Défenseur à caractère défensif capable d’appuyer l’attaque, Yann-Félix Lapointe aura connu une belle carrière junior.

LHJMQ: entre déception et compréhension chez les joueurs

Déception et compréhension. C’est entre ces deux sentiments que naviguent les joueurs de la LHJMQ de la région à qui ont a parlés à la suite de la décision de la Ligue canadienne de hockey de tirer un trait sur les séries éliminatoires et le tournoi de la Coupe Memorial.

«C’est décevant, c’est sûr, mais la santé du monde doit passer avant tout le reste présentement, explique le Granbyen Yann-Félix Lapointe, de l’Armada de Blainville-Boisbriand. Mais c’est certain que de finir sa carrière junior comme ça, c’est un peu plate…»

Car Lapointe a 20 ans. Son dernier match dans la LHJMQ, il l’aura disputé le 8 mars lorsque l’Armada s’est incliné 5-4 en tirs de barrage devant les Olympiques de Gatineau à domicile.

«Nous étions à Rouyn-Noranda lorsqu’on a appris que la saison était suspendue, reprend le défenseur. De retour à la maison, je suivais les nouvelles et j’espérais, mais plus le temps avançait, plus ça regardait mal. Là, au moins, c’est réglé, on sait que c’est fini et on peut passer à autre chose.»

Quand il a appris que la saison de hockey junior était terminée, Lapointe a aussi eu une bonne pensée pour ses anciens coéquipiers du Phoenix de Sherbrooke, l’équipe no. 1 au pays, qui pouvaient légitimement rêver à la Coupe Memorial.

«J’avais encore plein d’amis au sein de l’équipe. C’est plate pour eux. Je pense aussi aux gens de l’organisation, qui méritaient le succès qu’ils avaient cette saison.»

Avant d’être échangé à l’Armada en milieu de saison, Lapointe avait disputé près de 200 matchs dans l’uniforme du Phoenix. Ce défenseur à caractère défensif, qui était capable d’appuyer l’attaque, aura connu une belle carrière junior.

«Maintenant, je dois regarder en avant. Normalement, je vais poursuivre ma carrière avec les Aigles Bleus de l’Université de Moncton la saison prochaine. Ça s’annonce intéressant comme défi.»

Beaudoin : «Ça va vite!»

Charles Beaudoin, des Cataractes de Shawinigan, s’attendait à la décision rendue par les dirigeants de la Ligue canadienne lundi.

«C’est plate, c’est évident, mais la planète se bat contre un virus dangereux et il faut mettre toutes les chances de notre côté pour en venir à bout, mentionne l’attaquant. À partir du moment où il n’était pas question de jouer à huis clos, il fallait s’attendre à un dénouement comme celui-là.»

Le Bromontois l’avoue : il trouve que ça va très vite présentement.

«La veille que la saison soit suspendue, il y a encore plein de monde qui ne savait pas trop c’était quoi, cette histoire de virus. Et 10 jours plus tard, le reste de la saison est annulé, tout est fini. Ça va vite, ça déboule, c’est complètement fou.»

À 17 ans et à sa deuxième saison dans la LHJMQ, Beaudoin a amassé 44 points, dont 21 buts, en 44 matchs. Il est heureux de sa progression. «J’ai mis des points au tableau, c’est l’fun, et je pense que je suis en train de devenir un joueur plus complet.»

Beaudoin sera éligible au prochain repêchage de la Ligue nationale. Il affirme qu’il n’y pense pas trop.

«Je n’ai jamais fait une obsession avec ça et avec tout ce qui se passe présentement, je n’y pense pas vraiment plus. On verra quand on sera rendu là.»

Poirier : «Une chance de perdue»

Le gardien Rémi Poirier, des Olympiques de Gatineau, n’est pas tombé en bas de sa chaise lui non plus quand il a appris que c’en était fait de la saison de la LHJMQ.

«On est des joueurs de hockey et ce qu’on veut, c’est jouer au hockey, lance le Farnhamien. En même temps, on se doutait de ce qui s’en venait. Tout est annulé partout, alors…»

Les Olympiques ont vécu une saison particulière. Après avoir connu deux séries de 10 défaites avant les Fêtes, l’équipe jouait du bien meilleur hockey et était même en voie de se qualifier pour les séries. Des changements à la haute direction ont semblé changer bien des choses à Gatineau au cours de l’hiver.

«Je ne sais pas si le scénario aurait été différent s’il n’y avait pas eu tous ces changements, mais je sais que tout le monde a aimé travailler avec M. (Marc) Saumier, qui a remplacé M. (Alain) Sear à la tête des opérations hockey», souligne Poirier.

Après avoir pris part à 45 des 64 matchs des Olympiques, Poirier a démontré clairement qu’il a ce qu’il faut pour être un gardien no. 1 dans la LHJMQ. Mais il admettra que l’annulation des séries éliminatoires va le priver d’une chance supplémentaire de se faire valoir auprès des recruteurs de la Ligue nationale en vue du prochain repêchage.

«C’est une belle chance de perdue, c’est vrai. Mais bon, j’ai vu de l’action en masse cet hiver et ils ont probablement déjà une bonne idée de ce que je peux faire sur la patinoire. Anyway, on n’a pas le choix de faire avec ce qui se passe présentement…»

En effet.