Je ressens beaucoup de fierté quand je vois deux de mes « p’tits gars », soit Maxim Lapierre et Marc-André Gragnani être sélectionnés pour faire partie de notre équipe nationale.

Mes souvenirs de deux olympiens

Tout comme la plupart d’entre vous, j’aime suivre les Jeux olympiques. Et tout comme vous, je me suis entre autres réjoui de la médaille d’argent remportée cette semaine par le Bromontois Maxence Parrot.

Si certaines disciplines ne suscitent que peu d’intérêt de ma part, le hockey, tant féminin que masculin, retient définitivement mon attention. Il va sans dire que du côté des filles, je serai devant mon téléviseur pour suivre les performances de la Québécoise Marie-Philip Poulin (dont l’oncle Claude fut jadis un dépisteur de nos défunts Bisons).

Chez les hommes, même si les hockeyeurs de la LNH brillent par leur absence, on assistera tout de même à du bon hockey, car plusieurs anciens du circuit profiteront des Jeux pour jouir une dernière fois d’une place au soleil, eux qui, pour la plupart, sont en milieu ou en fin de carrière.

C’est le cas entre autres de deux de mes anciens joueurs, Maxim Lapierre et Marc-André Gragnani, qui évoluent avec l’équipe canadienne.

D’ailleurs, peu importe leur talent et ce qu’ils sont devenus, j’ai toujours su garder une excellente relation avec les joueurs qui ont été repêchés par l’une ou l’autre des équipes pour lesquelles j’ai travaillé. « Lappy » et « Grager » n’y font pas exception. Je me souviens de leur sélection respective comme si c’était hier. Le Rocket de Montréal/PEI, pour lequel j’agissais en tant que bras droit du DG Serge Savard Jr., avait choisi Lapierre en 2e ronde en 2001 et Gragnani au 5e tour en 2003.

« Lappy », un vrai leader !
Durant la saison 2000-2001, Maxim évoluait dans la Ligue midget AAA avec les Estacades du Cap-de-la-Madeleine et étant résident de cette même ville. Je l’avais vu à l’œuvre une trentaine de fois. Bien qu’il ne mesurait que 5 pieds 9 dans le temps, j’adorais son éthique de travail et sa combativité. J’avais d’ailleurs insisté pour que l’équipe l’amène en entrevue à Montréal quelques jours avant le repêchage et il n’en fallait pas plus pour que « Junior » (Savard) tombe en amour avec sa personnalité.

Une fois la séance arrivée, nous n’avions dans les cinq premières rondes qu’un choix de premier, deuxième et cinquième tour et nous avions définitivement besoin de sélectionner un jeune gardien tôt lors de cette séance.

Au premier tour, Serge Jr. tenait mordicus au gros ailier Danick Jasmin-Riel même si les autres membres du staff voyaient l’attaquant Marc-Antoine Pouliot dans leur soupe (il fera d’ailleurs des malheurs aux côtés de Sidney Crosby avec l’Océanic de Rimouski, qui l’a réclamé tout de suite après nous !). Ce fut donc son choix.

Quand nous sommes arrivés en deuxième ronde, je lui ai glissé à l’oreille sur un ton assez ferme : « Jasmin-Riel n’était pas notre choix et tu le sais. Je vais me rallier, parce que c’est toi le boss ! Mais svp, même si je sais qu’on a besoin d’un goaler (ironie du sort, nous reluquions alors le cerbère Jonathan Boutin, originaire de Shefford !), passe pas par-dessus Lapierre, parce que si tu veux un capitaine, lui, il va en être un ! »

Il m’avait répondu : « Je sais que tu t’es battu pour Pouliot et c’est vrai qu’il va être bon, mais fais-moi confiance… Par contre, si tu le veux ton petit Lapierre, signe la feuille, tu as ma bénédiction ! »

J’avais alors conclu notre échange ainsi : « Non, seulement il va être bon, mais il va jouer dans le pro, car il a trop de chien ! » Il m’avait alors regardé, sceptique…

On connaît la suite : « Max » a connu une énorme poussée de croissance et en 2002-2003, lors de son année de repêchage, il est arrivé au camp d’entraînement à 6 pieds 1 et 205 livres. Notre entraîneur, Alain Vigneault, l’a ensuite nommé capitaine. Au mois de juin, le Canadien l’a choisi en deuxième ronde au repêchage de la LNH.

