La Ligue de hockey senior AAA est vraiment entre bonnes mains avec un président de la trempe de Michel Dorais.

Michel Dorais: parfait pour le senior AAA !

CHRONIQUE / Le matin de notre rencontre, Michel Dorais était fort occupé. Pris malgré lui dans la tourmente de « l’affaire Robby Petiquay » — ce matamore des Loups de La Tuque suspendu pour cinq ans par la ligue senior AAA, que préside Michel, à la suite d’un coup de poing sournoisement administré à un porte-couleur de Donnacona —, celui que j’ai toujours considéré comme un des hommes de hockey les plus sous-estimés au Québec a tout de même trouvé le temps de me rencontrer.

Pour lui, son implication au sein de ce circuit sénior ne représente qu’un « hobby de fin de semaine » pour assouvir sa passion pour le hockey. Son véritable boulot, c’est d’être le directeur général de l’hebdomadaire La Pensée de Bagot, basé à Acton Vale. Lors de cette matinée, il était littéralement pourchassé par les médias nationaux, et ce, même si son circuit avait clos le dossier Petiquay de brillante façon. 

J’ai connu Michel Dorais lors de la célèbre saison 2005-2006 alors que nous tentions, tant bien que mal, de bâtir ensemble le défunt Cristal de Saint-Hyacinthe dans la LNAH. Connaissant ma réputation par l’entremise d’un ami commun (le trainer Reynald « Rey » Beauregard), Michel m’avait demandé de lui donner un coup de main pour bâtir de solides fondations à une formation qui s’était retrouvée avec une poignée de joueurs sur sa liste d’éligibilité. On formait tout un duo ! Nous en avons travaillé un coup, allant même jusqu’à pousser la ligue à accorder un traitement particulier aux joueurs de moins de 25 ans. Nous avions recruté d’excellents prospects, dont deux qui sont devenus recrues de l’année du circuit : Maxime Desruisseaux (recrue défensive) et Michael Tessier (recrue offensive). Tous deux s’alignaient aux côtés d’autres recrues talentueuses comme Samuel St-Pierre, Gabriel Balasescu ainsi que l’homme fort devenu depuis une légende, Derek Parker. Hélas, les déboires financiers de notre « richissime » propriétaire, qui en fait n’avait pas un sou, ont tôt fait de tout foutre en l’air. L’avenir du Cristal s’annonçait pourtant fort enivrant en lever de rideau... Il va sans dire qu’une profonde amitié s’est établie depuis ce temps entre Michel et moi, lui qui a toujours pu compter sur moi, et moi sur lui. 

Ma surprise a donc été agréable, en début d’été dernier, d’apprendre que Michel venait d’accepter la présidence de la Ligue de hockey senior AAA du Québec, dont font partie les Maroons de Waterloo. Si la nouvelle m’avait quelque peu étonné, il en était de même pour le principal intéressé. 

« Je venais de compléter une première année sans faire de hockey (ce sport faisant partie de sa vie depuis les 30 dernières, soit jusqu’en 2017, alors qu’il agissait en tant que vice-président de la LNAH), raconte Michel. Je me disais que j’avais peut-être assez donné. En mai, j’ai reçu l’appel de Dean Lygitsakos, propriétaire, DG et instructeur-chef du Bellemare de Louiseville, que j’avais connu du temps de la LNAH. Il me demandait si le job de président pouvait m’intéresser. Je lui ai dit que oui, je pourrais avoir un certain intérêt. J’avais appris que dans la vie, il fallait toujours se garder des portes ouvertes ! »

« Deux semaines plus tard, je finalisais le tout avec leur bureau des gouverneurs tout en leur mentionnant que je tenais mordicus à deux choses : avoir carte blanche et avoir toute la latitude nécessaire pour créer mon propre staff. C’est ainsi que je me suis entouré d’Yvan Arel (secrétaire), de mon frère Jean-François (Dorais, adjoint au préfet de discipline et superviseur des arbitres), de Dominic Lussier (registraire et relationniste) et de Pierre-Luc Boisvert (assignation des officiels). »

« À partir de là, on pouvait commencer à bâtir quelque chose, a ajouté celui qui soufflera bientôt 60 bougies. On ne se le cachera pas, et sans vouloir être méchant, il y avait, et il y a encore, beaucoup d’ouvrage à faire ! De plus, étant donné que mon mandat premier consiste à structurer davantage la ligue, il faut le faire avec des gens placés aux bons endroits. »

À cela, il aurait facilement pu ajouter qu’une des missions qu’il s’est données sera de changer la perception des gens face à son circuit que plusieurs qualifient de « ligue de bouffons » sans pour autant avoir vu les changements apportés au cours de la dernière année. Car pour avoir assisté à certains matchs au cours des derniers mois, je peux vous certifier que l’on y présente de l’excellent hockey ! Certes, l’élément robustesse existe toujours — c’est l’ADN du hockey senior —, mais ça patine. Les mises en échec y sont légales et percutantes et les belles pièces de jeu, très fréquentes. À vrai dire, le calibre de jeu qu’on retrouve présentement dans le senior AAA me fait penser à celui qui se pratiquait au milieu des années 2000 dans la Ligue nord-américaine, alors que le lock-out de la LNH faisant en sorte que plusieurs hockeyeurs de la East Coast Hockey League laissés sans contrat, avaient effectué un retour au Québec pour joindre les rangs du circuit.

Questionné sur le sujet, le président Dorais abondait d’ailleurs dans le même sens que le mien. 

« T’as raison ! , a-t-il lancé. D’autant plus que comme la LNAH, qui possédait des franchises à proximité l’une de l’autre (Sorel, Saint-Hyacinthe, Saint-Jean, Laval, etc.), chez nous, on vit la même chose à peu de chose près avec Cap-de-la-Madeleine, Bécancour, Louiseville, Nicolet, etc.. Ainsi, de belles rivalités se développent de match en match. »

« Tu le vois comme moi, a poursuivi Michel, le calibre de jeu augmente de plus en plus et le spectacle est meilleur. D’ailleurs, avant l’affaire Petiquay, de mémoire, il n’y avait eu aucune suspension dite “majeure” cette saison. Je crois que nous sommes bien partis et que le meilleur reste à venir ! »

En ce qui me concerne, une chose est certaine : si la Ligue senior AAA voulait quelqu’un pour faire évoluer son circuit pour être reconnue des amateurs, et ce, pour les bonnes raisons, elle ne pouvait trouver meilleure personne que Michel Dorais ! 


Jordan Poulin et Vanessa Tétreault

Finalement, je ne pouvais conclure ce texte sans mentionner que c’est justement lors d’un récent match des Maroons que j’ai renoué avec deux de mes anciens élèves, devenus maintenant adultes, soit Vanessa Tétreault (Tendanse) et Jordan Poulin, représentant des ventes chez Nissan Granby. C’est beau de voir cette belle jeunesse grandir si bien…

Quant à mes impressions concernant l’élimination hâtive des troupiers de David Lapierre, j’y reviendrai dans une prochaine chronique.