«À l’époque, je vivais ma passion à 150 milles à l’heure, au sens propre comme au sens figuré, en piste. Aujourd’hui, cette passion, je la vends. Je me considère privilégié d’avoir pu continuer à entretenir ce qui me fait vibrer», explique Pascal Picotte.
«À l’époque, je vivais ma passion à 150 milles à l’heure, au sens propre comme au sens figuré, en piste. Aujourd’hui, cette passion, je la vends. Je me considère privilégié d’avoir pu continuer à entretenir ce qui me fait vibrer», explique Pascal Picotte.

Pascal Picotte: «Je courais pour gagner, pas pour participer» 

Michel Tassé
Michel Tassé
La Voix de l'Est
Pour bien des gens de la région, le nom de Pascal Picotte évoque la concession de motos et de véhicules récréatifs de grandes marques située rue Principale, à Granby. Mais pour d’autres, il évoque d’abord et avant tout le souvenir d’un grand champion de moto sur route.

«À l’époque, je vivais ma passion à 150 milles à l’heure, au sens propre comme au sens figuré, en piste, dit-il. Aujourd’hui, cette passion, je la vends. Je me considère privilégié d’avoir pu continuer à entretenir ce qui me fait vibrer.»

Picotte vend sa passion depuis maintenant 15 ans. Et il travaille dur.

«C’est du six jours par semaine, à toutes les semaines. Il y a eu des années plus difficiles que d’autres, mais on a réussi à fidéliser notre clientèle en axant sur la qualité du service et on est sur une belle lancée. Et avant que vous ne me posiez la question, la COVID a été bonne pour nous puisqu’à défaut de voyager, les gens ont investi dans leurs loisirs. Souvent, le père de famille venait acheter une moto à son fils et il se laissait tenter ensuite à son tour.»

Pas nostalgique

À 50 ans, Pascal Picotte affirme ne pas être nostalgique de ses grandes années en piste.


« C’est certain que j’ai plein de bons souvenirs. Le premier qui me vient en tête est celui de ma première victoire en superbike en 1994 à Laguna Seca, en Californie. Toujours en 1994, obtenir la pole à Daytona a aussi été un moment important. »
Pascal Picotte

«Vous savez quoi ? Un jour, j’ai voulu me débarrasser des trophées que j’ai remportés et des souvenirs que j’ai accumulés au fil des ans. Mais mes parents m’ont dit : “Il n’en est pas question! Si tu n’en veux plus, on va les prendre, nous!” Et ça s’est retrouvé dans leur sous-sol. Je suis fier de ce que j’ai accompli, mais je ne passe pas mon temps à ressasser le passé. Je ne suis pas comme ça.»

Car de grandes victoires, Picotte en a signé plusieurs. Aux États-Unis comme au Canada. Sur la route en premier lieu, mais aussi sur la glace.

Pascal Picotte (à droite) à l’occasion d’une épreuve de moto sur glace présentée sur le lac Roxton. À ses côtés, Andrew Ranger.

« C’est certain que j’ai plein de bons souvenirs. Le premier qui me vient en tête est celui de ma première victoire en superbike en 1994 à Laguna Seca, en Californie. Toujours en 1994, obtenir la pole à Daytona a aussi été un moment important. »

Le souvenir du titre canadien qu’il a remporté en 2003, lors de la dernière épreuve disputée à Shannonville en Ontario, lui donne également le sourire.

« Pour remporter le championnat, il fallait que je finisse cinquième, ce qui ne m’inquiétait pas. Mais voilà, j’ai fait une chute dès le premier tour et je suis reparti dernier, ce qui compromettait sérieusement mes chances de rafler le titre. Mais j’ai travaillé très fort et j’ai effectué une belle remontée et j’ai fini… cinquième. J’étais content, j’étais fier. »

Picotte a couru pendant 20 ans, il a dirigé des équipes, il a tout fait dans le monde de la moto sur route. Il a disputé sa dernière course en 2007.

« J’étais père depuis quelques années, je venais de me lancer en affaires et j’avais moins le temps de m’entraîner. Car moi, je courais pour gagner, pas pour participer. Si je ne pouvais plus être au top, ça ne m’intéressait plus. »

Au panthéon

Pour vous donner une idée à quel point Pascal Picotte a connu une belle carrière, soulignons qu’il a été élu au Panthéon de la moto du Canada en 2016.

« C’est un bel honneur, mais je n’ai jamais flashé avec ça. J’ai fait ce que j’avais à faire pendant toutes ces années, je me suis amusé comme un fou et c’est ça le plus important. »

D’avoir aidé les Andrew Ranger, Kevin Lacombe et Karl Daigle à entamer leur carrière en sport motorisé fait également partie des choses qui le rendent fier.

« Pas mal plus, honnêtement, que mon intronisation au Panthéon de la moto », laisse-t-il tomber.