Alexandre Tagliani vise le championnat de la série canadienne de NASCAR en 2018.

On s’en va aux courses!

CHRONIQUE / Je vous l’avoue bien candidement : ma nouvelle saison de course débute en fin de semaine et je suis à la fois excité et fébrile !

Encore cette année, je mets la priorité sur ma participation au championnat de la série canadienne de NASCAR ou, si vous préférez, la série Pinty’s. Je vais prendre part à chacune des 13 épreuves du calendrier et je vise clairement le titre. Tout en étant conscient, par contre, que la compétition sera très forte.

Après avoir obtenu une intéressante troisième place au classement en 2016 (j’avais raté une course en plus), j’ai terminé septième la saison dernière. Comment expliquer cette décevante septième position? Par des malchances en piste, mais aussi par des erreurs. On a trop souvent tenté de réinventer la roue la journée même des épreuves avec des réglages compliqués, ce qui n’était pas une bonne idée…

La saison commence au Canadian Tire Motorsport Park de Bowmanville — qu’on appelait auparavant Mosport —, en Ontario. Kevin Lacroix (deuxième au classement la saison dernière) est certainement l’homme à battre, lui qui a remporté rien de moins que les trois dernières courses sur ce circuit routier.

Lacroix est d’ailleurs favori pour enlever le titre cette saison. Il a du talent et de l’expérience, mais il ne faudrait surtout pas oublier Andrew Ranger, qui demeure un de nos meilleurs pilotes au pays, de même que Louis-Philippe Dumoulin et D.J. Kennington.

À chacune des épreuves de la série Pinty’s, il y a sept ou huit pilotes qui peuvent l’emporter. Et c’est une des choses que j’adore de notre série : qu’importe ton talent, qu’importe ton expérience, tu ne peux rien prendre pour acquis. La compétition est plus que forte, elle est féroce !

Si j’ai décidé l’an dernier de courir à temps plein au Canada, c’est justement parce que j’aime cette série et parce que je crois en elle et en son avenir. Elle prend sans cesse du galon, elle est un élément important de la stratégie internationale de NASCAR et le jour n’est pas loin où tous les pilotes canadiens de stock-car, j’en suis convaincu, vont rêver d’y faire leur place.

Ceci dit, j’ai l’intention de faire quelques courses à l’extérieur de la série cette saison. Il n’y a rien de confirmé encore, mais j’aimerais beaucoup participer à une épreuve sur circuit routier de la Coupe Monster Energy, la discipline reine de NASCAR, prendre part à la course de rallycross au Grand Prix de Trois-Rivières ainsi que participer à l’épreuve des camionnettes de NASCAR à Bowmanville, lors du week-end de la fête du Travail.

Je suis arrivé en Ontario en début de semaine. À Toronto, j’ai participé à plusieurs activités promotionnelles pour mes commanditaires. Les commanditaires aux courses, c’est plus qu’important, c’est ce qui nous permet de rouler, c’est ce qui nous permet de pratiquer notre sport. Et je suis chanceux, car je bénéficie d’excellents appuis.

La tête en paix

J’ai couru pendant quatre ans en Formule Atlantique, là où les Gilles Villeneuve et Patrick Carpentier ont commencé à se faire un nom. En tout et partout, j’y ai remporté six victoires et obtenu 16 podiums. Mais je me rappelle aussi d’une fois, à Laguna Seca en Californie, où je n’avais pas d’argent pour me payer l’hôtel et où j’ai dû dormir dans mon auto !

Trop souvent, c’est la réalité des pilotes. C’est triste, mais c’est ça.

Présentement, j’ai toutefois la tête en paix. J’ai de bons commanditaires et, ce qui est extraordinaire, j’ai des commanditaires avec lesquels j’ai de réelles affinités. Comme EpiPen, Rona et St-Hubert.

Comme vous le savez peut-être, j’ai une allergie sévère aux noix. Ma fille Eva-Rose, elle, est allergique aux œufs. Alors, on traîne notre petite trousse EpiPen partout. Et je suis fier d’être le porte-parole de l’entreprise et de faire ma part pour sensibiliser les gens aux dangers reliés aux allergies sévères.

Bref, ma voiture est prête, je suis confiant et je suis bien appuyé. Allez, on s’en va aux courses !

Propos recueillis par Michel Tassé, La Voix de l'Est