«La principale raison pourquoi j’aimerais avoir une place au panthéon, c’est pour que le monde entier sache qu’il y a déjà eu du baseball en français», explique Jacque Doucet.

Prix Ford C. Frick: Jacques Doucet n'a plus d'attentes

«Je suis flatté, mais je n’y crois plus vraiment. Disons que je ne resterai pas assis à côté du téléphone, le 11 décembre, pour savoir si le panthéon m‘attend…»

Jacques Doucet est à nouveau en lice pour l’obtention du prix Ford C. Frick, remis à un commentateur pour sa contribution exceptionnelle au monde du baseball. Un prix qui ouvre rien de moins que les portes de Cooperstown.

« Ça doit faire une dizaine de fois que je suis en lice et que je passe à côté, raconte le Granbyen d’origine. Alors, je n’ai pas d’attentes, je n’ai plus d’attentes. Mais ça fait plaisir de voir qu’on pense encore à moi toutes ces années après le départ des Expos… »

Jacques Doucet a été la voix des Expos. Celui qu’on a écouté décrire les exploits des Rusty Staub, Gary Carter et Vladimir Guerrero le jour, le soir, le printemps et l’été représente l’histoire de l’équipe au même titre que les plus grands qui ont porté l’uniforme des Z’Amours.

« La principale raison pourquoi j’aimerais avoir une place au panthéon, c’est pour que le monde entier sache qu’il y a déjà eu du baseball en français. Pour moi, c’est important. Mais ce n’est pas moi qui décide… »

Un vote populaire a déjà permis à Doucet de se retrouver tout près de Cooperstown. C’est un comité qui décide maintenant de l’identité du récipiendaire. Parmi les autres candidats, il y a Pat Hughes, du réseau des Cubs, Mike Shannon, du réseau des Cards, et Ken Harrelson, longtemps associé au réseau des White Sox.

« Je connais très bien Mike, un bon copain. À l’époque où j’allais à St. Louis et qu’il possédait un restaurant, j’allais toujours manger chez lui. Quand les Cards étaient en ville, on passait aussi toujours du temps ensemble. C’est un grand monsieur. »

S’il ne reçoit pas le prix Ford C. Frick, Doucet sera à nouveau éligible à la récompense dans trois ans.

« Je vais avoir 80 ans bientôt. Être honoré à titre posthume, ça ne m’intéresse pas! »

Tout de même, l’homme a été honoré une fois et puis une autre au fil des ans. Il vient d’ailleurs d’apprendre qu’il fera partie d’une édition spéciale du fabricant de cartes sportives Topps en qualité de personnage qui a marqué le baseball à l’extérieur du terrain.

« Au début, je croyais que c’était une blague. Mais c’est bien vrai. Ça aussi, c’est flatteur. »

Montréal… et la garde partagée

Bien sûr, on ne peut pas jaser à Jacques Doucet sans lui parler du retour éventuel du baseball à Montréal. Et cette histoire de possible garde partagée des Rays de Tampa Bay l’intrigue, il l’avoue.

« On est encore loin de la réalisation du projet, car les autorités de la ville de St. Petersburg, où jouent les Rays, ont déjà affirmé qu’ils étaient contre l’idée. Mais en soi, c’est un premier pas vers un retour possible du baseball majeur chez nous. Dans le fond, quand je regarde ça, je me dis qu’on a le choix de voir le verre à moitié plein ou à moitié vide quand on parle de garde partagée… »

Et, si vous voulez le savoir, il n’a pas été ému par le triomphe des Nationals de Washington, les anciens Expos.

« Non, ce n’est pas venu me chercher du tout. C’est une belle équipe, ils méritaient de gagner, mais il ne reste plus grand-chose des Expos à Washington. Là, il faut regarder en avant, pas en arrière. »