Les meneuses de claque envoyées aux JO par la Corée du Nord sont suivies par... un chaperon et de nombreux de journalistes sud-coréens qui observent leurs faits et gestes.

Les meneuses de claque nord-coréennes loin de faire l'unanimité

GANGNEUNG — Avec leurs uniformes et leurs chorégraphies, elles sont l’une des curiosités des Jeux de PyeongChang. Mais le sourire de papier glacé des meneuses de claque du Nord suscite aussi le malaise au Sud, comme pur produit de la dictature.

Âgées de plus ou moins 20 ans et choisies au sein des universités d’élite du pays après des vérifications poussées sur leurs antécédents, elles sont une force centrale de l’offensive de charme lancée par la Corée du Nord à l’occasion des JO d’hiver.

Après près de sept décennies d’évolution totalement séparée des deux côtés de la zone démilitarisée, les Nord-Coréens sont des objets de fascination au Sud. Mais pour beaucoup de Sud-Coréens, il y a quelque chose de dérangeant dans les mouvements presque mécaniques des 200 meneuses de claque du Nord.

On les a vues samedi, toutes de rouge vêtues, lors de la raclée (8-0), infligée par les hockeyeuses suisses à l’équipe unifiée de Corée, applaudir et encourager à l’unisson dans des chorégraphies au millimètre. «Nous nous ressemblons, mais je me sens mal parce qu’elles n’ont aucune liberté», confiait Kim Jung-ah, une étudiante de 22 ans, lors de ce match historique.

«Je crois qu’elles sont très différentes», ajoutait son amie Lee Eun-mi. «On dirait des robots.» Noh Seung-Hyuk, un employé de bureau de 29 ans, ne cache pas son malaise face à leur froideur. «Bien sûr, c’est bien de les voir, mais elles me font froid dans le dos. Elles semblent tellement distantes.»

Rares échanges

Depuis leur arrivée au Sud la semaine dernière, les jeunes Nord-Coréennes évoluent sous étroite surveillance. Elles sont toujours en groupe en présence d’un chaperon et on les voit rarement échanger avec les Sud-Coréens.

Mardi, elles sont sorties en rang deux par deux au milieu d’une foule de journalistes pour une promenade sur la plage Gyeongpo de Gangneung, ville de l’est où ont lieu les épreuves sur glace. Aux Sud-Coréens qui leur adressaient des messages de bienvenue, elles ne répondaient pas, se contentant d’un sourire timide et d’un geste amical de la main.

«L’Armée de beautés», comme la surnomme la presse sud-coréenne, est constamment traquée par un escadron compact de journalistes sud-coréens, dont certains campent à l’extérieur de leur hôtel pour ne rater aucun cliché. Tout est documenté, de leur jogging matinal à la façon dont elles repassent leurs habits.

C’est la quatrième fois que les pom-pom girls se rendent au Sud. Et force est de reconnaître que la «magie» opère moins qu’avant, sans doute parce que personne au Sud n’a oublié les menaçants essais nucléaires et tests de missiles effectués depuis 2016 par Pyongyang.