«Pour tout vous dire, j’étais simplement… fatigué, très fatigué. J’avais besoin de me reposer. Mais là, je suis de retour.»

Non, Bérard n’est pas à la retraite !

À sa façon, il a marqué le tournoi. Car Jean-François Bérard reste à ce jour le seul et unique joueur de la région à avoir réussi à se qualifier pour le Challenger. Et il a réussi l’exploit pas une fois, mais bel et bien trois fois, soit en 2006, 2007 et 2011.

Bérard s’est fait très discret depuis quelques années. Au point où on se demandait s’il avait pris sa retraite sans en aviser personne. Mais voilà, il vient tout juste de retourner sur le court après une absence de deux ans.

« Je n’étais pas à la retraite, précise l’athlète de 43 ans. Pour tout vous dire, j’étais simplement… fatigué, très fatigué. J’avais besoin de me reposer. Mais là, je suis de retour. »

À Longueuil, Bérard l’a emporté au premier tour avant d’abandonner tout juste avant le second en raison d’une blessure au cou. Rien de trop grave, par contre.

« Rien qui va m’empêcher de participer aux rares tournois de classe ouverte qu’on a au Québec, a-t-il repris. J’arrive de mon rendez-vous chez le physiothérapeute, le problème va être réglé assez rapidement. »

Au cours des dernières années, Bérard a mis la priorité sur son gagne-pain, son entreprise en programmation informatique. Il s’en est demandé beaucoup, explique-t-il, et son tennis en a payé le prix.

Des moments magiques
Jean-François Bérard a participé aux qualifications du Challenger 19 fois. La dernière fois, c’était en 2014. On ne l’a plus revu après que les gens de l’ATP aient décidé que seuls les joueurs avec un classement mondial pouvaient tenter de se qualifier.

« C’était une décision de l’ATP, c’était décevant, mais c’était correct, souligne-t-il. Ça a mis un terme à ma participation au Challenger de façon un peu raide, mais les bons souvenirs resteront toujours là. Et il y en a plusieurs. »

Bérard n’oubliera jamais ses participations aux matchs du tableau principal sur le court central devant des centaines de spectateurs venus l’encourager.

« Ça, c’était des moments magiques. J’aurais aimé que ma fille (Amélie, qui est sur le point d’avoir six ans) voie ça… »

Autrement, Bérard n’a pas de regrets. Peut-être un, en fait. Il aurait tant aimé, ne serait-ce qu’une fois, recevoir un laissez-passer de Tennis Canada.

« Je n’ai jamais fait partie de la gang. La vérité, c’est ça. Je n’étais plus une jeunesse dans les dernières années, mais j’étais au début de la vingtaine dans les débuts du tournoi. Je faisais partie de la relève, mais pas de celle de Tennis Canada… »

Avec les vétérans
Jean-François Bérard, qui ne rate jamais grand-chose de l’action au Challenger, songe de plus en plus sérieusement à se joindre au circuit de tennis des vétérans. Pour une raison fort simple. Il y a des tournois !

« Au moins, j’aurais la chance de jouer de temps en temps, lance-t-il en riant. Psychologiquement, je n’étais pas prêt à me joindre aux vétérans il n’y a pas si longtemps. Mais les années passent, je vais avoir 44 ans bientôt et je me dis que je suis probablement rendu là. On évolue tous à notre rythme… »

Les autres vétérans n’ont qu’à bien se tenir.