Le Trifluvien Luc Tardif agit comme chez de mission de la France pour la deuxième fois de sa carrière, après l’expérience de Sotchi 2014.

Un Trifluvien en charge des Cousins

Trois-Rivières — Pour une deuxième fois en quatre ans, il y aura une importante touche trifluvienne au cœur de la délégation française qui participera aux Jeux olympiques de PyeongChang. Le chef de mission, Luc Tardif, puise en effet ses racines à Trois-Rivières où il a grandi avant de s’exiler dans l’Hexagone. D’abord parti pour y jouer au hockey, il y a finalement bâti sa vie.

Bien impliqué dans le monde du sport français, de par ses titres de président de la Fédération française de hockey sur glace et membre du comité exécutif de la Fédération internationale de hockey sur glace, Tardif a vécu ses premiers Jeux olympiques au cœur de la mission française en 2010 à Vancouver, dans un rôle opérationnel. Puis, quatre ans plus tard, le Comité olympique français décidait de lui confier le prestigieux rôle de chef de mission. Une offre tout simplement irrésistible.

«J’étais déjà très surpris qu’on fasse appel à moi pour Sotchi. Ils m’ont demandé une deuxième fois alors il faut croire qu’ils étaient satisfaits. Ils n’ont pas eu besoin de me le demander deux fois! J’ai trouvé que c’était une expérience tellement extraordinaire à Sotchi. Je suis convaincu que ce sera la même chose pour PyeongChang.»

Lors de son baptême comme chef de mission en 2014, la France a réalisé une brillante performance collective en fracassant son record de médailles. Si les athlètes français ont paradé 15 fois sur le podium à Sotchi (4 d’or, 4 d’argent, 7 de bronze), Luc Tardif croit sa délégation capable d’améliorer cette marque au cours des prochains jours en Corée du Sud.

«On n’est pas dans toutes les disciplines, comme le Canada, par exemple. Mais on fonde encore un peu plus d’espoir pour PyeongChang que Sotchi». Parmi les disciplines de prédilection chez les Cousins, il faudra surveiller à peu près tout ce qui nécessite des skis. «Nous sommes les meneurs à la Coupe du monde en biathlon. Nous avons aussi de grands espoirs en ski alpin, en ski de fond et aussi en patinage artistique», mentionne celui qui chapeautera une délégation de 107 athlètes et quelque 250 personnes.

Confronté... au Canada!
Parti le 1er février pour la Corée du Sud, Luc Tardif s’attend à nouveau à des journées fort chargées, mais combien enrichissantes ! En France, le poste de chef de mission diffère quelque peu de celui au Comité olympique canadien. Si le rôle est souvent confié à un athlète émérite au Canada, la tâche est davantage organisationnelle et politique chez les Français.

«C’est un poste assez stratégique. Je dois faire l’interface entre le comité olympique, le comité organisateur et la délégation française. Bref, je dois tout faire en mon possible pour mettre les athlètes dans les meilleures conditions pour performer.»

À Sotchi, le Trifluvien s’était en quelque sorte retrouvé confronté à son pays natal devant le Tribunal arbitral du sport (TAS). Après un triplé français en ski-cross masculin, le Canada avait déposé une plainte contre les skieurs français, prétextant qu’ils avaient modifié leur pantalon illégalement afin d’en améliorer l’aérodynamisme. La France a finalement eu gain de cause et a pu conserver ses médailles, au terme de longues heures de travail et de délibération.

«Il ne faut pas en avoir trop souvent des situations comme ça. Ce sont de longues journées. Mais en même temps, on est habitués pendant les Jeux. On fait des journées de fous. On revient raide mort, mais c’est de la bonne fatigue!».

À travers toutes les histoires sportives et humaines qui s’écriront grâce au sport, Luc Tardif a également bien hâte à deux moments phares des Jeux olympiques.

«Les cérémonies, c’est inoubliable. À l’ouverture, c’est grandiose, tandis qu’à la fermeture, c’est la cérémonie du soulagement. Tout est terminé.»