Guy Boucher en 2016, alors qu’il dirigeait les Sénateurs d’Ottawa

Mes coups de cœur 2019 (la suite)

CHRONIQUE / La semaine dernière, je vous ai présenté mon retour dans le monde du hockey comme l’un de mes coups de cœur de l’année 2019. Je récidive cette semaine avec la suite.

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Guy Boucher est l’excellent communicateur de l’émission D’un autre angle. Aussitôt qu’on me l’a présenté, nous avons eu beaucoup de plaisir. Si je connaissais le valeureux petit attaquant des Redmen de McGill, je n’avais jamais rencontré l’individu qui se trouvait sous le casque. 

On se transporte donc au repêchage de la LHJMQ de l’an 2000 où, quelques semaines plus tôt, Guy venait d’être nommé adjoint à l’entraîneur des Huskies de Rouyn-Noranda, formation dirigée par son mentor, Jean Pronovost. Étant un ami de « Pronny » — lui et son frère Marcel, nés à Shawinigan, sont des cousins de ma mère Raymonde —, il était tout à fait normal de nous retrouver lors du traditionnel cocktail du commissaire Courteau présenté la veille.

Accompagné notamment de Guy, Jean me l’avait présenté.

Après avoir échangé les politesses d’usage et lui avoir mentionné que j’adorais son intensité et sa capacité à bien performer à l’intérieur des différents systèmes de jeu du temps où il était joueur, je me souviens précisément que la conversation avait aussitôt débouché sur certains aspects de « la game ».

Nous avions convenu de remettre le tout et nous sommes partis chacun de notre côté, ravis d’avoir pu parler à un collègue pratiquement du même âge. Guy est né en 1971 et moi, en 1972. Qui plus est, on partageait la même passion du jeu. 

Puis, l’année suivante, quand « Pronny » a quitté son travail avec les Huskies et qu’il a été remplacé par Robert « Bob » Mongrain, Guy s’est vu confier le poste d’entraîneur-chef des Lions du Lac St-Louis de la Ligue midget AAA. Avant chaque match des siens auquel j’assistais ou lors de n’importe quel autre affrontement au cours duquel nous nous retrouvions, nous prenions le temps de jaser entre les périodes ou après la rencontre, trop heureux de nous revoir. Vous ne serez donc pas surpris de savoir que j’ai toujours apprécié sa compagnie.

Ainsi, la saison suivante, quand le directeur général Serge Savard Jr. a décidé de mettre fin à l’association liant le club à notre instructeur Gaston Therrien et qu’il m’a demandé de lui rédiger une courte liste de candidats qui, selon moi, seraient en mesure de lui succéder, j’y avais inscrit les noms de Judes Vallée, d’André Tourigny et de Martin Russell avec, en tête de celle-ci, le nom de Guy. 

Serge ayant préféré confier les rênes de l’équipe à Gilbert Delorme, qui avait jusque-là travaillé en tant qu’adjoint de Gaston, Guy a complété, pendant ce temps, un cycle de trois ans dans le West Island avant d’aboutir avec l’Océanic de Rimouski, équipe de sa région natale. Et on connaît la suite… 

Guy a obtenu du succès partout où il est passé, que ce soit en remportant la Coupe du Président à la tête des Voltigeurs de Drummondville, en 2009, ou avec les Bulldogs d’Hamilton, de la Ligue américaine, le Lightning de Tampa Bay ou les Sénateurs d’Ottawa. 

Une anecdote. Peu avant son embauche dans la capitale canadienne, un membre très influent de l’état-major des Sénateurs m’avait lâché un coup de fil pour connaître mon opinion à savoir s’il faisait le bon choix. 

« Avec Guy, non seulement tu vas aimer le coach, mais tu vas adorer l’individu, que je lui avais alors répondu. Il est travaillant et il va devenir pour toi un ami très précieux. Puis, un jour, vous aurez à le congédier et ça va te faire de la peine plus qu’avec n’importe quel autre coach ! »

Il avait obtenu à peu de choses près le même son de cloche des quatre autres personnes qu’il avait contactées après notre conversation.

D’ailleurs, lors de l’annonce du congédiement de Guy par les Sénateurs le 1er mars dernier, leur DG, Pierre Dorion, s’était présenté devant la presse les traits tirés, car il savait qu’il perdrait beaucoup plus qu’un entraîneur. 

Par contre, si je me mets dans la peau d’un téléspectateur, il y a là tout de même une bonne nouvelle dans ce scénario : on retrouve, cette année, le principal intéressé dans un tout nouveau concept au sein de l’émission D’un autre angle, présentée sur les ondes de RDS2.

Beaucoup d’informations, beaucoup d’anecdotes, bref, une nouvelle façon de regarder les matchs du Canadien. 

À les écouter, on peut dire sans trop se tromper qu’il existe vraiment une belle complicité entre les quatre panélistes sur le plateau, où on retrouve Guy, l’animateur Matthieu Proulx, qui ne cherche qu’à en connaître davantage sur le hockey, le boute-en-train Maxime Talbot, qui a un sens du timing incroyable et Bruno Gervais, la force tranquille des quatre, qui possède une personnalité beaucoup plus effacée, mais qui apporte des commentaires intéressants. 

Possédant une maîtrise en psychologie sportive lui permettant de glisser souvent de bons points au sujet du « mental » des athlètes, Guy tire très bien son épingle du jeu chaque mardi. De plus, sa très grande connaissance des différentes stratégies amène énormément de crédibilité à l’équipe. 

On n’a qu’à penser à sa démonstration de la sortie de zone en croisée « slash across », la nouvelle tendance dans la LNH, qui permet de faire reculer les défenseurs tout en créant de l’espace en largeur pour les défenseurs. Je vous le dis, c’est du bonbon ! Profitons-en, car je suis convaincu que le jour n’est pas si loin où Guy Boucher recevra un autre appel du circuit Bettman...