J’ai toujours beaucoup de plaisir à côtoyer Martin Bélair, un ex-hockeyeur devenu copropriétaire du Resto Pub St-Ambroise.

Martin Bélair : l’espoir professionnel devenu entrepreneur

Ça fait plus de 25 ans, mais je m’en souviens comme si c’était hier…

C’était ma première saison en tant que recruteur.

Comme je vous l’ai déjà mentionné, Michel Boucher (un de mes mentors et actuel recruteur émérite du Lightning de Tampa Bay) agissait alors comme recruteur-chef du défunt Collège Français de Verdun de la LHJMQ, sous la férule du directeur général Pierre Creamer.

Connaissant ma passion pour le hockey, « Mike » m’avait demandé de me joindre à son groupe en tant que « dépisteur junior », lui qui voulait m’apprendre les rudiments du métier en vue que plus tard je puisse y gravir les échelons. J’étais effectivement prêt à tout, absolument tout, pour apprendre.

Le Collège Français ayant remporté la Coupe du Président (remise aux champions des éliminatoires dans la LHJMQ) l’année précédente avec entre autres dans ses rangs les vétérans Donald Brashear, Robert Guillet, David St-Pierre et compagnie, le club était en quelque sorte à rebâtir.

Bien entendu, quiconque désirant mettre sur pied la meilleure équipe possible à partir de presque rien vous le dira : on commence par solidifier la défensive, ensuite la ligne de centre pour finalement terminer le travail par les ailes.

Dans les filets, avec le retour du gardien Philippe DeRouville, pas de problème ! Mais à la défense, c’était une tout autre histoire !

Notre équipe de recruteurs avait donc comme mandat de dénicher les meilleurs défenseurs possible. Parmi les meilleurs espoirs de la Ligue midget AAA du temps se retrouvaient deux coéquipiers avec les Lions du Lac St-Louis. Ils avaient pour nom Martin Bélanger et Martin Bélair. On disait même de ce dernier qu’il avait tout un avenir devant lui, étant déjà identifié comme un espoir professionnel.

Cependant, comme bien d’autres ayant usé de la même tactique afin de choisir leur équipe, il avait mentionné à toutes les formations du circuit Courteau son intention de fréquenter une institution américaine, en l’occurrence les Golden Knights de l’Université Clarkson, dans l’État de New York. Ironie du sort, les deux se sont toutefois retrouvés ensemble à Granby quelques années plus tard, portant alors les couleurs de nos Bisons. Si Bélanger est retourné depuis dans ses terres, Bélair lui, après un séjour avec la toute nouvelle formation des Foreurs de Val-d’Or, est revenu vivre dans la Princessee des Cantons-de-l’Est.

Pour les lecteurs qui se demandaient ce qu’était devenu Frank Spinozzi, sachez qu’il agit depuis 8 ans en tant que directeur-gérant et entraîneur-chef des Bisons de Neuilly-sur-Marne, une formation évoluant en deuxième division de la ligue française.

Homme d’affaires dans la région, il est copropriétaire du Resto Pub St-Ambroise, entreprise dont il assure également la gérance.

Si vous le voulez bien, laissons-le nous raconter son parcours…

« À ma dernière année midget, je venais de gagner la Coupe Air-Canada avec les Lions et Blair MacKasey était notre entraîneur. Durant une bonne partie de la saison, j’avais eu des contacts fréquents avec les dirigeants de Clarkson (avec en tête leur réputé instructeur Mark Morris) et je considérais sérieusement l’option de me joindre à eux, d’autant plus que mon grand “chum” Jean-François Houde s’était déjà commis avec eux. »

