Steve Salvas depuis son poste de travail à l’Autodrome Granby le vendredi soir. « De l’ouverture des puits, à 16 h, jusqu’au dernier drapeau quadrillé, en fin de soirée, ça n’arrête jamais », dit-il.

Métier: directeur de courses

Steve Salvas ne reçoit jamais d’applaudissements des amateurs pour le travail qu’il effectue à l’Autodrome Granby. Pourtant, il a un rôle important à jouer dans le bon déroulement des soirées, sinon même dans la qualité du spectacle offert.

Salvas est directeur de courses. Une position qu’il occupe également au RPM Speedway et à l’Autodrome Drummond. Fils de Gaston Salvas, dont la réputation dans le monde du stock-car sur terre battue dépasse largement les frontières du Québec, il baigne dans cet univers depuis… toujours.

« Mon père est membre du Temple de la renommée de DIRT, mais ma mère l’est aussi, souligne l’homme de 47 ans. J’aime profondément le monde des courses et je ne vois pas le jour où je ne serai plus impliqué. Dans notre famille (puisque sa femme, son fils et sa fille sont aussi officiels), c’est plus qu’une passion, c’est un mode de vie. »

Salvas n’a jamais couru. Mais il est officiel depuis 33 ans. Avant d’être directeur de courses, il a bien sûr été signaleur et signaleur en chef. En début de carrière, il a souvent été le plus jeune signaleur en chef d’un événement de prestige et puis d’un autre au Québec et aux États-Unis. Son curriculum vitae est impressionnant.

« Ce n’est pas tout le monde qui aspire à devenir directeur de courses, reprend-il. En raison des nombreuses responsabilités reliées au travail, il y a des gens très compétents qui n’ont aucun intérêt. Pour devenir directeur de courses, il faut vraiment vouloir l’être. Moi, comme je veux toujours en faire un peu plus dans tout ce que j’entreprends, ça me convient parfaitement. »

Il est en poste à Granby depuis 2014 après l’avoir été pendant une saison, en 2003. Si ses décisions ne font évidemment pas toujours l’affaire des pilotes, l’homme jouit clairement du respect du groupe.

« On dit parfois que je suis sévère, mais je pense que je suis juste. Mon travail est de m’assurer que les choses vont rondement en piste, qu’on ne perd pas de temps inutilement. À Granby, vu le couvre-feu, c’est d’autant plus important que l’efficacité soit au rendez-vous. »

Bien avant le premier vert

Son travail ne commence toutefois pas à la suite du déploiement du premier drapeau vert, en début de soirée. Ça commence bien avant.

« De l’ouverture des puits, à 16 h, jusqu’au dernier drapeau quadrillé, en fin de soirée, ça n’arrête jamais, souligne-t-il. En arrivant à la piste, je dois m’assurer que le système informatique est parfaitement fonctionnel avant, bien sûr, de rencontrer chacun des membres de mon équipe d’officiels et de préparer le meeting des pilotes, où on reconfirmera certaines règles et où il sera question des procédures de qualifications, notamment. »

On pourrait aussi parler du travail dans l’entre-saison. Car le directeur de courses doit monter son équipe (à Granby, il a 13 officiels sous sa responsabilité), il doit revoir les règlements de procédures de courses et revoir les règles par rapport à la mécanique des voitures, etc.

« La préparation, dans mon travail comme dans bien d’autres, est la clé du succès. Les courses, c’est de l’émotion, mais c’est aussi des règlements et des procédures à suivre. Et s’il y a quelqu’un qui doit connaître les règlements par cœur, c’est bien le directeur de courses. »

Une saine distance avec les pilotes

Steve Salvas avoue qu’il n’a pas le choix de garder une saine distance avec les pilotes.

« C’est une question de crédibilité, tranche-t-il. J’ai des affinités avec certains (il ne cachera pas qu’Alexandre Salvas et Dominic Dufault sont ses cousins), mais vous ne me verrez jamais, par exemple, assister à un party de financement. S’il fallait qu’on me prenne en photo avec un pilote et que cette photo ressorte sur Facebook à la suite d’une décision controversée à la faveur de tel pilote, je perdrais toute la crédibilité que j’ai mis des années à établir. On a beau tous faire partie de la même grande famille des courses, il y a une ligne que je ne peux me permettre de dépasser. »

Et qu’est-ce qui fait un bon directeur de courses ?

« Il faut avoir une capacité de prendre de bonnes décisions rapidement et il faut avoir cette capacité de toujours garder la tête froide, malgré l’émotion et le stress. Mais ça reste un défi et, même après toutes ces années, ce n’est jamais gagné d’avance. »