Le gardien vedette du CH, Carey Price, devrait recevoir beaucoup de rondelles cette saison.

Prédictions 2018-2019 pour le CH

Tous les vieux sages que j’ai côtoyés durant mes nombreuses années dans le hockey disaient toujours que dans le sport, il n’y a que deux choses que tu peux vendre à tes partisans « des victoires ou de l’espoir, that’s it !»

Le problème avec le Canadien depuis quelques années, c’est qu’il n’a été capable de vendre ni l’un ni l’autre. Pas assez bons pour se maintenir près du sommet du classement et trop de mauvais choix au repêchage pour espérer voir la lumière au bout du tunnel...

Mais du côté du directeur général Marc Bergevin, on espère qu’à défaut de gagner maintenant, on le fera d’ici trois, quatre, voire cinq ans, d’où la mise en place de son «virage jeunesse». De son reset, comme il l’appelle.

Après le bilan de la dernière saison, où Bergevin déplorait un problème d’attitude dans sa formation. Il semble que l’équipe en ait fait sa priorité. On a pu en observer les effets lors du dernier camp d’entraînement et dans les premiers matchs de la saison.

Seule une bonne attitude fait remporter des matchs et ça, l’instructeur-chef et ses adjoints semblent en être bien conscients. On constate déjà qu’ils ont ajusté le système de jeu de façon à ce que la formation affiche plus de vitesse, passe la rondelle plus rapidement, et ce, dans le but évident qu’elle se retrouve moins souvent dans sa zone défensive.

Et pour s’assurer que tous les joueurs soient sur la même page, qu’ils soient développés au sein de la même «culture d’organisation», on a poussé l’audace jusqu’à leur faire porter un t-shirt sur lequel était écrit en grosses lettres Attitude is everything! (L’attitude est tout ce qui importe!)

À mots couverts, on espère chez les dirigeants que ce slogan remplacera le célèbre No Excuses! (Pas d’excuses!) lancé par Michel Therrien il y a quelques années... sans obtenir de grands succès, il va sans dire.

Le passé pas toujours garant de l’avenir

Mais avant de penser aux années 2020, il faut regarder ce que l’on a sous la main cette saison. Bien entendu, si l’on veut obtenir un minimum de succès en 2018-2019 (je dis bien un minimum, car vous verrez, je ne suis pas très optimiste, même si le club a bien fait lors de ses deux premiers matchs…), tout commence par la tenue de Carey Price. Il doit rebondir après avoir connu une très mauvaise saison l’an dernier.

S’il est en forme, tant physique que mentale, il peut être l’un des meilleurs, sinon le meilleur du circuit. Le problème, c’est qu’avec une défensive aussi poreuse, il verra ses adversaires lui mettre beaucoup de pression. Carey devrait donc être souvent laissé à lui-même...

D’autre part, je crois pertinemment que si nous avons atteint le fond du baril, c’est que Bergevin a trop souvent répété les deux mêmes erreurs depuis son arrivée: celle d’avoir trop souvent surévalué sa formation et celle d’avoir accepté, lors des séances de sélection, de se faire vendre des châteaux en Espagne par son recruteur-chef Trevor Timmins.

Un des plus gros manques du Canadien présentement est de ne pas pouvoir compter sur assez de joueurs dominants âgés de 21 à 27 ans au sein de son alignement. C’est ce qui se produit généralement lorsqu’année après année tu repêches mal. Repêchés de 2009 à 2013, aucun des cinq jours suivants — tous des choix de première ronde —, ne fait actuellement partie du grand club eux, qui pourtant, devraient en constituer le noyau: Louis Leblanc (2009), Jarred Tinordi (2010), Nathan Beaulieu (2011), Alex Galchenuyk (2012) et Michael McCarron (2013).

Pire encore, lors de la seule séance de sélection de 2013, le CH a parlé à six reprises à l’intérieur des trois premières rondes. Et ce qui était supposé devenir une excellente récolte s’est encore une fois transformé en cauchemar, courtoisie de Timmins et de sa bande, l’ailier Artturi Lekhonen étant le seul du lot à pouvoir se vanter d’occuper une place de choix dans l’alignement de la Sainte Flanelle.

