Patrice Bosch

Onde de choc chez les Inouk

La tragédie touchant la communauté de Humboldt, en Saskatchewan, fait réagir l’organisation des Inouk de Granby. L’entraîneur-chef Patrice Bosch et le président Marco Bernard sont atterrés par l’accident mortel qui a décimé une partie de l’équipe des Broncos junior A en faisant une quinzaine de morts et tout autant de blessés.

En près de vingt ans dans l’univers du hockey, M. Bosch a eu l’occasion de rouler des milliers de kilomètres en autobus pour visiter des équipes adverses. « C’est là qu’on se rend compte que la game de hockey, ce n’est rien dans la vie. Ce sont des jeunes qui jouent au hockey, mais il y a des familles, des gens qui les entourent. J’ai constamment ça en tête depuis la tragédie. En 19 ans, j’ai été chanceux. Ça porte à la réflexion. »

L’entraîneur a déjà eu l’occasion de s’entretenir avec son homologue des Broncos, Darcy Haugan, décédé aux côtés de 14 autres personnes dans l’accident. Sans être amis, ils partageaient la même passion pour le hockey.

Marco Bernard se dit particulièrement touché par la tragédie.

« C’est une tragédie et ça ne sera pas oublié, assure-t-il. Ça va rester dans notre tête. Je pense aux familles, aux jeunes. Ça ne sera plus jamais pareil pour eux. Si ça arrivait dans notre ligue, on ferait quoi ? Je n’aurais pas d’intérêt à continuer mes séries contre une équipe fauchée. »

Les Inouk de Granby auraient pu affronter les Broncos de Humboldt aux Championnats canadiens puisqu’ils jouent dans la même ligue canadienne.

Sur la page Facebook des Inouk, un message de soutien aux familles et aux membres éplorés des Broncos a été publié samedi. « Le temps des séries éliminatoires est censé être synonyme de fête, de rassemblement festif. Or, cette tragédie vient malheureusement ternir cet affrontement, entre Humboldt et Nipawin. Toutes nos prières sont dirigées vers les gens directement secoués par ce tragique événement. »

Protéger les joueurs
Marco Bernard se dit particulièrement touché par la tragédie puisque son équipe est régulièrement amenée à rouler environ trois heures pour se rendre à Gatineau, l’équipe la plus lointaine de la Ligue junior AAA du Québec. « On se voit un peu à travers ça. On ne peut pas s’imaginer ce que ça pourrait être si ça arrivait avec notre équipe. On n’est pas à l’abri de ça, surtout au Québec avec des températures qu’on a. Des fois il y a des routes plus hasardeuses à emprunter durant l’hiver. »

L’actionnaire des Inouk rappelle que la sécurité des joueurs est ce qui compte le plus. « Des fois on est fâchés contre la ligue quand ils annulent des matchs, comme cette année où trois matchs ont été reportés, mais quand on voit des choses comme ça, on comprend un peu plus pourquoi la ligue agit de cette façon-là. C’est pour protéger les joueurs et ne pas les mettre dans une situation où il pourrait arriver une tragédie comme celle-là. »