« Je ne m’entraîne jamais, mais je joue toujours dehors ! », souligne Pierre Beauregard­.

Pierre Beauregard invité à... marcher l’Ironman

Pour une neuvième année consécutive, le sportif Pierre Beauregard de Granby participera au Ironman de Lake Placid dans l’État de New York le 22 juillet prochain. Cette fois, il a été invité personnellement par un responsable de la compétition pour sa façon originale d’y participer, mais aussi de s’y rendre.

Pierre Beauregard avait fait la manchette en 2014. Lors d’une randonnée à vélo à Granby, un chauffard l’avait renversé, le blessant grièvement.

Depuis, une blessure au dos l’empêche de courir, ce qui ne le contraint toutefois pas de participer chaque année à des épreuves sportives de haute intensité comme le Ironman de Lake Placid.

« Ça fait plusieurs années que j’ai dû mettre le jogging de côté, mes marathons, je les marche. Ma vitesse est en moyenne de 7 km/h », explique l’athlète qui cumule près d’une cinquantaine de participations à des épreuves sportives dans cinq sports différents.

S’il ne peut plus courir comme avant, l’homme de 47 ans demeure capable de performances très respectables en natation.

Il peut ainsi se hisser dans la première portion de peloton lors des épreuves nautiques.

« Après, je me fais dépasser par des centaines de personnes pendant 12 h ! », explique-t-il le sourire aux lèvres.

Et comme chaque année depuis 8 ans, il sera rendra dans l’État de New York à vélo.

« C’est une bulle au cerveau qui m’a passé en 2010, j’avais une semaine de lousse et je me suis dit “pourquoi pas ? ” »

« Je couche une première nuit à Hemmingford chez des amis et après je me rends chez des gens qui sont devenus des amis à quelques kilomètres de Lake Placid ».

La participation au Ironman est pour Pierre Beauregard un prétexte pour renouveler les amitiés et pour faire de nouvelles rencontres.

Plaisir
Pour Pierre Beauregard, il ne fait aucun doute que pratique sportive rime avec plaisir.

« J’ai tellement de plaisir à faire ça ! Je ne m’entraine jamais, mais je joue souvent dehors. Parfois je joue plus sérieusement, mais ça reste jouer dehors », explique-t-il.

Et lorsqu’il parle de « jouer dehors », le sportif ne fait pas que jouer sur les mots. Il s’agit pour lui d’un changement de paradigme complet.

Même avant le Ironman, aucun programme d’entraînement ne s’impose. Vous ne risquez pas de croiser Pierre dans un gym, mais plutôt les cheveux aux vents à parcourir les routes de la région.

« Je sors dehors beau temps mauvais temps, mais je ne me force jamais lorsque ça ne me tente pas. Par contre, je fais beaucoup de choix et ces choix-là deviennent des habitudes. »

C’est d’ailleurs une vision de la pratique sportive qu’il souhaite partager le plus possible.

« J’ai une vision un peu critique de la performance comme on en fait la promotion actuellement. Je ne pense pas qu’en valorisant les meilleurs, les gagnants, ceux qui performent le plus, on encourage réellement les gens à se mettre au sport. »

Le Granbyen a préparé trois conférences pour partager sa vision, il termine un livre qui devrait sortir à l’automne prochain et bâtit une entreprise, Plein air en or, pour aider les gens à réaliser leurs rêves en matière de plein air.

Invité
Lors de sa dernière participation à Lake Placid, l’un des organisateurs l’a invité « sur son bras » pour cette année.

« Il m’a dit “ce que tu fais, c’est ça le Ironman, c’est exactement la vision qu’on a”. Ça m’a vraiment donné une tape dans le dos. Je me demandais encore si j’avais la légitimité pour parler de ma vision, pour rencontrer les médias et expliquer ma façon de voir les choses ».

L’athlète de Granby économisera donc près d’un millier de dollars en frais d’inscription et en autres dépenses.

« Pour le remercier, je me suis dépêché à traduire ma conférence. Je vais la présenter deux fois à Lake Placid lorsque je serai là-bas », conclut-il.