Mais la même question demeure toujours: pourquoi confie-t-on à Trevor Timmins le soin de reconstruire l’équipe, alors que son groupe de recruteurs et lui ont maintes fois prouvé leur incompétence?

On peut, à tout le moins, vivre d’espoir car la ligne de centre devrait être composée d’ici trois ou quatre ans des Jesperi Kotkaniemi, Ryan Poehling et Nick Suzuki, qui semblent posséder un certain talent.

Remarquez que l’on disait la même chose à propos d’Alex Galchenyuk il y a quatre ans. Alors peut-on en être certains?

Avant le futur, il y a le présent

Vivre d’espoir, rien de plus légitime. Par contre, il y a aussi le «maintenant», c’est-à-dire de devoir disputer 82 matchs en 2018-2019.

En jetant un coup d’œil à l’alignement actuel du CH, on constate qu’il est rempli de points d’interrogation, en commençant par la ligne de centre. S’ils faisaient partie d’une équipe championne, des joueurs tels que Danault, Plekanec, De La Rose, Peca et Kotkaniemi ne pivoteraient qu’un troisième ou un quatrième trio.

La preuve en est que les quatre premiers mentionnés ont joué, en 2017-2018, un total de 194 matchs, mais n’ont compté que 20 petits buts à quatre, soit une moyenne de cinq buts chacun.

Vous conviendrez donc que nous sommes très loin des lignes de centre de Pittsburgh, Toronto, Tampa Bay et Washington, des équipes qui compétitionnent avec nous au sein de la même conférence pour se faire une place en séries.

D’ailleurs, parlant des séries, la très grande majorité des équipes qui y ont accédé depuis 2012 l’ont fait en marquant pas moins de 250 buts par saison. L’an dernier, le Canadien en ont compté exactement 209, et ce, en ayant Max Pacioretty et Galchenyuk dans ses rangs, tous deux échangés depuis.

Et vous savez comme moi qu’un club qui ne marque pas de buts voit ses adversaires mettre énormément de pression sur sa défensive. Encore là, sans leur nouveau capitaine Shea Weber — qui, espère-t-on, effectuera un retour en décembre — on envoie dans la fosse aux lions les jeunes Victor Mete, Mike Reilly, Noah Jullsen, eux qui ne sont pas aptes à occuper un poste au sein des trois premiers défenseurs d’une équipe «décente».

Voilà toutes les raisons pour lesquelles je ne peux faire mieux que de prédire au Canadien une sixième place dans la division Atlantique. Le Tricolore devrait vraisemblablement rater les séries pour une deuxième année consécutive, une première depuis 2000-2001.

Luc Proulx

ON EN JASE AUTOUR D'UN BON CIGARE

Félicitations à toute l’équipe de baseball des jeunes Spartiates pee-Wee B de Farnham, qui a très bien figuré au sein de son circuit grâce à une fiche en saison régulière de 16 victoires, 2 défaites et 2 verdicts nuls. La troupe de l’entraîneur-chef François Brisson (Productions Fanfreluc) pouvait non seulement compter sur les services d’un adjoint exceptionnel en la personne de Luc Proulx (une légende du baseball amateur au Québec qui a déjà agi, notamment, comme instructeur-chef des Aigles de Trois-Rivières et des Cascades de Shawinigan au niveau junior élite),, mais aussi sur une défensive étanche (plus de 20 double jeu ont été réalisés cette saison !) et un personnel de lanceurs fiables. De plus, quelques gros canons en attaque ont aidé la formation à atteindre les championnats régionaux grâce à un cumulatif de six victoires et aucune défaite en séries. Parmi ceux-ci, on compte les Zack Beauregard, Olivier Proulx, Loïc Caza, Léo-Paul Bonvouloir, Émile Lemay-Gervais et Phil Brais, pour ne nommer que ceux-là.

Bref, il semble y avoir tout un potentiel à développer à Farnham…