Notre journaliste Carl Tardif a vécu à PyeongChang sa 11e aventure olympique.

Mes Jeux de A à Z

Les Jeux olympiques de PyeongChang sont déjà terminés. Les dernières épreuves ont eu lieu la nuit dernière. Soufflée par le vent, la flamme olympique s’éteint et passera les prochains hivers au chaud avant de renaître à Pékin dans quatre ans. Couvrir les Jeux, c’est assister à de grands moments sportifs, mais aussi d’accepter d’en rater plusieurs. Voici donc l’abécédaire de ma 11e aventure olympique vécue en Corée du Sud.

A comme dans ABM, le surnom du skieur Alex Beaulieu-Marchand, médaillé de bronze d’une finale de slopestyle spectaculaire. Il est le seul Alex à avoir grimpé sur le podium, les deux autres (Harvey et Boisvert-Lacroix) n’y parvenant pas. Et comme dans Allemagne, pays ayant empêché le Canada de se battre pour la finale en hockey masculin.

B comme dans le «Boss des bosses» Mikaël Kingsbury, qui a remporté la médaille d’or, une troisième de suite pour le Canada à cette épreuve. Et comme dans la biathlète biélorusse Darya Domracheva, femme du légendaire Ole Einar Bjoerndalen, maintenant détentrice de quatre médailles d’or, un sommet dans cette discipline.

C comme dans la Corée du Sud, qui fut une hôtesse très agréable à côtoyer. Une politesse exemplaire, une organisation de qualité, des restaurants ouverts tard le soir, difficile de demander mieux. 

D comme dans les disqualifications de Charles Hamelin dans ses trois courses individuelles en courte piste. Le relais masculin lui aura permis de quitter PyeongChang avec une médaille de bronze, le sourire et le souvenir d’une belle carrière.

Des trois Alex Québécois présents en Corée du Sud, seul Beaulieu-Marchand, dit ABM, a réussi à grimper sur le podium.

E comme dans Ester Ledecka, la championne du monde de snowboard, qui a causé l’une des plus grandes surprises de l’histoire en remportant le super-G féminin devant les favorites, en plus de gagner l’or du slalom géant parallèle en snowboard

F comme le Français Martin Fourcade, auteur d’un triplé en or en biathlon et maintenant quintuple médaillé d’or olympique. Désolé pour le journaliste du Figaro, en France, qui s’expliquait mal que ce biathlète ne soit pas vraiment connu au Québec.

G comme dans le genou de Philippe Marquis, qui a tenu bon jusqu’en finale malgré une déchirure du ligament croisé antérieur. Il laisse un exemple de courage en héritage. Ou ceux de Kim Lamarre, qui ne savaient qu’elle songeait à poursuivre sa carrière…  Mais, surtout, G comme dans «Gomabseubnida» PyeongChang, merci.

H comme dans Marcel Hirscher, le skieur alpin autrichien qui a poursuivi sa domination des dernières années où il a été six fois de suite champion du Globe de cristal. Il a remporté l’or au super-G et au combiné, mais a raté le triplé en sortant de piste au slalom. Ou comme dans l’équipe de hockey masculin du Canada, qui s’en tire avec une médaille de bronze après avoir perdu en demi-finale contre l’Allemagne.

L'Autrichien Marcel Hirscher a remporté deux médailles d'or, au super-G et au combiné. Sa sortie de piste en slalom l'a privé d'un triplé.

I comme dans Lewis Irving, le jeune sauteur de Charlesbourg, qui a pris part à ses premiers Jeux olympiques en ski acrobatique.

J comme dans Justine Dufour-Lapointe, championne des bosses en 2014 et médaillée d’argent en 2018.

K comme dans Kim Yo-jong, la sœur de Kim Jong-un, qui était la représentante de la Corée du Nord à la cérémonie d’ouverture. On retiendra sa poignée de main avec le vice-président des États-Unis, Mike Pence. 

L comme dans la Ligue nationale de hockey, qui a brillé par son absence pour la première fois aux Jeux après y avoir participé depuis Nagano, en 1998.

