Ce contenu vous est offert gratuitement, il ne vous reste plus de contenu à consulter.
Créez votre compte pour consulter 3 contenus gratuits supplémentaires par jour.
Ce golfeur a disputé mardi sa dernière ronde sans porter le masque.
Ce golfeur a disputé mardi sa dernière ronde sans porter le masque.

Port obligatoire du masque au golf: «On joue sur notre moral»

Michel Tassé
Michel Tassé
La Voix de l'Est
Article réservé aux abonnés
«C’est un choc! On va se le dire, c’est un choc. Mais il faut se rappeler qu’on demeure privilégiés d’être en opération dans les circonstances…»

Le mot «choc» revenait souvent mardi après-midi alors que les gens de l’industrie du golf de la région réagissaient à la nouvelle qui venait de tomber : le port du masque est dorénavant obligatoire sur les parcours.

«On comprend difficilement, mais on encaisse le coup et on se dit que ça doit être la chose à faire, a expliqué Serge Nadeau, propriétaire du club Les Cèdres. On s’entend que la troisième vague prend de l’ampleur et qu'il vaut mieux prévenir que guérir. Mais ce n’est pas la meilleure des nouvelles pour nous, c’est clair…»

Les clubs de golf de la région ont ouvert tôt cette année dans la région. Aux Cèdres, Nadeau parle d’un début de saison inespéré. «C’est pas compliqué, on est en feu!», a-t-il lancé.

Mais voilà, les dernières nouvelles risquent de faire mal.

«Ce n’est pas une bonne nouvelle, pas du tout!, a enchaîné Martin Ducharme, directeur général du Club de golf Château-Bromont et président de l’Association des clubs de golf du Québec. Mais la réalité, la plate réalité, c’est qu’on n’a pas le choix. Ce n’est pas notre décision, c’est celle de la Santé publique.»

Mardi après-midi, Ducharme avait déjà commencé à recevoir des bêtises de la part de golfeurs frustrés.

«Les dirigeants, nous ne sommes que les messagers, les pauvres messagers. Ne tirez pas sur le messager, qu’ils disent. Je comprends la mauvaise humeur des golfeurs, mais il faut appliquer les règles qu’on nous impose.»

Un appel à la responsabilité

Il espère que la clientèle se conduira de façon responsable.

«Il va y avoir plein d’affiches au club qui vont rappeler aux gens qu’ils doivent porter le masque en tout temps sur le parcours. On va partager l’info plus que pas assez, c’est clair. En même temps, on ne jouera pas à la police non plus, on ne commencera pas à se promener partout pour voir si les golfeurs ont toujours leur masque dans le visage. Il va falloir se fier minimalement au sens civique des gens…»

Ducharme est convaincu que l’industrie va souffrir de la dernière décision de la Santé publique.

«Il y a des golfeurs qui vont rester chez eux, c’est certain. On va en payer le prix, c’est évident. En même temps, j’ai envie de dire à ceux qui ont envie de bouder : ‘'Le ministre Dubé a dit que le 24 juin, tout le monde aura reçu sa première dose du vaccin. Il faut s’accrocher et se dire que le meilleur s’en vient vraiment’'.»

Quelques golfeurs croisés mardi après-midi n’avaient pas envie de rigoler. Comme Éric Tremblay, de Granby.

«Moi, je travaille à la journée longue avec un masque dans la face. Est-ce que j’ai le droit d’avoir un p’tit break quand je joue au golf? Même pas! On joue vraiment sur notre moral…», a-t-il exprimé.

Les nouvelles mesures s’adressent essentiellement à ceux qui se rendent à leur club préféré et qui n’habitent pas à la même adresse. Deux personnes vivant ensemble, par exemple, pourront jouer sans porter le masque.

«La vie de couple des gens en sera peut-être favorisée», a conclu Serge Nadeau en forçant un sourire.