De retour à Bromont, Philippe Bédard pose avec les deux médailles qu’il a ramenées de Calgary. Ses 13e et 14e qu’il a remportées lors des championnats canadiens.

Philippe Bédard annonce sa retraite des compétitions internationales

Philippe Bédard ne s’est pas attardé à Calgary trop longtemps une fois qu’il a été couronné deux autres fois champion canadien en tennis en fauteuil roulant, soit en simple comme en double.

«J’avais du travail qui m’attendait au bureau!», lance en riant le Bromontois, qui s’est lancé en affaires l’an dernier en fondant son entreprise d’importation et d’exportation d’équipement pour personnes handicapées.

Dans l’Ouest, Bédard a été couronné champion canadien en simple pour une sixième fois de suite et en double pour une huitième fois de suite. Des records, dit-il modestement, qui ne sont pas près d’être battus.

Car de retour à la maison, il a lancé une petite bombe : il prend sa retraite du tennis… du moins des compétitions de niveau international.

«À 37 ans, je pense que je suis rendu là, dit-il. Le tennis a été très, très bon pour moi, il m’a permis de vivre des expériences extraordinaires et de faire le tour du monde, mais je pense que je suis rendu là.»

Bédard se retire des compétitions internationales, mais il laisse une petite porte ouverte sur les compétitions de calibre national. «Je suis en réflexion par rapport à ça», précise-t-il.

Au championnat canadien, le week-end dernier, il a encore été dominant avec un grand D. Après avoir vaincu en finale du simple le jeune Britanno-Colombien Thomas Venos, il a triomphé en double en compagnie de… Venos qui représente, selon lui, l’avenir de son sport au pays.

Bédard a participé à trois compétitions de niveau international en 2018 et il en a remporté une. Ça se passait à Kamloops, en Colombie-Britannique, au mois de juillet.

«Un bon bout de chemin»

Philippe Bédard a entamé sa carrière de tennisman en fauteuil roulant en 2009. À peine deux ans plus tard, il représentait le Canada aux Jeux parapanaméricains au Mexique. Si le succès est venu rapidement, c’est parce que l’homme y a mis tout son cœur et toute son âme.

«Quand je regarde ça, je me dis que j’ai fait un bon bout de chemin depuis 2009, laisse-t-il tomber. J’ai travaillé fort, mais le sport a été très, très bon pour moi. Le tennis m’a permis de me rebâtir.»

Le Bromontois a pris part aux Jeux paralympiques deux fois, soit à ceux de 2012 à Londres et à ceux de 2016 à Rio. Et la deuxième fois qu’il est allé aux Jeux parapanaméricains, il a remporté le bronze en double en compagnie de Joel Dembe à Toronto en 2015.

En entrevue à La Voix de l’Est, ce 13 août 2015, il avait lancé : «Je braille, je crie, je braille, je crie, je suis tellement heureux ! Je réalise un rêve!»

«Et ça reste un souvenir extraordinaire», dira-t-il encore aujourd’hui.

En simple, Bédard a été classé aussi haut que 28e à l’échelle mondiale. Oui, il a fait un bon bout de chemin depuis que la vie lui a enlevé l’usage de ses jambes en 2002 après qu’il ait été attaqué par un lupus érythémateux qui l’a gardé à l’hôpital pendant plus de 700 jours.

«Je suis fier de mon parcours. Mais les gens ont été bons avec moi. Les Bromontois, comme les gens de la région, m’ont toujours supporté de façon incroyable. Je les remercie et mes mercis, croyez-moi, sont très sincères.»

Et tous ceux pour qui il a été et pour qui il continue d’être une inspiration le remercient à leur tour…