La capitaine Marie-Philip Poulin, tente de réconforter Meghan Agosta (à gauche) après la défaite de 3-2 du Canada en tirs de barrage en finale du tournoi olympique de PyeongChang, jeudi.

Larmes d'argent pour l'équipe féminine canadienne

GANGNEUNG — La finale de hockey féminin a offert au monde un autre très grand moment de sport, jeudi, entre le Canada et les États-Unis. Après quatre conquêtes d’affilée, l’équipe canadienne s’est retrouvée du mauvais côté de l’histoire en s’inclinant 3-2 en tirs de barrage. Pendant que les Américaines savouraient leur revanche, leurs rivales versaient des larmes d’argent.

Le Canada avait remporté la médaille d’or aux Jeux olympiques de 2002, 2006, 2010 et 2014. Il s’agissait du troisième duel d’affilée dans le match ultime entre ces deux puissances mondiales.

«Il s’agit de la défaite la plus difficile de toute ma carrière», admettait Marie-Philip Poulin, de Beauceville. Elle avait donné les devants 2-1 à son équipe en deuxième période, une avance qui a tenu jusque tardivement en troisième période.

Puis, les jumelles Lamoureux, dont le grand-père était d’origine canadienne, ont pris les choses en mains pour les États-Unis. Monique a d’abord créé l’égalité 2-2 avec moins de sept minutes à faire, ce qui a forcé la prolongation. Et après 20 passionnantes minutes d’impasse en prolongation, Jocelyne a déjoué d’une brillante façon la gardienne Shannon Szabados dans la sixième ronde des tirs de barrage, but qui allait faire la différence puisque le Canada n’a pas réussi à trouver le fond du filet à sa dernière chance. 

L'arrière Lauriane Rougeau, au centre, réconforte l'attaquante Rebecca Johnston, à droite, après la défaite canadienne en finale du tournoi de hockey féminin des Jeux de PyeongChang, jeudi.

Pendant que les Américaines fêtaient sur la glace sur l’air de Born in the USA, les Canadiennes étaient abattues, immobiles à leur banc jusqu’à la remise des médailles. Dans l’attente, Poulin jouait son rôle de capitaine jusqu’à la fin et enlaçait chacune de ses coéquipières.

«Comme équipe, on était tellement proche. On a donné tout ce qu’on avait, c’est difficile à avaler, présentement. Mais lorsqu’on fera un pas de recul, on verra à quel point on a défendu l’honneur du pays avec fierté. On va réaliser ce qu’on a fait. Pour l’instant, il y a beaucoup d’émotions, surtout de la tristesse. Perdre de cette façon, c’est dur», ajoutait Poulin, qui a trouvé le fond du filet dans une troisième finale olympique d’affilée.

La défenseure ontarienne Jocelyne Larocque n’a pas voulu porter la médaille d’argent, contrairement aux autres joueuses de l’équipe. Pour l’heure, elle représente la défaite, un mauvais souvenir.

«Ça va prendre du temps avant que cette médaille prenne de la valeur. Il s’agit d’une médaille olympique, mais dans le hockey féminin, tu veux la médaille d’or», indiquait Poulin, triple médaillée olympique.

L'attaquante américaine Hilary Knight célèbre après avoir marqué un but en première période de la finale de hockey féminin des Jeux de PyeongChang, jeudi.

Nommée joueuse par excellence et dans l’équipe d’étoiles du tournoi, Mélodie Daoust était aussi triste du résultat. «C’est une défaite crève-cœur. Ça fait mal, ce n’est pas vraiment la médaille qu’on voulait. Ce n’est pas un moment que personne veut vivre, ça fait mal, ça t’atteint droit au cœur. On se sent comme les Américaines se sentaient lors des derniers Jeux, alors que nous, on était du bon côté, mais pas cette fois-ci.»

Le Canada devra patienter quatre ans avant d’essayer de reprendre son titre. «Lorsqu’on a gagné l’or, on veut l’avoir encore. Pendant quatre ans, c’est tout ce qui compte. Je suis sûre qu’elles ont utilisé leurs défaites contre nous pour se motiver, pour être affamées. On va se souvenir à quel point c’est décevant de se retrouver dans cette position, et on va revenir plus fortes», jurait l’attaquante Natalie Spooner.