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Patrick Roy vient d’effectuer un brillant arrêt, un autre, devant le filet des Bisons.
Patrick Roy vient d’effectuer un brillant arrêt, un autre, devant le filet des Bisons.

Patrick Roy : des Bisons... au meilleur de la profession

Michel Tassé
Michel Tassé
La Voix de l'Est
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Certains diront que Patrick Roy n’a rien gagné à Granby. Après tout, les Bisons n’ont pas joué pour ,500 une seule fois au cours de son passage de trois ans à Granby, de 1982 à 1985, ils ont participé aux séries éliminatoires une seule fois et encore, ils ont été éliminés en quatre matchs consécutifs dès le départ par Mario Lemieux et les Voisins de Laval.

Pourtant, et malgré des moyennes de buts alloués de 6,36, 4,44 et 5,55, Roy a été une figure marquante dans l’histoire des Bisons. Et les amateurs de hockey granbyens ne l’ont jamais oublié.

Choix de deuxième ronde en 1982 (le 21e au total), Roy est débarqué à Granby sans tambour ni trompette. Originaire de Québec, il arrivait des Gouverneurs de Sainte-Foy, de la Ligue midget AAA.

« Patrick s’y était pris à deux fois avant de faire le midget AAA, lui qui avait été retranché et qui s’était retrouvé dans le midget AA à sa première tentative, explique Martin Boulianne, qui a été le coéquipier de Roy à Sainte-Foy et pendant trois ans à Granby. Je me souviens qu’il avait tout de même une belle assurance lorsqu’il s’est amené dans la LHJMQ. »

Avec des saisons de 103, 82 et 134 points, Boulianne a connu beaucoup de succès à Granby, au point où les Capitals de Washington l’ont repêché en cinquième ronde en 1983. S’il n’a jamais joué dans la Ligue nationale, il a néanmoins connu de belles années sur les patinoires de France, où il vit en permanence depuis plus de 30 ans.

« La première chose qui me vient en tête, quand je repense aux années de Patrick à Granby, ce sont tous ces barrages de 50 et de 60 lancers auxquels il a fait face. Il a souvent accordé six, sept et huit buts, mais il a souvent bloqué 50 et 55 lancers aussi. Parfois, on perdait 7-1, mais Patrick avait quand même été notre meilleur joueur. »

Oui, du caoutchouc, Roy en a vu. Avec les Bisons, il a pris place devant le filet lors de 54, 61 et 44 matchs. D’ailleurs, qui se souvient du nom de ses adjoints?

« On va se le dire, nous n’avions pas un gros club, reprend Boulianne. Patrick voulait gagner, il n’aimait pas perdre et il cherchait constamment à s’améliorer et à développer de nouvelles techniques. Je me souviens qu’il travaillait dur pendant les entraînements. »

Il voulait s’améliorer sur le plan individuel, mais il avait l’équipe à cœur, assure le journaliste à la retraite Gaétan Roy, témoin privilégié du séjour du gardien à Granby.

« Souvent, à la fin des entraînements, il venait me voir et il se demandait comment est-ce que l’équipe pouvait faire pour gagner plus souvent, raconte l’ancien journaliste de La Voix de l’Est, qui a couvert les 16 années du hockey junior majeur à Granby. Mais il était déjà fort mentalement et il ne se laissait pas décourager par toutes les défaites. »

Roy à 17 ans, à son arrivée à Granby, en 1982

Un objectif

Il faut dire que Roy avait aussi un objectif en tête : il voulait jouer dans la Ligue nationale. Et en 1984, après sa deuxième saison avec les Bisons, il a été repêché en troisième ronde (le 51e choix au total) par le Canadien.

« Patrick était bon et on se doutait bien qu’il allait faire son chemin jusqu’à la Ligue nationale, se rappelle Martin Boulianne. Mais honnêtement, personne n’aurait pu prédire qu’il allait connaître une telle carrière. Sérieusement, comment pouvez-vous prédire qu’un joueur va gagner quatre coupes Stanley, qu’il va remporter le titre de meilleur joueur des séries trois fois et qu’il va mettre la main sur le trophée de meilleur gardien une fois et puis une autre? C’est impossible! »

Avant de s’imposer avec le Canadien, Roy a propulsé les défunts Canadiens de Sherbrooke à la conquête de la Coupe Calder, symbole de suprématie dans la Ligue américaine. C’était en 1985, il avait seulement 19 ans et il venait de compléter sa troisième et dernière saison chez nous, à Granby. Le reste est de l’histoire.

« Quand je le regardais soulever la Coupe Stanley avec le Canadien (deux fois) et l’Avalanche (deux autres fois), je me disais toujours : “C’est le meilleur gardien de la Ligue nationale, probablement le meilleur gardien au monde, et j’ai joué avec lui!”, lance Boulianne. J’étais fier, c’est certain. En fait, je pense qu’il a rendu fiers tous ceux qui ont joué avec lui avec les Bisons et tous les partisans de l’équipe. »

Les Bisons ont retiré son chandail en 1993, un geste qui avait semblé grandement le toucher. En entrevue à l’époque, il avait mentionné garder de bons souvenirs de Granby, « une étape importante dans mon cheminement ».

La semaine prochaine : les années Pierre Turgeon