Benoit Penelle avec ses joueurs alors que le football débutait au Mont-Sacré-Cœur, il y a quelques années.

Pas de football cadet au Mont-Sacré-Cœur non plus

En même temps qu’ils annonçaient il y a deux semaines qu’il n’y aura pas de football juvénile chez eux cette saison, les gens du Mont-Sacré-Cœur semblaient croire qu’ils avaient suffisamment de joueurs pour au moins poursuivre l’aventure au niveau cadet. Mais voilà, ce n’est pas le cas.

Non, il n’y aura pas non plus de football cadet cet automne au Mont-Sacré-Cœur. La nouvelle tombe 24 heures après qu’on ait appris que les Astérix de l’école secondaire Jean-Jacques-Bertrand, au niveau juvénile, abdiquaient à leur tour en raison d’une pénurie d’athlètes.

Bref, la saignée se poursuit au football scolaire dans la région. Une saignée, remarquez bien, que l’on constate un peu partout au Québec.

« On avait besoin de 20 joueurs et on en avait juste 19, a expliqué Benoit Penelle, l’entraîneur en chef des Élites du football cadet. C’est pas compliqué, il se passe au Mont-Sacré-Cœur ce qui se passe partout ailleurs. »

Problème de société

Penelle, un autre vétéran du football scolaire dans la région, est d’avis que le football paraît plus mal présentement parce que le sport exige un plus grand nombre de joueurs qu’au hockey ou au soccer, par exemple, pour former une équipe.

« Le football n’est pas pire que les autres sports. Ce qu’on vit, c’est un problème de société. Le problème, le plus gros problème, c’est que les jeunes préfèrent gamer à faire du sport. Il y a les histoires de commotions, il y a aussi des jeunes qui préfèrent faire de l’argent à faire du sport, mais le problème no. 1, c’est l’attrait pour les jeux vidéo, les ordinateurs ou tous ces trucs-là. La vérité, c’est ça ! »

On ne pourra certes pas blâmer Penelle de faire dans le politiquement correct.

« Honnêtement, je suis tanné d’entendre parler des commotions. Depuis que des histoires d’horreur sont sorties, notre sport a tellement, tellement évolué. Les entraîneurs ont une meilleure formation, l’équipement a changé, la façon de plaquer a changé, tout a changé. Le football n’est pas un sport plus dangereux à pratiquer que le hockey. »

Le hockey a aussi perdu des adeptes pour la peine. L’automne dernier, les responsables de la région ont dû faire avec une baisse notable du membership. Il faudra voir cette saison.

« C’est ben l’fun, gamer, mais y’a pas juste ça dans la vie, a repris Penelle. Peut-être que les jeunes ne se rendent pas compte de l’impact négatif des décisions qu’ils prennent aujourd’hui, mais peut-être qu’ils vont le regretter plus tard… »

Penelle n’a toutefois pas l’intention d’abandonner les 19 jeunes de son équipe qui ont le goût de jouer au football. Une fois ou deux par semaine, il tiendra des séances d’entraînement. Il invitera également les juvéniles du Mont-Sacré-Cœur qui n’ont plus d’équipe à se joindre au groupe.

« En espérant qu’on recommencera à faire du vrai football l’an prochain », soupire-t-il.