« Des gens disent qu’il faut choisir entre [les études ou le sport], mais j’ai des exemples tellement proches de moi qui prouvent le contraire, donc je sais que c’est possible. », assure Marilou Duvernay-Tardif lorsqu’elle parle de l’influence de son frère et de sa sœur sur son parcours.

Marilou Duvernay-Tardif donne tout pour Tokyo

L’avironneuse Marilou Duvernay-Tardif prendra une année sabbatique afin de concentrer ses énergies pour se qualifier afin de joindre la délégation canadienne aux Jeux olympiques de Tokyo, qui se tiendront à l’été 2020.

L’ancienne gymnaste de Mont-Saint-Hilaire a connu une progression si importante que le plan de préparation qui était prévu pour les Jeux olympiques d’été de Paris en 2024 a été abrégé.

« Je viens de terminer mon cégep et comme c’est l’année olympique, ça tombait parfaitement », explique Marilou, qui s’entraîne à Lac-Brome. Si elle est sélectionnée sur l’équipe olympique, elle ne pourrait pas poursuivre son parcours scolaire.

Elle est tout de même confiante quant à son parcours scolaire pour la suite des choses. Elle a dans sa vie deux modèles qui ont su concilier sport de haut niveau et études universitaires.

Sa sœur, Delphine Duvernay-Tardif, a concentré ses efforts dans le ski de fond durant trois ans dans l’Ouest canadien avant de faire un retour aux études, en médecine à l’Université McGill.

Si le nom de famille vous dit quelque chose, c’est probablement parce qu’il est aussi porté par le garde Laurent Duvernay-Tardif, qui a fait sa marque avec les Chiefs de Kansas City dans la NFL. Le frère aîné de Delphine et Marilou a complété ses études en médecine, aussi, à McGill.

« Je prends une année off et je me sens quasiment mal de le faire, mais je les vois réussir et je trouve ça inspirant. Je sais que je peux le faire aussi », assure-t-elle.

« Des gens disent qu’il faut choisir entre [les études ou le sport], mais j’ai des exemples tellement proches de moi qui prouvent le contraire, donc je sais que c’est possible. »

« Ce qui m’inspire aussi c’est que les deux le font, mais avec du plaisir. On n’a jamais vraiment eu de pression de nos parents. »

Revenons à la benjamine. Marilou compte sur les Championnats nationaux d’aviron qui se tiendront à Burnaby, à quelques kilomètres de Vancouver, du 26 au 30 septembre prochain pour se tailler une place dans le quatuor d’athlètes qui représentera le Canada à Tokyo.

Tokyo 2020

« Si je fais bien [aux Championnats nationaux], on peut être invité au camp pré-olympique », précise-t-elle.

Elle devra se qualifier individuellement, mais la chance qui s’offrirait à elle sera au sein d’un quatuor. Si ce n’est pas Tokyo en 2020, ce sera Paris en 2024.

« Si jamais Tokyo ça arrive, c’est vraiment cool. Même si je me fais inviter au camp pré-olympique, mais que je ne me rends pas à Tokyo, c’est quand même une chance incroyable de m’entraîner pendant un an avec les filles de l’équipe nationale. Donc je vois ça comme une opportunité et pas comme un deadline. »

Pour y arriver, elle suit un programme d’entraînement très serré, à raison de deux à trois entraînements par jour, sur et hors de l’eau, six jours par semaine. Elle est installée à Knowlton depuis trois ans et s’entraîne sur le lac Brome. Pour une adepte de plein air, il est difficile de résister à l’envie de profiter de la nature de la région, alors qu’elle devrait se reposer lors de sa journée de repos, avoue-t-elle.

Retour sur les championnats du monde

L’entraînement a recommencé après une dizaine de jours de repos en revenant des Championnats du monde d’aviron U-23, disputé en Floride au début du mois d’août. Le quatuor féminin du Canada est revenu déçu de sa septième position, équivalant à la première place de la finale B, mais tout de même fier de sa performance.

Après une mauvaise première course, elles se sont retrouvées dans la manche de repêchage. Elles l’ont mal commencée et étaient à l’arrière du peloton, avant d’ouvrir la machine et de remonter.

« Dans les 250 derniers mètres, notre bateau était littéralement nez à nez avec le bateau suisse pour la deuxième position. Un coup on était en avant, l’autre coup c’était eux, et ça s’est terminé sur le timing du dernier coup et elles ont accédé à la finale A », raconte Marilou Duvernay-Tardif.

« Je savais qu’on avait tout donné, mais on était déçu, se souvient-elle. Je pouvais juste avoir du respect pour le bateau suisse. »

L’ex-gymnaste trace plusieurs parallèles entre les deux sports. « Ce qui est similaire, c’est que tu es entouré d’une équipe formidable. C’est ce qui me fait rester dans le sport », affirme-t-elle.

Néanmoins, le type d’effort est différent. « L’aviron, c’est davantage à quel point tu peux aller chercher de la force dans la douleur, à quel point tu peux pousser à travers. Une composante que tu n’as pas en gymnastique. »

« Tout le monde qui course ressent la même douleur, c’est juste qu’il faut que tu trouves quelque chose qui va te permettre de te démarquer des autres », avance Marilou. Pour elle, ce sont ses coéquipières qui font la différence.

« Je me suis beaucoup entraînée toute seule, mais cet été on s’est entraîné en quad et lorsque je poussais, ça me dérangeait absolument pas la douleur, parce que je savais qu’elles aussi avaient mal. On poussait ensemble et on se supportait. »