Kevin Rivard en pleine action. L'athlète de Saint-Valérien a levé jusqu'à 111 kilos à Winnipeg.

L'haltérophile qui flotte sur un nuage

Kevin Rivard fait de l'haltérophilie depuis une dizaine d'années. Mais son sport ne lui avait encore jamais fait vivre de moments aussi forts que ceux vécus le week-end dernier, à Winnipeg.
Rivard, 18 ans, s'est couvert d'or au Manitoba alors qu'il a été couronné champion canadien junior dans la catégorie des 56 kilos. Il a poursuivi sa belle progression, lui qui avait ramené l'argent d'Ontario, il y a un an.
«Honnêtement, je flotte sur un nuage, explique l'athlète de Saint-Valérien. Savoir que tu es le meilleur de ta catégorie dans ton pays, c'est l'fun. Je suis fier de ce que j'ai accompli.»
Certains diront qu'ils n'étaient que trois en compétition chez les 56 kilos à Winnipeg. Mais Rivard précise qu'il a dû passer à travers un rigoureux processus de sélection avant d'obtenir sa qualification pour l'événement.
«Le Québec est fort en haltérophilie. La preuve, c'est que nous avons été la meilleure équipe, tant chez les hommes que chez les femmes, à Winnipeg. Ma médaille d'or, j'ai commencé à la gagner bien avant d'arriver à Winnipeg!»
Rivard, qui s'entraîne à Saint-Hyacinthe, a notamment levé 111 kilos à l'épaulé-jeté.
«J'étais prêt en arrivant là-bas et j'avais confiance. C'est un sport de force, mais la confiance joue un rôle important dans ce que je fais.»
Rivard est aussi passé bien près de se qualifier pour le Championnat mondial junior, qui aura lieu en Pologne plus tard cette année. Il a encore une chance (à La Prairie en mars) d'obtenir son laissez-passer.
«Participer au mondial, c'est mon gros objectif en 2015, avoue-t-il. Je ne suis pas à grand-chose de m'y rendre...»
Grâce au concierge!
Kevin Rivard avait huit ans quand il a commencé à faire de l'haltérophilie. Il a été initié au sport par le... concierge de son école.
«J'étudiais à l'école Assomption, à Saint-Hyacinthe, quand le concierge, qui adorait l'haltérophilie, m'a demandé si ça me tentait d'essayer, pour le fun, raconte-t-il. J'ai dit oui, j'ai trippé et je n'ai jamais arrêté par la suite. Je n'en reviens pas quand je pense que ça fait 10 ans que je fais ça!»
Le Québec a beau être fort en haltérophilie, du moins au niveau junior, ce sport n'en est tout de même pas un de masse chez nous. Mais Rivard n'a jamais eu envie de faire autre chose.
«Mon talent, c'est en haltérophilie qu'il se trouve. J'aime l'adrénaline qui coule dans mes veines quand je lève mes haltères, j'aime le trip de gang que je retrouve au club ou quand je suis en compétition, j'aime tout de mon sport. Je suis à ma place et je le sais!»
Compte tenu de la qualité des performances, il semble tout à fait à sa place, en effet.