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«Le magicien de Rouyn» a certainement livré la marchandise à Granby, lui qui a connu des saisons de 114 puis 154 points dans l’uniforme des Bisons.
«Le magicien de Rouyn» a certainement livré la marchandise à Granby, lui qui a connu des saisons de 114 puis 154 points dans l’uniforme des Bisons.

Pierre Turgeon, le premier de classe

Jonathan Gagnon
Jonathan Gagnon
La Voix de l'Est
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Après celui qui allait devenir l’un des meilleurs gardiens de l’histoire en Patrick Roy, Granby a accueilli un futur premier choix au total dans la Ligue nationale. Pierre Turgeon a régalé les partisans des Bisons durant deux saisons, entre 1985 et 1987, avant de prendre son envol chez les pros.

« J’ai adoré mon passage à Granby. J’ai eu bien du plaisir, que ce soit dans ma famille de pension ou avec mes coéquipiers de l’époque. On avait une bonne équipe, c’était très plaisant. Ça a été de très belles années », a raconté l’homme de 51 ans en entrevue avec La Voix de l’Est.

« C’est sûr que mon statut venait avec une certaine pression, mais au final, j’aimais simplement jouer au hockey. Une fois sur la glace, je me mettais dans une bulle. Je me concentrais sur ce que je pouvais vraiment contrôler. »

« Le magicien de Rouyn » a certainement livré la marchandise. D’abord choisi au premier rang de l’encan de la Ligue de hockey junior majeur du Québec en 1985, il a ensuite connu des saisons de 114 puis 154 points dans l’uniforme granbyen.

Capitaine des Bisons à l’époque, Martin Simard a rapidement compris qu’il avait affaire à un joueur exceptionnel.

« Pierre se démarquait d’abord par son physique, c’était déjà tout un athlète. Il avait aussi des mains magiques et un sens du jeu incroyable. C’est souvent ce qui fait la différence. Quand j’y repense, il avait vraiment toutes les qualités! », a souligné Simard, qui avait notamment la tâche de protéger le jeune numéro 7.

« J’ai eu la chance de jouer à sa droite et d’être parmi ceux qui en ont profité. »

Bien avant l’avènement des médias sociaux et des sites spécialisés, Turgeon n’a pas suscité le même buzz que des prodiges comme Auston Matthews ou Connor McDavid. La présence de dizaines de recruteurs dans les gradins du Palais des sports témoignait néanmoins d’un engouement certain.

« C’était différent à notre époque, l’attention médiatique n’était vraiment pas la même. N’empêche que le talent de Pierre ne faisait aucun doute. C’était un joueur spécial », a ajouté Simard.

Les Sabres de Buffalo ont été convaincus au point d’en faire le tout premier choix du repêchage de la LNH en 1987, devant l’attaquant Brendan Shanahan et le défenseur Glen Wesley. Trois autres porte-couleurs des Bisons ont trouvé preneurs lors des deux premières rondes cette année-là, soit les défenseurs Stéphane Quintal (14e choix) et Éric Desjardins (38e) ainsi que l’attaquant Daniel Lacroix (31e).

«J’ai adoré mon passage à Granby. J’ai eu bien du plaisir, que ce soit dans ma famille de pension ou avec mes coéquipiers de l’époque», a raconté Pierre Turgeon.

Des émotions en montagnes russes

Les partisans de la région sont passés par toute la gamme des émotions durant ces « années Pierre Turgeon ». Après une exclusion des séries et des fortes rumeurs de déménagement, la formation granbyenne a attiré, et de loin, les meilleures foules de son histoire en saison régulière.

Une élimination surprise dès le premier tour des séries est toutefois venue gâcher une récolte de 100 points.

« On avait vraiment une belle équipe, on aurait pu se rendre pas mal plus loin. (…) La ligne est souvent mince entre une victoire et une défaite. On a manqué de discipline et ça nous a fait mal », a analysé Turgeon.

« Par contre, au risque de me répéter, je garde surtout des bons souvenirs de mon passage à Granby. »

Chose certaine, il aura contribué à relancer la concession à un moment où elle en avait grandement besoin.

Pierre Turgeon aura contribué à relancer la concession granbyenne à un moment où elle en avait grandement besoin.

Le Temple comme consécration ?

Jusqu’alors installé au Colorado, Pierre Turgeon vient tout juste de déménager à West Palm Beach, dans le sud de la Floride. Le natif de Rouyn-Noranda continue de collaborer à l’occasion avec des organisations du circuit Bettman, mais il n’a plus de boulot à temps plein dans le monde du hockey. Il « apprécie simplement la vie », pour reprendre ses propres mots.

Le temps d’une entrevue, l’ancien capitaine du Canadien a accepté volontiers de revenir sur les grands moments de sa brillante carrière.

Ses succès granbyens n’ont pas tardé à se transposer dans la LNH. De Buffalo à Denver, en passant par New York, Montréal, St. Louis et Dallas, il a récolté pas moins de 1424 points en 1403 matchs.

« C’est certain que j’aurais aimé gagner une Coupe Stanley. Le Temple de la renommée, ce serait aussi une sorte de couronnement », a-t-il reconnu.

« Ça n’a pas toujours été facile, mais en bout de ligne, je ne changerais pas grand-chose. J’ai été privilégié de faire ce que je voulais dans la vie. »

La semaine prochaine : SOS Bisons