Michel Vaillancourt, qui a remporté l’argent au saut d’obstacles aux Jeux olympiques de 1976 de Montréal, est chef de piste pour la deuxième semaine de compétitions à l’International Bromont. Il a dessiné les parcours du manège international pour l’ensemble des épreuves qui s’y déroulent.

Michel Vaillancourt: le maître du parcours

Le médaillé d’argent au saut d’obstacles Michel Vaillancourt est de retour dans le parc équestre où il a écrit l’histoire des sports équestres canadiens pendant les Jeux olympiques de 1976. Mais dans le cadre de cette deuxième semaine de l’International Bromont, qui se conclut dimanche, c’est à titre de dessinateur de parcours que le passionné fait sa marque. La Voix de l’Est s’est intéressée à cette profession essentielle dans les compétitions de saut d’obstacles.

Natif de Saint-Félix-de-Valois, dans Lanaudière, Michel Vaillancourt est devenu, à 22 ans, le plus jeune cavalier canadien à remporter une médaille olympique en saut d’obstacles. « J’ai eu du succès en tant que cavalier, j’ai eu du succès en tant qu’entraîneur — j’ai été entraîneur pour l’équipe du Canada pendant des années —, raconte-t-il en entrevue. Et puis, éventuellement, j’ai évolué vers la conception de parcours parce que ça me donne l’occasion de rester dans ce milieu que j’adore, le sport équestre à un grand niveau, comme ici à l’International Bromont, qui est un concours très coté. »

Michel Vaillancourt est dessinateur de parcours et chef de piste depuis 2012. L’homme de 64 ans a dessiné plus de 10 000 parcours dans sa carrière.

« Le dessinateur de parcours et chef de piste doit présenter de belles épreuves accessibles à tous les participants, explique celui qui vit désormais en Caroline du Sud. Quand on installe un parcours, notre travail est d’évaluer si l’ensemble des cavaliers et des chevaux sont prêts à négocier certaines parties plus techniques. Donc ça devrait faire partie de leur entraînement, qui dure des années, pour venir à bout de parcours qui sont très complexes. Les obstacles tombent facilement, les coupes qui tiennent les barres sont très plates et les distances sont compliquées. »

Le chef de piste dessine d’abord le circuit et les virages à négocier. L’emplacement et la nature des obstacles seront déterminés par la suite. À hauteur équivalente, un obstacle « rempli » est plus facile à franchir pour un cheval qu’une simple barrière. En effet, si un obstacle a plusieurs éléments au centre, « les chevaux le respectent beaucoup plus. Ça les impressionne plus. Quand tu vois des obstacles plus légers, plus délicats, avec moins de barres, ce n’est pas parce qu’il nous manque des barres, mais parce que ça donne un effet qui est différent. »

Enfin, la hauteur des barres est déterminée en fonction du niveau de l’épreuve. « Pour les jeunes chevaux, c’est évident que le parcours va être beaucoup plus gentil, plus approchable, que pour l’épreuve de la Fédération équestre internationale en fin de semaine [NDLR: dimanche à 14 h 30]», précise Michel Vaillancourt.

Pression
Le dessinateur de parcours doit vivre avec une certaine pression. Il veille à ce que tous les parcours répondent aux critères et au calibre de l’épreuve.

M. Vaillancourt souhaite que 60 à 70 % des plus jeunes chevaux réussissent un sans-faute, tandis que le niveau de difficulté augmente pour les épreuves supérieures, comme le Grand Prix. Dans ce cas, l’idéal est que 20 à 25 % des chevaux expérimentés réussissent parfaitement le circuit.

« Le chef de piste est le personnage qui a la plus grande responsabilité sur le terrain de concours. C’est le maestro. C’est lui qui est responsable de la sécurité des chevaux aussi. C’est évident que si on fait des parcours qui ne sont pas réalisables, il y a un risque de faire mal aux chevaux. Les bons chefs de piste ont toujours été de grands cavaliers ou de grands hommes de chevaux. Ce n’est pas quelque chose qu’on peut juste étudier. »

Un dessinateur de renom
Pour les cinq journées de la deuxième vague de compétitions de l’International Bromont, Michel Vaillancourt aura dessiné entre cinq et sept parcours par jour en utilisant les obstacles mis à sa disposition par l’International Bromont, mais il lui arrive d’en créer de nouveaux de toutes pièces.

« Ça arrive seulement dans les grands championnats. J’ai eu l’occasion d’en faire aux Jeux panaméricains de Toronto en 2015. C’était vraiment chouette.».

Les obstacles qu’il avait conçus sur papier ont été construits, puis utilisés sur le manège. « J’avais dessiné des parcours qui respectaient la thématique d’un océan à l’autre. Chaque obstacle représentait une région du Canada. »

Son travail au parc équestre de Caledon avait été acclamé et l’année suivante, Saut d’obstacles Canada avait nommé Michel Vaillancourt « ffficiel de l’année ». Le médaillé d’or américain McLain Ward avait alors déclaré que « Michel compte sûrement parmi les cinq meilleurs concepteurs de parcours au monde. Il a un sens aiguisé de la compétition, mais aussi un regard très artistique. »