Mara Bouchard participera aux Jeux du Canada, à Winnipeg, au sein de l'équipe U-18 du Québec.

Mara Bouchard se cramponne à son rêve

Mara Bouchard met tout en oeuvre pour réaliser son rêve : devenir une joueuse de soccer professionnelle. Elle vient d'être acceptée dans l'équipe U-18 de la province du Québec en vue des prochains Jeux du Canada. Le défi n'est jamais assez grand pour cette sportive âgée de 16 ans qui n'hésite pas à faire des sacrifices pour vivre sa passion.
C'est ce besoin de nouveaux défis qui l'a poussée à quitter Granby pour s'installer à Laval, il y a trois ans, alors qu'elle était en troisième secondaire. Présentement, elle joue en U-17 AAA, en U-21 AAA et évolue dans le programme sport-étude du Centre national de haute performance (CNHP), à Laval. Ce programme regroupe les meilleurs joueurs et joueuses de soccer de la province. 
« Elle a quitté son équipe AAA de Granby parce qu'il fallait qu'elle ait des nouveaux challenges. Il fallait qu'elle aille jouer dans des catégories d'âge plus hautes », témoigne Jonathan Bouchard­, son père. 
« Depuis que je suis toute petite, je regarde les matchs à la télé. Ç'a toujours été mon rêve », avoue Mara.
En avril dernier, elle a joué contre l'Ontario dans l'équipe U-16 qui représentait le Québec­. C'est là que tout s'est mis en branle pour la Granbyenne. « On avait fait un bon tournoi et notre coach, Jessica Silva, a recruté les meilleures de notre équipe pour participer au camp avec les U-18 », raconte-t-elle. « Il y a eu plusieurs camps. Ça fait six mois qu'on se pratique pour être prêtes pour ces jeux-là ». Elle a appris qu'elle était sélectionnée pour les Jeux du Canada le 13 juillet dernier. 
Celle qui occupe la position de milieu de terrain s'envolera pour Winnipeg dans le cadre des Jeux du Canada qui débutent le 28 juillet prochain. « C'est gros. C'est comme les Jeux olympiques en plus petits », croit-elle. « J'ai travaillé toute l'année pour être sélectionnée. J'ai redoublé d'efforts pour pouvoir participer. »   
Parmi les 18 joueuses de l'équipe, elles sont six à être un peu plus jeunes. « Si on a réussi à faire notre place, c'est qu'on est rendues au même niveau que les autres. L'âge ne dérange pas vraiment­ », juge-t-elle. 
Et quand elle revient jouer avec les Cosmos, où tout a commencé, elle n'hésite pas à partager son entrain. « C'est toujours de mettre les efforts sur le terrain pour montrer aux filles de ton équipe qu'elles peuvent te suivre, que tu es un leader. Tout le monde est capable de se rendre jusque là », dit-elle. 
Mais pour elle, tout se résume à la volonté. « C'est aussi le vouloir qui est important. Et si t'as pas de fun dans ton sport, ça ne marchera­ pas. »
Sacrifices
« Mara a tout le temps travaillé très fort », souligne son père, qui vit - la semaine du moins - loin de sa fille depuis trois ans à cause du soccer. « Elle s'est privée de beaucoup de choses dans sa vie familiale. » En fait, non seulement la vie familiale a écopé, mais le cercle social de l'adolescente aussi. « Quand ses amis faisaient des fêtes, elle ne voulait pas se coucher trop tard, parce qu'elle savait qu'elle avait des grosses journées », explique son père. « Mais quand tu veux faire partie de l'élite, il y a des sacrifices à faire. Il ne faut pas délaisser ses amis de sa petite ville, mais en même temps, il faut que tu penses à tes objectifs. » 
Du rêve à la réalité
Faire partie de l'équipe du Canada est l'objectif à long terme de Mara. Le rêve pourrait d'ailleurs devenir réalité puisque des recruteurs seront présents lors des jeux du Canada. Elle se croise les doigts.
 Elle a déjà participé à un camp pour faire partie de l'équipe nationale U-17.
« Ça [les sacrifices] a vraiment valu la peine », témoigne-t-elle sans hésitation.
Du côté des États-Unis, quatre universités sont déjà entrées en contact avec l'athlète granbyenne pour l'attirer au sein de leur équipe. Son choix n'est pas encore arrêté.
« Elle tombe actuellement dans la phase où elle peut enfin bénéficier de ses efforts. Tout ce travail-là commence à payer pour elle », conclut Jonathan Bouchard­, fier de tout ce que sa fille a accompli et ce qu'elle continuera d'accomplir.
La Floride
Avant de se rendre à Winnipeg­ pour la compétition, Mara ira passer cinq jours en Floride. Mais il ne faut pas se méprendre : il ne s'agira pas de vacances, mais plutôt d'un camp préparatoire aux Jeux du Canada. « Ça va nous préparer physiquement, mentalement et techniquement à être prêtes pour les Jeux », explique-t-elle. 
C'est la première fois qu'elle voyage aussi loin pour le soccer. Probablement pas la dernière.