Alain Groleau et Éric Haley sont en train de bâtir toute une organisation au Cap-de-la-Madeleine.

Maroons: un bon show, mais du travail reste à faire

CHRONIQUE / On le sait, nos Maroons ont accédé aux séries éliminatoires de la Ligue de hockey senior AAA du Québec. Quand vous lirez ces lignes, ils auront même disputé un premier match à Waterloo contre le Métal Perreault de Donnacona. J’ai assisté à leur dernière rencontre samedi dernier à l’aréna Jacques-Chagnon. En voici quelques échos.

Tout d’abord, mentionnons que j’en étais seulement à ma deuxième présence à Waterloo cette saison. Je me promets toutefois de suivre l’équipe de manière nettement plus assidue l’an prochain, tellement j’ai aimé le spectacle. Si, d’ordinaire, les hommes forts se battent généralement entre eux, les joueurs talentueux sont de plus en plus légion dans ce circuit présidé par mon ami Michel Dorais. De belles pièces de jeu orchestrées par des joueurs habiles, du jeu physique et rapide, le tout agrémenté de quelques combats. Pour moins de 10 $ le droit d’entrée, un match des Maroons, à mon avis, constitue assurément l’un des meilleurs rapports qualité/prix en ce qui a trait au divertissement dans notre région. Par contre, l’état-major des Maroons aura, à la fin de la présente saison, à faire un examen de conscience, car malgré l’excellente qualité du spectacle, l’équipe que j’ai vue à deux reprises n’a jamais été dans le coup. Tant contre Louiseville avant les Fêtes que samedi dernier en recevant  Cap-de-la-Madeleine.

Dans une ligue provinciale qui s’apprête à accueillir de plus en plus de joueurs de talent, les locaux ne peuvent plus strictement s’en tenir à un recrutement presque exclusivement régional. On doit couvrir la province si l’on veut compétitionner avec des formations comme La Tuque, Cap-de-la-Madeleine ou Louiseville. Et c’est là qu’un David Lapierre, avec tous ses contacts dans la LHJMQ et la LHJAAAQ, sera d’une aide précieuse. Bien entendu, on me dira qu’on peut compter sur de belles prises comme l’attaquant Yann Joseph (dont je vous parlerai plus bas), provenant de la région du Richelieu, ou du gardien François Lacerte (Mauricie). Mais pour les autres, la récolte semble bien mince, du moins en ce qui concerne les joueurs dits dominants.

Comme le mentionnait Alain Groleau, consultant-hockey chez le Climatisation Cloutier du Cap-de-la-Madeleine, la game ne se joue plus seulement sur la glace, mais aussi à un autre niveau. C’est souvent le cas dans des ligues professionnelles, même les mineures. Car quoi qu’on en dise, de moins en moins de joueurs choisissent d’évoluer dans la Ligue nord-américaine (en raison de la trop grande distance entre les villes) préférant, entre autres, rejoindre la Ligue senior AAA du Québec (LHSAAAQ).

« Comme dans toute bonne équipe majeure ou professionnelle, le recrutement de qualité et la recherche constante de commandites sont devenus des incontournables. Si on veut attirer des joueurs d’un peu partout, encore faut-il aller les voir et, surtout, bien les traiter une fois qu’ils sont rendus chez nous », souligne Alain Groleau. 

« De notre côté, à Cap-de-la-Madeleine, poursuit-il, le fait d’être situé en plein cœur du Québec nous facilite la tâche, c’est certain. On s’est entendus avec une chaîne hôtelière, ce qui permet à plusieurs de nos joueurs de rester à Trois-Rivières les week-ends où nous avons des matchs. Ils ne sont donc pas obligés de retourner à Québec ou à Montréal entre chacune des parties. Tu le sais tout comme moi pour l’avoir déjà vécu, quand les joueurs sont bien traités à un endroit, le mot se passe rapidement et le recrutement est facilité… »

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Assister à un match des Maroons prend souvent l’allure de journées de retrouvailles, car j’en profite chaque fois pour revoir soit d’anciens coéquipiers, instructeurs, confrères recruteurs ou même d’anciens joueurs qui évoluent dans la LHSAAAQ en tant que joueurs, instructeurs ou dirigeants d’équipe. Lors de ma première visite, j’ai été très heureux de renouer avec mon vieux chum Dean Lygitsakos, maintenant instructeur-chef et directeur général du Bellemare de Louiseville, en plus d’avoir pu apprécier les performances de deux de mes anciens étudiants, le gardien Philippe Gatien et l’attaquant Francis Charrette. 

