leur prestation. Une telle décision leur aurait coûté cinq points : rédhibitoire dans la course à l’or olympique face aux Canadiens Tessa Virtue et Scott Moir, leurs principaux rivaux et partenaires d’entraînement à Montréal.

Papadakis avait pourtant pris la peine, comme elle en a l’habitude chaque fois qu’elle porte ce costume depuis le début de l’hiver, de renforcer les crochets qui ferment le haut de sa tenue en la cousant de quelques points par sécurité. Mais elle n’a pu éviter que l’incident laisse apparaître en partie sa poitrine.

Malgré tout, le duo clermontois a gardé le cap. «Je ne connais aucune autre fille qui aurait été capable de finir la performance de cette façon, même avec le haut complètement défait. Elle a des nerfs d’acier», admire Marie-France Dubreuil, qui forme avec Romain Haguenauer et Patrice Lauzon le trio d’entraîneurs des Français au Québec. «Guillaume a essayé de lui remonter pour qu’ils puissent continuer, ils ont fait un travail d’équipe incroyable.»