« Puis un soir, le DG Charlie Henry des Olympiques de Hull et son entraîneur Alain Vigneault sont venus me rencontrer à la maison afin de me proposer de “jouer la game” (note aux lecteurs : “jouer la game” veut dire qu’un joueur signifiait dans le temps qu’il allait s’expatrier aux États-Unis dans le but de se faire ignorer par la plupart des équipes, pour que la formation avec lequel il s’était préalablement entendu, puisse le repêcher à un rang de repêchage beaucoup plus tardif… Les Titans de Laval, les Olympiques de Hull et plus récemment les Sea Dogs de St John et les Remparts de Québec n’hésitaient aucunement à user de cette “stratégie” afin de sélectionner d’excellents espoirs) tout en me promettant de me repêcher lorsque sera venu leur tour de sélectionner. »

« Comme de fait, j’ai donc mentionné aux autres clubs de la LHJMQ que rien ne servait de me choisir, je m’en allais aux États-Unis. Bien que j’aurais normalement dû être choisi parmi les trois premiers au total, les Olympiques m’ont choisi au 10e rang en raison du stratagème. Une fois la saison débutée, j’ai eu un vrai choc ! Moi qui étais habitué d’être utilisé à toutes les sauces, je me retrouve à 17 ans comme 7e défenseur au sein d’une équipe qui vient de changer d’entraîneur (Alain Vigneault venait de graduer avec les Sénateurs d’Ottawa en tant qu’assistant à Rick Bowness, son adjoint Michel Charron l’ayant remplacé avec les Olympiques) au sein de laquelle les vétérans prennent toute la place, ce qui a fait en sorte que je n’ai que très peu joué avant les Fêtes. Mon agent, Gilles Lupien, s’étant chargé de me sortir de là, c’est ainsi que je fus échangé ici à Granby en retour de l’ailier Yannick Fréchette. »

« L’année suivante, les Bisons m’ont transigé à la nouvelle équipe d’expansion, les Foreurs de Val-d’Or, qui eux, voulaient bâtir leur défensive autour de moi. Non seulement ai-je eu beaucoup de glace, mais j’ai vraiment apprécié mon expérience en Abitibi… jusqu’à ce que lors de ma deuxième saison, j’entre en conflit avec l’entraîneur Normand Flynn et que je décide de plier bagage afin de retourner à la maison et jouer avec les Braves de Valleyfield dans le junior AAA. À partir de là, je savais que le hockey, c’était fini pour moi ! Je suis donc allé travailler dans le domaine de l’alimentation et j’y ai monté les échelons un à un, tant et si bien que je suis retrouvé ici à Granby en tant que gérant du Maxi. »

«C’est d’ailleurs ici que j’y ai rencontré Guylaine (Forand, qui en plus d’être l’une des copropriétaires du St-Ambroise avec lui fut sa compagne pendant de nombreuses années) et lorsque Sandra Choquette a décidé de quitter l’entreprise, Gaétan Dion (l’autre copropriétaire) et Guylaine m’ont offert de me joindre à eux en plus de me confier la gérance du restaurant-pub. Je ne pouvais donc être plus heureux », d’avouer l’homme qui est maintenant âgé de 43 ans.

Quant à savoir si un ou des « petits Bélair » pourraient un jour suivre les traces de leur paternel sur la patinoire, Martin avouera que la paternité représente l’un de ses projets pour les prochaines années, lui qui partage maintenant sa vie avec la ravissante Stéphanie Périgny, propriétaire du Maître Glacier de Bromont.

ON EN JASE AUTOUR D'UN BON CIGARE

Il y a quelques semaines, j’avais écrit une chronique au sujet de Kevin Spinozzi, fils de l’homme de hockey bien connu Frank Spinozzi (notre photo).

Non seulement avais-je reçu des réactions très positives de la part des lecteurs, mais bon nombre d’entre vous m’ont demandé ce qu’était devenu Frank après toutes ces années. Sachez que Frank est depuis 8 saisons déjà le directeur général et l’instructeur-chef des Bisons de Neuilly-sur-Marne, une formation évoluant en deuxième division de la ligue française. Les Bisons comptent parmi leurs rangs le défenseur Maxime Dubuc, un hockeyeur natif de Marieville.