Steve Poirier est dans une classe à part.

Poirier… pour la 10e fois!

Steve Poirier a démontré une nouvelle fois qu’il était dans une classe à part, vendredi soir, alors qu’il a remporté une 10e victoire en carrière en série Empire Super Sprints à l’Autodrome Granby.

Poirier talonnait Shawn Donath, premier avec 10 tours à faire sur 25, lorsque l’Américain a été victime d’un bris mécanique. Le pilote de Belœil s’est alors retrouvé premier et il n’a plus jamais regardé derrière lui par la suite.

À l’arrivée, Poirier a eu le meilleur sur Matt Tanner, Jason Barney, meneur au championnat, le Trifluvien Alex Vigneault et Matt Billings.

Le Saint-Pien Dale Gosselin, vainqueur à Granby il y a deux ans, a fini 12e. Son beau-père Alain Bergeron, premier Québécois à avoir été couronné champion en ESS, a terminé 24e et dernier, victime qu’il a été d’une voiture qui en arrachait.

« La piste était collante, ça roulait très vite, mais je ne sais pas si j’aurais gagné n’eût été de la malchance survenue à Shawn, a expliqué Poirier. Parfois, ça prend de la chance. Et ce soir, j’en ai eu. »

Poirier, qui avait connu du succès en modifié à Granby avant de se lancer en sprint car, est très populaire chez nous. Et il a eu droit à une belle ovation au sortir de sa voiture.

« Granby, c’est toujours l’fun. Les gens sont toujours là et ils sont enthousiastes, ce qui n’est pas toujours le cas aux États-Unis. »

Poirier est deuxième au championnat des ESS. Pas trop mal pour un pilote qui, encore cette année, n’a pas participé à toutes les épreuves.

« Je m’amuse encore, c’est clair », a-t-il conclu.

La visite des bolides de la série Empire Super Sprints est toujours gage d’une bonne foule. Vendredi, ils étaient bien au-delà de 4000 dans les gradins.

Bernier… presque champion
Steve Bernier s’est pour sa part ni plus ni moins assuré du championnat en modifié lorsqu’il a remporté la finale de 40 tours de la classe reine de l’Autodrome. Il s’agissait de sa deuxième victoire de la saison.

Bernier détenait une avance de 93 points sur Steve Bernard, qui a fini troisième vendredi derrière David Hébert, avant le début de la soirée. Même si le Granbyen récoltait les 100 points octroyés au vainqueur la semaine prochaine, le Maskoutain sera couronné champion aussitôt qu’il embarquera dans sa voiture.

« Ça enlève du stress, c’est évident, a expliqué Bernier. On a travaillé fort tout l’été, j’ai été régulier tout l’été, et ça rapporte. »

Bernard, lui, ne perdra pas tout. Samedi, il devrait mettre la main sur le championnat au RPM Speedway, ce qui constituerait son deuxième titre d’affilée à Saint-Marcel-sur-Richelieu.

MARTIN ROY S'EST SACRIFIÉ POUR SON FILS

Martin Roy n’aura finalement jamais couru en modifié avec son moteur W16 cette saison. Une déception pour le pilote, pour le promoteur Dominic Lussier ainsi que pour les amateurs.

Après avoir été retardé d’une semaine, puis d’une autre, le retour de Roy, ex-champion sur terre battue et ex-coureur en NASCAR au Canada comme aux États-Unis, a finalement été annulé. La raison ? L’homme a tout simplement décidé de se sacrifier au profit de son fils Jérémy, qui court en sportsman.

« Le soir de la visite des gros blocs, la voiture de Jérémy a subi d’importants dommages à la suite d’un accident, a expliqué le paternel, vendredi en fin d’après-midi, dans les puits. En fait, on parlait de dommages supérieurs à 12 000 $. On aurait pu acheter un nouveau bolide, mais ça aurait pris des semaines à le préparer. J’ai donc décidé, question de sauver la saison de mon fils, de prendre le moteur de sa voiture et de le mettre dans la mienne. Ça a sonné le glas de mon retour, mais je ne regrette rien, car la carrière de Jérémy est maintenant plus importante que la mienne. »

Bien sûr, le geste honore Martin Roy.

« Est-ce que c’est partie remise seulement ? Je ne sais pas. J’ai vu, au cours des derniers mois, que le moteur W16 était effectivement prometteur, mais qu’il manquait clairement de puissance. Je roulerai avec un W16 la saison prochaine si le poids d’un modifié équipé d’un W16 est réduit de 100 livres. Moins que ça, ça ne vaut pas la peine… »

Mis au courant de la déclaration de Roy, Dominic Lussier a souri.

« J’ai un voyage en Floride de prévu avec Martin au cours de l’hiver. On va en discuter, on va en discuter comme il faut… »

Roy a néanmoins l’impression d’avoir fait sa part à sa façon cette saison.

« Après qu’il a été annoncé que j’effectuais un retour avec un moteur W16, il y a eu un petit buzz. L’équipe de David Hébert s’est acheté un W16 alors que celle de Steve et François Bernier a de l'intérêt. Ça fait son chemin, mais ça va en prendre plus pour convaincre l’ensemble des pilotes d’acheter un W16, aussi économique soit-il... »

Bref, ça va discuter fort en Floride.