Cette fois-ci, je savais que mes rencontres allaient être plus nombreuses. Normal, l’équipe visiteuse provenait de mon coin de pays, la Mauricie ! En plus de jaser avec Alain, j’ai pu converser avec l’entraîneur-chef Éric Haley. Dean, Éric et moi devions d’ailleurs nous astreindre, il y a un peu plus de 30 ans, au fameux « dix fois la côte Lajoie » qu’Alain et son assistant du temps, Daniel Dion, nous faisaient gravir avant chaque entraînement chez les Draveurs de Francheville bantam AA. Un exercice qui consistait à monter et descendre la « maudite » côte à dix reprises ! Comme le disait notre coéquipier Charles Toupin « dire que le coach veut qu’on se réchauffe ! On peut-tu lui dire que réchauffer, on l’est assez : ça fait depuis le début du camp d’entraînement que j’ai le feu au c... ! »

Aujourd’hui, on en rit, mais dans le temps…

Évidemment, loin de lui en vouloir après toutes ces années, Éric, connaissant les compétences d’homme de hockey d’Alain, a eu l’ingénieuse idée de lui demander de devenir son consultant. Ce dernier allait de toute façon assister à la plupart des matchs, son fils Marc-Olivier portant les couleurs du Climatisation Cloutier ! Le hockey étant souvent une histoire de famille, vous ne serez pas surpris d’apprendre que le jeune Marco — que j’ai déjà bercé ! — a un coup de patin qui ressemble étrangement à celui de son oncle Stéphane (Groleau), le jeune frère d’Alain, un ancien compteur de 40 buts avec les Cataractes de Shawinigan à la fin des années 80. 

ON EN JASE AUTOUR D’UN BON CIGARE

Je venais tout juste de serrer la main à Alain et Éric que la période d’échauffement tirait à sa fin. En allant regagner mon siège, je vois donc le diminutif joueur de centre des Maroons, Yann Joseph, s’approcher de moi en me tendant la main. Que de bons souvenirs nous nous sommes rappelés ! Voyez-vous, il a près de 20 ans (le 22 mai 1999 précisément) alors que j’étais l’adjoint au directeur général Serge Savard Jr. avec le défunt Rocket de Montréal de la LHJMQ, je l’avais entre autres convaincu de sélectionner Yann au repêchage d’expansion en vue de former notre équipe. Yann était alors laissé sans protection par les Cataractes de Shawinigan, avec lesquels il s’alignait lors de la saison 1998-1999. Rapide, avec de bonnes mains, en plus de ne pas avoir froid aux yeux malgré son petit gabarit de 5’06 et 165 livres, celui qui a été notre no 10 ne nous a jamais déçus. Il a même cumulé plus de 75 points à sa première saison avec nous. Aujourd’hui, bien qu’il soit âgé de 37 ans, il demeure tout de même un des piliers de sa troupe toujours en raison de sa rapidité, de ses mains agiles, mais surtout, de sa force de caractère.

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Lors de cette même soirée à Waterloo, j’ai fait une autre belle rencontre, celle du président du circuit Michel Dorais qui, pour la circonstance, était accompagnée de l’une de ses filles, la ravissante Sarah-Maude, et de son petit-fils Noah, âgé de seulement quatre mois. Incidemment, j’ai senti Michel non seulement extrêmement fier, mais aussi très heureux dans son nouveau rôle de grand-père. Ce petit ne sait sans doute pas encore la chance qu’il aura de grandir dans cette famille.