Le Suédois Andre Myhrer file en slalom au Centre alpin de Yongpyong.

Slalom: Hirscher et Kristoffersen sortent, Myhrer en profite

PYEONGCHANG - Le slalom, cadenassé ces dernières années par l’Autrichien Marcel Hirscher et le Norvégien Henrik Kristoffersen, a retrouvé de son imprévisibilité jeudi aux JO de Pyeongchang: le Suédois Andre Myhrer s’est paré d’or en profitant des mésaventures des deux favoris.

Les deux (quasi) «invincibles» ont déraillé entre les portes serrées, pour ouvrir la porte du podium au Suisse Ramon Zenhaeusern, médaille d’argent, et l’Autrichien Michael Matt, en bronze, un clin d’oeil à son frère aîné Mario, champion olympique en 2014 de la spécialité, et désormais retraité.

Hirscher et Kristoffersen paraissaient pourtant intouchables, surtout le premier, déjà sacré en Corée du Sud en combiné et en slalom géant. Les duellistes présentaient des statistiques béton sur leur fiabilité tout terrain.

Mais c’était sans compter sur la neige froide et agressive, particulière à la région.

«Je n’avais absolument aucune confiance sur ce genre de neige. Aux entraînements, je ne suis jamais parvenu à trouver la solution, les réglages. J’ai vraiment très mal skié. Cela peut aussi arriver, ça fait partie du jeu, du sport», a indiqué Hirscher, sextuple vainqueur de la Coupe du monde de ski alpin.

L’Autrichien en restera donc à deux titres, échouant à rejoindre son compatriote Toni Sailer (1956) et le Français Jean-Claude Killy (1968) à être trois fois doré sur la même édition.

Hirscher sorti d’entrée, Kristoffersen avait l’horizon dégagé pour son premier or olympique, d’autant il avait terminé en tête de la première manche, 21/100e devant Myhrer.

Mais le piège s’est aussi refermé sur lui: le «papillon» a glissé au sol, absorbé autant par la pente que par la neige. A 23 ans pour ses deuxièmes Jeux, Kristoffersen a ainsi cédé face à son aîné suédois, 35 ans.

Comme Stenmark
«Peut-être est-ce l’Olympiade des vétérans (le Norvégien Aksel Lund Svindal, champion olympique de descente à 35 ans et deux mois). J’ai essayé de prendre un maximum de plaisir dès la première manche, en utilisant mon expérience des JO. Ce sont mes quatrièmes, j’ai une bonne expérience de ce type d’événements. Je voulais laisser tout mon coeur sur la piste aujourd’hui», a souligné Myhrer, désormais vétéran des champions olympiques de slalom, un titre honorifique dont il a dépossédé Mario Matt.

Quatrième aux Jeux de 2006, médaille de bronze en 2010, éliminé en 2014, Myhrer est devenu le deuxième Suédois à remporter l’or en ski alpin, après le doublé (géant/slalom) de la légende Ingemar Stenmark aux Jeux de Lake Placid en 1980.

Il offre aussi à son pays le doublé hommes-femmes en slalom, après le sacre de Frida Hansdotter.

«Succéder à Stenmark au palmarès m’honore, c’est un des plus grands sportifs de l’histoire de mon pays. Marcher dans ses pas est formidable», a remarqué Myhrer.

Le skieur de Bergsjoe, qui possède plusieurs guitares achetées avec les primes de ses sept victoires sur le circuit majeur, pourra enrichir sa collection. «Je ne sais pas encore, peut-être qu’une victoire olympique en mérite deux».

En ce qui concerne le Canada, Phil Brown a terminé au 22e rang, suivi de Érik Read (28e). Trevor Philip n’a pu compléter l’épreuve, tout comme Adam Lamhamedi, ce skieur de Québec, qui prepréserntait le Maroc.