Danny Gélinas
Mon fidèle complice Luc Boucher, maintenant recruteur pour les Islanders de Charlottetown
Mon fidèle complice Luc Boucher, maintenant recruteur pour les Islanders de Charlottetown

Mes coups de cœur de 2019

CHRONIQUE / Premièrement, avant de commencer cette chronique, j’aimerais vous souhaiter à tous, fidèles lecteurs, un très joyeux Noël. Que cette période soit pour vous un excellent moyen de vous rapprocher de ceux que vous aimez. Profitez-en pour vous accorder du temps de qualité afin d’échanger avec parents et amis.

Depuis près de quatre ans, je tente pour vous de suivre de la meilleure façon possible tout ce qui se passe dans l’activité sportive régionale, nationale ou internationale. Je partage avec vous certains éléments qui ont attiré mon attention. Dans cette optique, je récidive encore cette année et pour les deux prochaines semaines. Voici donc mes coups de cœur de 2019.

Bonne lecture !

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De retour avec les boys

Je n’avais pas prévu effectuer un retour dans le hockey. Du moins, pas cette année.

J’attendais que mon petit bonhomme ait fini ses études secondaires pour y revenir. Si j’avais pris une pause après la séance de sélection de 2008 de la LHJMQ qui s’est tenue à Sydney — une coïncidence ! — au Cap-Breton, c’était pour passer le plus clair de mon temps auprès de ma petite famille.

Ma conjointe, qui avait alors subi une grave chirurgie, s’apprêtait ensuite à donner naissance à notre premier enfant. Vu son état, on prévoyait possiblement des complications lors de l’accouchement et/ou au cours des semaines et des mois subséquents. Heureusement, rien de cela ne s’est produit. Merci mon Dieu ! Malgré tout, il m’apparaissait impossible de poursuivre ma vie de dépisteur. Comme dans les films de John Wayne, je me devais de choisir entre ma femme ou mon cheval, c’est-à-dire le hockey. Bien entendu, j’ai choisi ma femme !

J’aurais pu continuer en demandant une tâche allégée, ce que mon fidèle complice Luc Boucher, mon supérieur du temps, m’aurait sans doute accordé. Mais en agissant de la sorte, je n’aurais travaillé qu’une ou deux soirées par semaine (le job de recruteur dans la LHJMQ étant un travail d’appoint, mis à part certains recruteurs-chefs qui le font maintenant à temps plein), ce qui m’aurait empêché de connaître la majorité des joueurs « élites » de 15 à 20 ans de l’Est du Canada. Je n’aurais pas eu le sentiment d’aider ma formation, le Drakkar de Baie-Comeau, et ma gang de chums de la meilleure façon possible.

Car peu importe le niveau — que ce soit junior AAA, junior majeur ou même dans la LNH —, c’est ça le recrutement : une caravane à l’intérieur de laquelle on retrouve des hommes âgés entre 20 et 70 ans, sauf exception, et qui se déplace de ville en ville pratiquement tous les jours de la semaine, mis à part le lundi. Ils sont terminés les traditionnels matchs du lundi soir au vieux Colisée de Laval. Matchs qui nous manquent cependant cruellement !

Ces journées nous servent généralement à remplir les différents rapports hebdomadaires à remettre le lendemain avant 9h.

Jadis, et c’est encore la tradition, on nous demandait d’agir de la sorte dans le hockey professionnel, et ce mode de fonctionnement s’est propagé jusqu’au hockey junior.

Mais à l’intérieur de cette caravane, il arrive qu’étant donné que ces gens se côtoient tous les jours, de solides amitiés se nouent. Des amitiés qui dépassent bien souvent le cadre du hockey.

En ce qui me concerne, c’est ce qui s’est produit avec bon nombre de mes collègues. Outre Luc, je n’ai qu’à penser aux Michel Boucher, André « Moose » Dupont et son fils Danny, Martin Madden Jr., Pierre Dorion, Clément Jodoin, Alain Chainey, Luc Mercier, Richard Lafrenière, André Tourigny, Stéphane Mondou, les deux Michel Cormier — Sr. et Jr. — Patrick Desrosiers et Patrick Black, notamment, qui au fil des ans sont demeurés de précieux alliés.

Mises à part ses amitiés inébranlables, il peut aussi arriver que chacun en profite pour se tisser un impressionnant réseau de contacts, peu importe la provenance des gens.

Comme nous le répétait sans cesse « un vieux sage » qui va se reconnaître en lisant ce texte : « Quand tu fais du hockey au Québec, si tu tombes en panne à Hull ou dans le Bas-du-Fleuve, tu ne seras jamais mal pris. T’es sûr de connaître quelqu’un dans le coin ! » Et il avait bien raison !

Alors, imaginez lorsque vous commencez dans le domaine, comme je l’ai fait, à l’âge de 18 ans. Vous avez le temps de faire le tour du Québec des dizaines et des dizaines de fois !

Raison de plus quand tes équipes gagnent. Le hockey étant une véritable religion chez nous, les gens aiment s’associer aux gagnants. La vie est ainsi faite.

Et que ce soit par chance, par un travail acharné de tous les membres de l’équipe ou un mélange des deux — ce qui est généralement le cas —, j’ai eu l’extrême privilège d’être associé, comme bien d’autres de mes collègues, à certaines formations junior majeure qui ont, en quelque sorte, très bien figuré : Verdun, Laval, Victoriaville et Lewiston, pour ne nommer que celles-là.

Résultat ?

Avec mes nouvelles fonctions avec les Inouk, peu importe l’aréna où je me présente maintenant, quelque dix ans plus tard, je suis assuré de faire la rencontre d’une personne que j’ai déjà croisée dans mon ancienne vie. Notre valeureux président, Richard Morasse, qui m’accompagne souvent, n’en revient toujours pas.

« Danny, on dirait que tu es comme une rock star tellement tout le monde te connaît ! », m’a-t-il dit un certain soir de septembre. Moi qui n’aie pratiquement jamais fait partie de clubs sociaux, que ce soit les chambres de commerce, les Chevaliers de Colomb ou autres organisations du genre, voilà ce qui, mis à part la game comme tel, me manquait le plus. Le fait d’être de retour au sein de cette petite communauté que constitue le hockey majeur au Québec.

Et, surtout, d’être de retour avec les boys !