M comme dans les menaces de mort à l’endroit de Kim Boutin, médaillée de bronze au 500 m courte piste, qui a dû fermer ses réseaux sociaux le temps que plusieurs partisans d’une patineuse sud-coréenne se calment. La patineuse de Sherbrooke sur courte piste a finalement remporté trois médailles individuelles, une première dans ce sport pour une Canadienne, et a été choisie pour porter le drapeau canadien à la cérémonie de clôture.

La patineuse Gabriella Papadakis a vécu un cauchemar lors du programme court de la compétition de danse alors qu'elle a dû patiner malgré le bris de son costume.

N comme dans la nette domination néerlandaise en patinage de vitesse sur longue piste. Les Pays-Bas ont remporté toutes les distances individuelles chez les dames, à l’exception du 500 m.

O comme dans l’œil au beurre noir de Laurie Blouin, médaillée d’argent en slopestyle malgré une vilaine chute à l’entraînement qui lui aura laissé un autre souvenir olympique.

P comme dans la patineuse artistique française Gabriella Papadakis, médaillée d’argent en danse derrière le couple canadien formé de Tessa Virtue et Scott Moir, impérial avec l’or. Les images ont surtout retenu le bris de son costume, qui a laissé apparaître un sein à la fin du programme court.

Q comme dans les 15 médailles olympiques remportées en carrière par la fondeuse norvégienne Marit Bjoergen, un record dans l’histoire des Jeux d’hiver. 

R comme dans le relais féminin au courte piste, disqualifié au terme d’une course enlevante. Pour la première fois de l’histoire, le carré d’as canadien n’obtenait pas de médaille à cette épreuve.

S comme dans slopestyle, un jeune sport à la mode où le Canada s’est imposé, autant en snowboard qu’en ski, avec une récolte de quatre médailles. On est aussi très fort en ski acrobatique et ski cross, des sports émergents.

T comme dans les tirs de barrage qui ont déterminé l’issue de la finale de hockey féminin, remporté 3-2 par les États-Unis aux dépens du Canada, qui se retrouvait avec l’argent après avoir gagné l’or quatre fois de suite. Jocelyne Larocque, qui avait enlevé la médaille de son cou lors de la remise officielle, a présenté ses excuses au CIO et à l’IIHF le lendemain du match pour avoir agi de la sorte.

La fondeuse Marit Bjoergen est la nouvelle reine des Jeux d'hiver, toutes épreuves confondues. La Norvégienne pourra accrocher 15 médailles olympiques à sa cheminée.

U comme dans l’unification de la Corée du Sud et la Corée du Nord pour former l’équipe de hockey féminin. Reste à voir si les rapprochements dureront ou ne seront qu’un bref épisode entre ces deux pays.

V comme dans le vent qui soufflait tellement fort, par moments, que plusieurs épreuves de ski alpin et de snowboard ont été annulées et déplacées. La finale de slopestyle en snowboard a été particulièrement éprouvante pour les dames à cause des caprices d’Éole.

W comme dans le won coréen, la monnaie locale qui nous permettait de dire qu’on avait payé quelque chose 10 000 dollars, alors que ça valait environ 12 $CAN. Et comme dans le planchiste américain Shaun White, médaillé d’or en demi-lune en 2010, 2014 et 2018.

X comme dans les XIVes Jeux olympiques d’hiver, qui auront lieu à Pékin, également hôte des Jeux d’été en 2008. À moins d’avis contraire, on aura droit à d’autres Jeux sans neige naturelle, comme à PyeongChang, où elle était artificielle.

Y comme dans «y’é quelle heure au Québec?» Le fameux décalage horaire de 14 heures a compliqué notre travail puisque dans la même journée, on pouvait écrire pour le journal du jour et du lendemain, ainsi qu’en temps réel sur nos supports numériques.

Z comme dans Alina Zagitova, cette jeune patineuse artistique de 15 ans qui a remporté la première médaille d’or des «Athlètes olympiques de Russie», connus sous le nom de AOR pendant les Jeux en raison de la suspension de la Russie par le Comité international olympique (CIO) après le scandale de dopage systémique en 2014. Le CIO a d'ailleurs maintenu dimanche l'interdiction pour la Russie de défiler avec ses couleurs et son drapeau à la cérémonie de fermeture.