Jason Pitt ira jusqu’à dire qu’il refuserait même une offre de la Ligue nord-américaine s’il en recevait une.

L’intrigant Jason Pitt

CHRONIQUE / Année après année, depuis qu’il joue dans la Ligue de hockey senior AAA du Québec (ou l’ancienne ligue de la Mauricie), Jason Pitt est dominant. Avec l’équipe de Saint-Léonard-d’Aston, déménagée la saison dernière à Plessisville, il a connu des saisons de 25, 54, 49 et 43 points, à chaque fois en 22 matchs.

Et encore cette saison, il fait la pluie et le beau temps. Après 11 matchs, il revendique déjà 24 points, dont 11 buts, ce qui le place au deuxième rang des marqueurs du circuit, un petit point derrière Justin Paré, de Donnacona, qui a joué une rencontre de plus.

Jason Pitt intrigue. Le bonhomme joue du gros hockey, mais si vous faites des recherches à son sujet, vous ne trouverez pas grand-chose. En fait, les sites spécialisés comme eliteprospects.com n’ont absolument rien à son sujet avant qu’il ne commence à jouer au hockey senior. Pas de LHJMQ, pas de junior AAA, pas de midget AAA, rien.

« Vous aurez beau chercher, vous ne trouverez rien!, lance Pitt, qui habite Villeroy, à 10 minutes de Plessisville. C’est pas compliqué, j’ai joué dans le midget CC et le junior AA avant de faire carrière au hockey senior. J’arrive… de nulle part. »

Pitt, 26 ans, ne s’en cache pas. Il n’a jamais « poussé » afin de jouer à un haut niveau alors qu’il était plus jeune.

« J’ai lâché l’école jeune, à 16 ans, explique-t-il. Et à 16 ans, je travaillais déjà sur la construction, ce que je fais encore aujourd’hui. J’étais bon, mais je jouais au hockey pour le fun, sans penser à monter ou quoi que ce soit. C’est encore un peu le cas aujourd’hui, sauf que je joue maintenant dans un calibre élevé, dans la deuxième meilleure ligue de hockey senior au Québec. »

Tout de même conscient de ce qu’il vaut, Pitt avoue être « plus ou moins surpris » de ses succès.

« Je sais jouer au hockey, c’est sûr. Je suis là pour mettre des points au tableau, je suis là pour générer de l’attaque. Moi, quand j’ai la rondelle, je fonce au filet. Je ne suis pas là pour mon jeu défensif, c’est sûr… »

Pitt affirme être heureux avec le Métal Pless, « une bonne équipe et une bonne organisation ». « Je joue chez nous, dans ma région, et je suis toujours là pour ma conjointe et nos deux filles. Je suis très bien là où je suis. »

Il ira jusqu’à dire qu’il refuserait même une offre de la Ligue nord-américaine s’il en recevait une.

« Ils jouent pas mal plus de matchs que nous dans la LNAH. Après ma semaine de 40 ou 45 heures à l’ouvrage, ce serait probablement trop. Je le répète, je suis très bien là où je suis. »

Jusqu’au bout

Le Métal Pless a remporté ses trois derniers matchs. Vendredi soir, il s’est même permis d’aller infliger une première défaite en temps régulier cette saison au Bellemare de Louiseville. Avec 15 points (7-3-1), il partage la tête du classement avec les Loups de La Tuque (7-1-1), qui ont toutefois joué deux matchs de moins.

« On a une belle équipe et moi, je nous vois aller jusqu’au bout, reprend Jason Pitt. Les transactions effectuées dernièrement par la direction ont été très profitables. J’ai gagné la coupe en 2016 à Saint-Léonard-d’Aston et quand tu as gouté à ça une fois, tu veux le revivre. »

Mais il ne tient rien pour acquis puisqu’il admettra que le niveau de jeu de la LHSAAAQ augmente sans cesse et que rien n’est jamais gagné à l’avance.

« La qualité des joueurs est meilleure d’année en année. Ce n’est vraiment plus juste une ligue de bagarreurs. Y’a vraiment rien de gênant à jouer ici. »

Là où il est très bien, a-t-il encore failli ajouter.