Matthias Mayer est le premier non-Norvégien à remporter l’or au super-G depuis son compatriote autrichien Hermann Maier à Nagano (1998).

Mayer met fin au règne des Norvégiens au super-G

PYEONGCHANG — L’Autrichien Matthias Mayer a mis fin au règne des Norvégiens au super-G olympique en devançant le Suisse Beat Feuz et le tenant du titre Kjetil Jansrud, jeudi sur la piste de Jeongseon.

Il faut remonter à l’Autrichien Hermann Maier et aux JO de Nagano, au Japon, pour retracer le dernier vainqueur non-norvégien. Les «Attacking Vikings» avaient remporté les quatre dernières courses.

Mayer, titré en descente à Sotchi en 2014, devient au passage le deuxième skieur à avoir remporté l’or olympique dans les deux épreuves de vitesse, avec le Norvégien Aksel Lund Svindal (cinquième jeudi), vainqueur de la descente, mercredi, et du super-G de Vancouver, en 2010.

Neuvième de la descente, Mayer a dompté la piégeuse piste de Jeongseon en 1:24,44, soit respectivement 13 centièmes et 18 centièmes de seconde de mieux que Feuz et Jansrud, sous un grand ciel bleu. Âgé de 27 ans, il compte deux victoires en super-G en Coupe du monde, la dernière à Kitzbühel en janvier 2017.

Discipline d’instinct

Le super-G, comme son appellation l’indique, est un compromis entre la vitesse et le géant, plus rythmé que la descente. C’est la discipline d’instinct, les concurrents ne reconnaissant le tracé que du bord de la piste. C’est un mélange d’étude et d’improvisation, de trajectoires à tenter et de pièges à déjouer. Il exige mémoire visuelle, engagement et précision.

Autant de qualités communes aux Norvégiens. La polyvalence est d’ailleurs leur ADN. Avant de devenir le descendeur de référence des dernières saisons, Svindal a été champion du monde de géant et de combiné, et un slalomeur de bon rang. Jansrud, son cadet de trois ans, présente le même CV. «En Norvège, le super-G est aussi coté que la descente, peut-être plus encore», avait précisé Svindal, plus tôt cette semaine.

Trente ans après la médaille d’argent de son père Helmut à Calgary dans cette même discipline, Mayer a toutefois décidé que le monopole norvégien sur l’or olympique de super-G avait assez duré.