« Grager », un compétiteur qui connaît la game
Quant à Gragnani, en 2003, nous pouvions nous compter chanceux de l’avoir obtenu aussi tard dans le repêchage, lui qui fut notre choix de cinquième tour.

Étant le partenaire régulier à la ligne bleue de Marc-Édouard Vlasic du temps ou nos deux compères évoluaient ensemble pour les Lions du Lac St-Louis, il s’occupait de l’aspect offensif du duo alors que « Marco » en était le général. Par contre, à l’aube de la séance de sélection, nous savions pertinemment bien que son petit gabarit le ferait reculer de plusieurs rangs. Mais il était tellement habile et si agile… malgré ses 5 pieds 8 et 145 livres !

De plus, en entrevue, nous étions littéralement tombés sous le charme de cette petite famille du West Island. Son père Vic et sa maman — dont j’ai malheureusement oublié le prénom, maudite vieillesse ! — nous avaient reçus dans la plus pure tradition européenne. Avant que nous les quittions, sa maman m’avait d’ailleurs glissé à l’oreille : « Vous nous avez fait une belle impression, M. Gélinas, et je vous remercie de l’intérêt envers notre fils. Mais si jamais vous le repêchez, pouvez-vous me promettre que vous allez prendre soin de mon bébé ? »

Je lui répondis : « Je ne peux pas vous promettre que nous allons le repêcher, même si je dois avouer que j’adore la façon de jouer de votre garçon. Par contre, s’il s’avérait être un jour un Rocket, je vous promets d’en prendre soin comme s’il s’agissait de mon fils. Et tout comme mon fils, je serais fier de le voir jouer pour nous. » J’avais d’ailleurs dit la même chose aux parents de Lapierre deux ans plus tôt. Non seulement les deux ont été des pièces maîtresses du Rocket, mais ils ont également connu une belle carrière chez les pros.

Aujourd’hui, quand je vois mes deux « p’tits gars » porter les couleurs d’Équipe Canada, inutile de vous mentionner que j’en ressens énormément de fierté…

ON EN JASE AUTOUR D'UN BON CIGARE

Lors d’au moins deux de mes chroniques précédentes, mon ami et patron au Verbe Divin, Jean Striganuk, en était devenu en quelque sorte la coqueluche. En plus de se teindre les cheveux en blond à la suite d’un pari perdu, Jean avait poussé l’audace jusqu’à porter une chemise ornée de flamants roses lors d’une réunion pédagogique. Bien entendu, certains de mes collègues enseignants n’allaient pas rater une pareille occasion et se sont empressés de prendre quelques clichés histoire d’immortaliser l’événement. 

Et évidemment, vous me connaissez, je n’ai été que le commissionnaire de ces mêmes personnes qui, elles, moqueuses, désiraient que j’en informe la population de Granby et des environs, Jean y étant connu comme Barrabas… 

Toutefois, il faut être sérieux dans la vie…

Alors, lorsque mon ami Jean est heureux, je le suis également pour lui.

Peu après le début de la nouvelle année, en compagnie de son inséparable acolyte Yves Deslongchamps, Jean a pu assister au « pro-am » du Sentry Tournament of Champions disputé sur le prestigieux parcours du Plantation Course de Kapalua Golf, à Hawaï.

Contrairement à d’autres événements du genre, les spectateurs étaient peu nombreux et c’est ainsi que celui qui est le conjoint de la ravissante Nathalie Corbeil du Bistro-Beauté a pu prendre la pose non seulement avec le professionnel Rickie Fowler, mais également en compagnie du numéro un au monde, l’américain Dustin Johnson.

Par contre, l’histoire ne nous dit pas si Jean en a profité pour lui montrer les secrets de son « power fade », surtout quand on sait que Fowler a toutes les misères du monde à exécuter un crochet de gauche à droite, préférant, et de loin, jouer un léger « draw »…