Mathieu Betts et son coéquipier Samuel Thomassin lors de la journée professionnelle de l'Université Laval, à laquelle des dépisteurs de cinq équipes de la NFL avaient assisté.

Mathieu Betts signe un contrat avec les Bears de Chicago

C’est avec les Bears de Chicago que l’ailier défensif du Rouge et Or de l’Université Laval Mathieu Betts poursuivra sa carrière dans la NFL. Même si aucune équipe du circuit Goodell ne l’a sélectionné lors du repêchage qui prenait fin samedi, Betts a tout de même ratifié une entente de trois ans avec les Bears à titre de joueur autonome avant même la fin de l’encan annuel.

«Depuis le début, j’étais très conscient que de bonnes choses pourraient se dérouler à la fin du repêchage ou alors comme agent libre. Honnêtement, je n’ai aucune déception de ne pas avoir été repêché, que de la joie aujourd’hui! C’est un scénario que je m’étais mis dans la tête aujourd’hui, à savoir que je pourrais signer comme agent libre. C’est une bonne situation car je pouvais choisir l’équipe qui répondait le mieux à mes besoins et Chicago est une belle ville de football», a déclaré Betts en conférence téléphonique après le repêchage.

Betts a raconté s’être assis avec son agent, Sasha Ghavami, entre la fin de la sixième et le début de la septième et dernière ronde du repêchage afin de discuter stratégie. «Dans les rondes tardives, c’était clair dans mon esprit que les équipes qui s’étaient intéressées à moi passeraient davantage par les agents libres que par le repêchage. Avec Sasha, on a élaboré un plan pour une signature comme agent libre et quand le repêchage était terminé, on avait déjà une offre en poche et on était prêts à signer», a raconté le joueur de 24 ans.

Les Cards dans le décor

Les négociations de Ghavami incluaient les Bears, mais les Cardinals de l’Arizona étaient également dans le décor et il s’en est fallu de peu pour que Betts aboutisse à Phoenix. «Je menais parallèlement des négociations avec les Cards et les Bears, mais dans la phase finale, des technicalités logistiques ont fait échouer l’entente avec les Cards. Ça nous a cependant permis de conclure avec Chicago», indique Ghavami, qui représente aussi les intérêts de deux autres Québécois dans la NFL, Laurent Duvernay-Tardif et l’ancien du Rouge et Or Anthony Auclair.

Après s’être entretenu avec l’entraîneur des secondeurs des Bears, Ted Monachino, Betts s’attend à évoluer à la position de secondeur extérieur. «Certains le verront comme un changement de position, mais pas moi. Ce sont essentiellement des choses que je sais faire, comme mettre de la pression sur le quart-arrière et assurer le périmètre au niveau du front défensif. Éventuellement, je serai aussi appelé à faire de la couverture au niveau de la passe, quelque chose que j’ai moins fait à Laval, mais pour lequel je me suis beaucoup entraîné. J’ai hâte d’apprendre, j’ai hâte de commencer!» a déclaré un Betts enthousiaste.

«Je vais me présenter au camp non pas comme un fan, mais comme un membre à part entière de l’équipe. Je veux que la période d’adaptation soit la plus courte possible et je veux prendre toutes les rétroactions qu’on me proposera pour devenir un meilleur joueur», a-t-il ajouté lorsque questionné au sujet de la présence de joueurs solides comme Khalil Mack et Leonard Floyd dans la brigade de secondeurs des Bears, sans oublier le plaqueur Akiem Hicks. Même s’il est Américain, Hicks est comme Betts un produit du football universitaire canadien puisqu’il a terminé sa formation à l’Université de Regina, où il portait les couleurs des Rams. «Akiem Hicks est un des bons plaqueurs de la NFL et je suis chanceux et privilégié de pouvoir côtoyer cette trempe de joueurs là.»

Le Montréalais de 6 pieds 3 pouces et 254 livres a aussi avoué qu’il était un peu dans le néant quant à ce que lui réserveraient les prochaines semaines. «C’est un peu surréaliste ce qui m’arrive et je pense que je n’arriverai pas à le réaliser tant que je n’aurai pas l’uniforme des Bears sur le dos! J’aurai des nouvelles bientôt du minicamp des Bears et du moment où je devrai me rapporter à l’équipe, mais depuis le «Pro Day» le 11 mars, je suis en mode de préparation physique pour le camp d’entraînement.»

Stress et explosion de joie

En plus de son agent, Betts était entouré de plusieurs membres de sa famille samedi. «Ça a aidé à alléger, à dédramatiser la situation, quoiqu’il n’y avait rien de dramatique. C’était quand même une situation un peu stressante. Tout le monde était content et il y a eu une explosion de joie quand j’ai annoncé que j’avais signé même s’il y a eu un peu d’incompréhension car j’avais conclu une entente verbale avant la fin du repêchage», poursuit Betts.

Le numéro 9 du Rouge et Or rejoint donc le maraudeur Sébastien Séjean et l’ailier rapproché Anthony Auclair parmi les joueurs du Rouge et Or ayant signé un contrat dans la plus puissante ligue de football au monde. Séjean avait fait partie de l’équipe d’entraînement des Rams de Saint-Louis en 2008 et avait été en uniforme pour trois matchs présaison avant de poursuivre sa carrière dans son pays natal, la France. Comme Betts, Auclair avait annoncé sa signature avec les Buccaneers de Tampa Bay quelques minutes après le repêchage de 2017. Il vient de compléter sa deuxième saison dans la NFL.

«J’ai parlé avec Anthony plusieurs fois durant la saison morte pour me guider sur ce qui m’attendait pour les prochains mois. Il m’a énormément aidé et c’est bien d’avoir quelqu’un qui a réalisé un parcours semblable au mien», termine Betts.

Le seul Canadien repêché cette année dans la NFL est le receveur de passes N’Keal Harry, un produit de l’Université Arizona State sélectionné par les Patriots de la Nouvelle-Angleterre. Harry est né à Toronto, mais sa famille a déménagé dans l’état insulaire antillais de Saint-Vincent-et-les-Grenadines alors qu’il n’était qu’un bébé avant de s’établir à Phoenix. Comme en 2018 et en 2017, aucun footballeur d’une université canadienne n’a été sélectionné au repêchage. Le dernier en lice est le Nigérian David Onyemata, plaqueur défensif des Bisons de l’Université du Manitoba sélectionné en quatrième ronde par les Saints de la Nouvelle-Orléans en 2016.

Un autre client de Sasha Ghavami, le garde Mo Simba Bibaku des Stingers de Concordia, a cependant obtenu une invitation au camp des Chiefs de Kansas City, où s’aligne Laurent Duvernay-Tardif. «Il n’a pas de contrat, mais les Chiefs l’aimaient et sont allés le voir jouer à Concordia. Ils ont besoin de profondeur à la position de bloqueur et s’il progresse bien, il pourrait se tailler une place», termine Ghavami.