Les parents de Maxence, Suzanne Noël et Alain Parrot, ont fait une surprise à leur fils en apparaissant derrière une porte rouge, samedi soir.

Maxence Parrot, de Pyeongchang à Bromont

C’est grâce à une énorme porte rouge que Maxence Parrot a pu échanger quelques mots en temps réel avec sa famille et ses amis, samedi soir. L’immense écran et la caméra ayant permis la discussion entre l’athlète et ses proches avaient été installés dans le chalet principal de Bromont, montagne d’expériences dans l’optique de surprendre le médaillé d’argent avant son retour au pays. Un moment riche en émotions auquel a pu assister La Voix de l’Est.

La Porte rouge de Canadian Tire effectuait sa dernière apparition officielle dans le cadre des Jeux olympiques ; elle permettra bientôt le rapprochement entre trois athlètes paralympiques et leurs familles. Max Parrot a été le seul athlète québécois choisi pour vivre l’expérience.

Après avoir actionné la sonnette, un membre de l’équipe a ouvert la porte, révélant l’image des pieds à la tête de Max Parrot. Ce n’était pas la première fois que les parents du Bromontois, Suzanne Noël et Alain Parrot, voyaient leur fils au cours des trois dernières semaines, grâce à la technologie ; c’était toutefois la première fois que l’image était aussi grande. Ils lui ont même fait un câlin virtuel, en attendant le vrai.

Alain Parrot a rapidement été ému et a répété à son fils à quel point il avait hâte de le serrer dans ses bras. « Je le prends toujours dans mes bras quand il arrive. On ne sait jamais ce qui peut arriver en compétition, en avion... Et il voyage beaucoup. À chaque fois qu’il part, je veux le voir revenir », confie-t-il entre deux sanglots.

« C’est vraiment touchant de le voir grandeur nature devant nous », ajoute Mme Noël. 

Maxence a d’abord parlé à ses parents, avant que ne se révèlent devant lui sa sœur Naomie, son meilleur ami Jean-Daniel Lessard, sa copine Alysson Gendron-Gallant et leur chien Loup. Ils furent suivis du conseiller municipal Réal Brunelle et du préparateur physique de l’athlète, Yves Mailhot. 

Révélations

L’expérience a tout de même donné lieu à quelques révélations de la part du médaillé olympique, comme la relation privilégiée qu’il entretient avec sa sœur et le défi que se sont donnés son meilleur ami et lui. 

« Depuis deux ans, j’ai vécu des affaires très difficiles et il a été là pour moi, raconte Naomie Parrot en entrevue avec La Voix de l’Est. C’est lui qui m’a ramenée, une chance qu’il était là. Maxence, ça arrive que je l’appelle dans la nuit. Il répond tout le temps. [...] Il est tellement intelligent, mon frère. Il a tellement développé de belles qualités d’aidant. Il réussit tout le temps à avoir les bons mots. »

Jean-David Lessard a aussi vécu ses difficultés. Il a combattu un cancer des ganglions. Leur défi était de réussir tous deux leurs combats respectifs. « Maxence est entouré d’une équipe sportive et moi, quand j’ai commencé mes traitements de chimio, j’étais entouré d’une bonne équipe médicale. À chaque chimio que je faisais, c’est comme si Maxence se battait contre d’autres planchistes. Je ne fais peut-être pas de snow, mais il m’inspire d’une autre façon. J’ai eu beaucoup de traitements et il a toujours su m’encourager. Mon pacte, je l’ai réussi : je suis en rémission. Maxence, qu’il revienne avec une médaille olympique, c’est mission réussie pour lui. »

Suivre Maxence

Les études en kinésiologie d’Alysson Gendron-Gallant ne lui permettent pas de suivre son amoureux partout, mais quand elle le peut, elle l’accompagne dans ses compétitions. Ce sera le cas, dans une semaine, alors qu’elle ira encourager Maxence au US Open, au Colorado. 

Des vacances pour elle, mais pour lui aussi. « Quand on ne peut avoir Maxence à la maison, on amène la maison à Maxence. C’est un peu ma vision des choses. Je pense que ça le détend. C’est dur de toujours voyager seul, donc ça lui fait du bien quand je viens avec lui », dit la jeune femme.

Il est plutôt rare que Maxence s’absente trois semaines. « Des voyages de trois semaines, j’en ai fait beaucoup dans mes débuts, mais depuis trois ou quatre ans, c’est rare, explique le principal intéressé. Normalement, je fais une semaine, maximum deux et je reviens au Québec. À force de voyager, tu te rends compte à quel point la maison c’est bien, à quel point t’aimes le monde autour de toi. Mais une fois aux quatre ans, ça ne me dérange pas. »

Aux Jeux de Sotchi, il n’était resté que pour la première semaine de compétition. Cette fois-ci, la compétition du grand saut (big air) a prolongé son séjour, lui permettant du coup de participer à la cérémonie de clôture, dimanche.

AUCUN REGRET

Même s’il a encore un peu de mal à digérer le dénouement de la compétition du grand saut (big air), Maxence Parrot ne regrette pas du tout d’avoir pris le risque d’exécuter un saut difficile à deux reprises, vendredi. 

« C’est sûr que c’est frustrant de ne pas avoir réussi à atterrir mes deux dernières descentes parce que je savais que je pouvais aller chercher l’or, a-t-il raconté en mêlée de presse. J’ai réussi plein de fois ce saut-là en entraînement. Je me suis dit que, vu que j’avais déjà une médaille d’argent, je pouvais me permettre d’y aller le tout pour le tout. C’est certain que si je n’avais pas eu ma médaille en slopestyle, je n’aurais pas joué mes cartes ainsi vendredi. »

L’état de la piste a changé entre les entraînements et la grande finale, ce qui a pris par surprise plus d’un planchiste. La neige mouillée s’est solidifiée lorsque le ciel s’est couvert. « Il y avait beaucoup plus de vitesse qu’en pratique et beaucoup d’entre nous ont eu de la misère à bien gérer cette vitesse. C’est pour ça que je suis tombé les deux dernières fois. »

Le changement de degré de la piste l’a aussi surpris, mais il assure que cette modification de dernière minute n’a pas influencé sa performance.

Le soutien de sa famille, de ses proches, mais aussi de tous ceux qui l’ont encouragé dans les trois dernières semaines l’ont aidé à canaliser son énergie en haut de la rampe. 

« J’ai pensé à tout le monde qui était au Edgar hyperlodge en train de me regarder. J’avais vu des vidéos quelques minutes avant, les messages que les gens m’envoyaient. C’est quelque chose de motivant de voir que tout ce monde-là me supporte. Juste en pensant à eux, mes épaules ont descendu et le stress est parti. »

D’ailleurs, il remarque une différence entre ses premiers jeux, à Sotchi, et ceux qui viennent de se conclure. « À Sotchi, j’étais un gars plus fermé, très concentré sur ses affaires. Maintenant, je suis plus ouvert, j’apprécie plus tout ce qui arrive dans ma vie. J’ai plus apprécié ces jeux-là, surtout du fait que j’ai été là pendant trois semaines. J’ai pu regarder d’autres compétitions, j’ai connu plus de monde. »