Michel Tassé
Marco Bernard est un homme intelligent, voire un fin négociateur.
Marco Bernard est un homme intelligent, voire un fin négociateur.

Mais où s’en va Marco?

CHRONIQUE / Marco Bernard fait partie du paysage sportif granbyen depuis longtemps. Il fait partie des meubles, comme on dit. Au point où quand ils parlent de lui, les gens parlent simplement de «Marco» plus souvent qu’autrement.

Alors, Marco a lâché une véritable bombe à mon collègue Jonathan Gagnon, en fin de semaine, lorsqu’il a affirmé qu’il négociait présentement la vente des Inouk avec un groupe de l’extérieur de la région. En même temps, celui qui est l’image de l’équipe depuis ses débuts, en 2005, a mentionné qu’il souhaite que la concession reste à Granby… bien que ce ne soit pas une condition sine qua non dans le processus de vente.

Bernard a parlé de la crise actuelle qui touche tout le monde, notamment les propriétaires des Inouk. Et de l’incertitude qui l’accompagne. Et du fait que la vente de l’équipe permettra à ses partenaires et à lui de souffler un peu lorsque la vie reprendra un tant soit peu son cours normal. Car il y aura plein d’autres choses à voir et à gérer.

Que Bernard et ses partenaires (les gens de sa famille, de sa belle-famille et quelques personnes de l’extérieur) soient inquiets en pensant à l’après-coronavirus et qu’ils veuillent s’y préparer dès maintenant, je comprends très bien. La famille Bernard brasse des affaires à Granby et Les Productions Extrêmes, leur entreprise, fait évidemment partie de celles qui sont touchées par la crise. À un moment donné, il est tout à fait normal que le gagne-pain passe avant le passe-temps…

Les Bernard tiennent aussi les Inouk à bout de bras depuis 15 ans. Certains diront qu’ils ont fait leur part; d’autres, qu’ils ont plutôt fait leur temps. Si on a noté un désintéressement de la part des partisans de l’équipe au cours des dernières saisons, désintéressement relié directement à la façon dont était gérée la concession selon plusieurs, on ne pourra jamais reprocher aux Bernard de ne pas avoir toujours mis une bonne équipe sur la patinoire.

En 15 ans, les Inouk ont joué pour une moyenne inférieure à ,500 à peine trois fois, dont en 2019-2020. Et au cours des huit saisons précédant celle qui n’a pu être terminée en raison de la pandémie, l’équipe a atteint le carré d’as en séries pas moins de six fois. Et il y a eu la coupe en 2014.

On dira ce qu’on voudra, c’est impressionnant.

Déménager l’équipe? Vraiment?

Mais voilà, il y a quelque chose qui me chicote dans les informations fournies par Marco Bernard à Jonathan Gagnon. Je vous le donne en mille : je suis très surpris que Marco soit en train de négocier la vente de l’équipe à un groupe de l’extérieur.

En ces temps très incertains, où ils sont nombreux à ne pas savoir s’ils auront encore un emploi ou s’ils seront encore en affaires dans quelques mois, je m’étonne que quelqu’un veuille se payer une équipe junior et la déménager avec tous les frais que ça occasionne. Sans savoir, en plus, s’il y aura seulement du hockey la saison prochaine.

Non, je n’oserais jamais dire que l’homme nous raconte des histoires. Mais la possibilité de voir l’équipe être vendue et être déménagée en cette période trouble me surprend grandement.

Reste que Bernard est un homme intelligent, voire un fin négociateur. Ses dernières déclarations inciteront-elles des gens d’ici à se lever afin de garder les Inouk à Granby? Pas impossible. Ou faire en sorte que ceux qui ont déjà eu de l’intérêt en ville reviennent à la charge? Pas impossible non plus.

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Les Inouk ont déjà été beaucoup plus populaires, on s’entend. Et il y a les Bisons qui prennent de la place, qui leur font beaucoup d’ombre. Mais reste que personne à Granby ne souhaite leur départ. Pas même Christian Roy, ex-actionnaire de l’équipe et propriétaire des Bisons, qui opère aussi la concession alimentaire du Centre sportif Léonard-Grondin et dont le chiffre d’affaires serait affecté pour la peine si la formation junior AAA s’envolait vers d’autres cieux.

Faudrait d’ailleurs voir ce que Roy pense de tout ça...