Les athlètes canadiens ont encore une fois été d’excellents ambassadeurs, récoltant 29 médailles, dont 11 d’or.

Quatorze heures plus tôt en Corée

PYEONGCHANG — Un collègue de Toronto a bien résumé la dernière quinzaine olympique. «Quelqu’un se souvient ce qu’il a couvert, il y a deux jours?» demandait-il en plein milieu des Jeux sur son compte Twitter pour expliquer la complexité du décalage horaire de 14 heures entre chez nous et la Corée du Sud.

Pendant que vous dormiez, par contre, les athlètes canadiens étaient bien réveillés. À preuve, ils ont établi un record pour le nombre de médailles remportées à des Jeux d’hiver, battant de trois l’ancienne marque de 26 établie à Vancouver, en 2010.

On a assisté à de grands moments sportifs à PyeongChang, mais aussi à l’impossibilité pour certains d’obtenir les résultats escomptés. À ce titre, il n’y avait pas plus déçu qu’Alex Harvey à l’idée de repartir de la ville olympique sans la médaille qu’il convoitait. Son père et lui n’ont pas caché leur peine après le 50 km, samedi, sûrement le moment le plus touchant des derniers jours.

Les Jeux olympiques de PyeongChang auront confirmé la puissance du Canada dans des sports plus jeunes, comme le patinage sur courte piste, le ski acrobatique, le slopestyle, le ski cross. L’avenir semble plus rose dans ces disciplines que dans d’autres, plus traditionnelles. À ce titre, les médailles à la planchiste de Stoneham, Laurie Blouin, et du skieur de Saint-Augustin-de-Desmaures, Alex Beaulieu-Marchand, sont rafraîchissantes.

On a aussi assisté au cours des deux dernières semaines à la fin d’une époque. Pour plusieurs grands athlètes québécois, il s’agissait de la fin de leur parcours olympique.

Si la relève de Charles Hamelin et de Marianne St-Gelais est déjà assurée par Samuel Girard et Kim Boutin en courte piste, on se demande bien qui suivra les traces d’Alex Harvey, qui a réaffirmé, samedi, qu’il venait de faire sa dernière course olympique en carrière. Il est à se demander s’il ne faudra pas attendre la prochaine génération des Harvey pour connaître son successeur en ski de fond!

En ski alpin, Érik Guay aurait fait un malheur s’il avait participé aux Jeux au lieu de les regarder chez lui pendant qu’il soignait une blessure au dos. On ne reverra pas le patineur de longue piste Alex Boisvert-Lacroix à Pékin, en 2022, mais Laurent Dubreuil et Alexandre St-Jean ont bien l’intention de continuer et de profiter des premières années de l’anneau couvert pour augmenter leur vitesse de croisière. Retraite imminente aussi pour les bosseurs Philippe Marquis et Audrey Robichaud, tous deux de Québec.

À l’échelle internationale, la force de frappe norvégienne en ski de fond est impressionnante, autant que celles des Pays-Bas en patinage de vitesse longue piste et de la France en biathlon.

Pas facile à couvrir

Sur un plan personnel, ces Jeux olympiques auront été parmi les plus compliqués à couvrir. Nous avions toujours l’impression d’avoir plusieurs heures de tombée par jour, matin, après-midi, soir. Les soupers vers minuit n’ont jamais été aussi fréquents que dans les trois dernières semaines! Et quand les centres de presse nous mettent à la porte parce qu’ils ferment, il faut croire qu’on perd la notion du temps… À ce titre, il n’y aura pas répit lors des prochains Jeux olympiques, puisqu’ils auront lieu à Tokyo (Japon), à l’été 2020, et à Pékin, en février 2022. Il n’y aura pas plus de neige non plus en Chine qu’il y en avait en Corée, où elle était artificielle.

Les Jeux olympiques restent un événement immense, avec ses exploits, ses déceptions, ses rencontres, ses joies, ses peines, ses fous rires entre collègues. À l’occupé restaurant italien, près du village des médias, la jeune femme qui nous sert demande si l’on retourne chez nous bientôt.

«Oui, lundi.»

«Vous avez aimé la Corée?» demande-t-elle.

«Oui, les gens y étaient très accueillants, prêts à rendre service, etc.»

«Vous y étiez en sécurité?»

«Bien sûr, à 100 %.»

«Parfait, alors, dites à tout le monde que la Corée est sécuritaire et de venir nous visiter, même s’il n’y aura plus de Jeux olympiques.»

Voilà, c’est fait!