Danny Gélinas
Une nouille à piscine autour du drapeau empêchera les golfeurs de mettre leur main dans le trou.
Une nouille à piscine autour du drapeau empêchera les golfeurs de mettre leur main dans le trou.

Pourquoi pas le golf ? (2e partie)

CHRONIQUE / Tel que convenu avec vous la semaine dernière, je vous reviens avec la deuxième partie de deux chroniques consacrées au début de la saison de golf en ces temps de COVID-19.

Si dans l’industrie on s’active sans trop faire de bruit malgré des effectifs réduits, les amateurs, eux, n’attendent que le signal du départ.

Toutefois, il est à noter que les différents clubs ont reçu dernièrement un bon coup de pouce de la part du gouvernement du Québec, car celui-ci a repoussé du 13 avril au 4 mai la date limite pour compléter leur préparation printanière, du moins pour ceux étant en mesure de le faire.

Car bien entendu, ce ne sont pas tous les clubs du Québec qui vivent les mêmes réalités. Comme me le disait dernièrement un intervenant, « si ce n’était pas du coronavirus, je pense que notre terrain serait déjà ouvert ! Par contre, quand je parle à des collègues de Québec ou du Bas-du-Fleuve, ils ne sont même pas prêts d’ouvrir au moins avant le 30 mai : ils ont encore 4 pieds de neige au sol ! »

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Greg Parham, professionnel en titre du Windsor Parke Golf Club de Jacksonville, est d’avis qu’avec des mesures très strictes, le golf peut très bien se pratiquer en ces temps de COVID-19.

Que vous soyez sportifs et sportives ou non, convenons ensemble d’une chose : une fois passée cette période consacrée à combattre ce satané virus, plus rien ne sera pareil et évidemment le monde du golf n’y échappera pas.

Par contre, malgré le fait que les habitants de certains États occidentaux soient confinés tout comme nous, il y en a qui ont présentement la chance de pratiquer ce sport tout en s’astreignant à certaines mesures des plus strictes. 

C’est ainsi qu’au cours des derniers jours, je me suis notamment entretenu avec des gens de mon club fétiche, le Windsor Parke Golf Club de Jacksonville, ainsi qu’avec un de mes anciens collègues du monde du hockey qui profite d’une retraite bien méritée en foulant quotidiennement les allées du Croasdaile Country Club de Durham en Caroline du Nord. 

Tous deux m’ont fait état de certaines nouvelles règles qui, selon eux, font l’unanimité chez les amateurs. Comme me le disait le bon vieux Terence « Terry » Lynch, « les clubs n’avaient pas le choix d’établir de nouvelles règles avec tout ce qui peut se propager. C’est une question de gros bon sens ! À la fin de la journée, quand tu regardes ça de plus près, tu te dis que tu as deux choix : tu t’y conformes ou tu laisses ton sac dans ton locker au club pendant trois mois. Et pour avoir joué la game avec ces nouvelles règles depuis environ une quinzaine de jours, je peux te dire qu’au niveau des golfeurs de tous les jours, il n’y a pas beaucoup de changements. Toutefois, je verrais mal des professionnels jouer avec des nouilles de piscine tout autour des drapeaux, comme certains parcours le font ici dans le sud des États-Unis », de m’expliquer cet ancien recruteur de la Ligue junior de l’Ontario durant les années 90. 

Quelles sont donc les nouvelles mesures qui y sont dorénavant appliquées et dont le golf québécois pourrait s’inspirer ?

Comme l’expliquait par courriel mon ami Greg Parham, directeur des opérations golf et professionnel au Windsor Parke de Jacksonville, « la situation évoluant de jour en jour, nous n’avons pas le choix de nous ajuster. Tout d’abord, étant donné que notre préoccupation première est la sécurité tant de nos employés, de leurs familles ainsi que de celle de tous nos membres et clients, nous essayons d’éliminer le plus de contacts physiques possibles entre nous en pratiquant les principes de distanciation sociale ». 

« Premièrement, nous n’acceptons que les paiements par carte de crédit. Nous offrons aussi des tarifs réduits pour nos golfeurs qui préfèrent marcher. »

« Jusqu’à ce que la situation soit redevenue à la normale, nous ne dispenserons d’aucun service en ce qui a trait au nettoyage des bâtons et des souliers, à notre cantine sur le parcours ainsi qu’à notre service de restauration. Les gens doivent donc prévoir le coup en apportant avec eux leur propre goûter, à la seule condition que celui-ci ne contienne aucun breuvage alcoolisé. »

« À noter que nous avons dû aussi reporter tous nos « Mercredis des seniors », puisque par ordre de l’État de la Floride, toutes les personnes âgées de 65 ans et plus doivent demeurer à la maison. »

« Quant au déroulement de la partie, nous avons tout d’abord enlevé les râteaux de toutes nos trappes de sable, avec la conséquence que nous avons une nouvelle règle locale : lorsque vous vous y retrouvez, vous devez prendre votre la balle dans vos mains et la replacer à votre guise, et ce, sans vous rapprocher du trou. »

« En tout temps, les drapeaux doivent demeurer à l’intérieur des trous, qui sont non seulement surélevés de ¾ de pouce, mais sont entourés d’une nouille à piscine. De cette manière lorsque la balle touche la nouille, votre trou est terminé. Vous n’avez donc pas à aller y chercher votre balle.

« À moins d’être accompagné de son conjoint ou de sa conjointe, il n’y a qu’une seule personne par voiturette électrique et les contenants de sable, les paniers et les petits coolers ont été retirés de celle-ci. »

« Finalement, seule la boutique du pro est ouverte aux joueurs et elle est munie de deux terminaux PayPass. Afin de limiter les contacts, la porte doit demeurer ouverte toute la journée tandis que les réservations de départ doivent se faire uniquement par téléphone ou par Internet. »

Toutes ces mesures, quoique quelque peu astreignantes, permettent aux différents clubs d’opérer tout en permettant aux golfeurs de s’adonner à leur sport favori. Comme dirait l’autre, une situation « win-win ». Ne reste plus à nos gouvernements à agir et de permettre la pratique du golf.